CHAMPEVAL Jean-Baptiste

Par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier

Né le 2 janvier 1901 à Sarran (Corrèze), mort le 4 juin 1945 à l’hôpital de Reichenau (Allemagne) ; conducteur d’automobile et chauffeur de taxi : militant communiste de Créteil (Seine, Val-de-Marne) ; élève de l’ELI ; secrétaire de la région Paris-Est du PCF ; résistant FTP, déporté.

Jean-Baptiste Champeval était le fils de Pierre Champeval, cultivateur, et de Marie-Jeanne Florentin, sans profession. Conducteur d’automobile - d’autres sources le disent mécanicien ou chauffeur de taxi. Domicilié 63 rue Chéret à Créteil, il adhéra au Parti communiste en 1933 et travailla, disait-on comme chauffeur mécanicien en URSS entre 1935 et 1937 en fait il suivit les cours de l’École léniniste internationale.

Il était noté comme suit à la sortie de l’ELI : « Assez faible politiquement et théoriquement, peu actif assez bon agitateur ». L’évaluation se décomposait de la manière suivante : « académique : bon ; politique assez bon ; social : bon ; liaison masse : bonne. Un peu de nonchalance. Qualités particulières : organisation ».

À son retour, il fut élu secrétaire de la région communiste de Paris-Est à la 6e conférence de la Région Paris-Est, réunie à Noisy-le-Sec (Seine, Seine-Saint-Denis) les 11 et 12 décembre 1937 et maintenu les 17 et 18 décembre 1938. Il était en outre secrétaire de la région Paris-Est de Paix et Liberté en 1938. C’est lui qui signa dans la Voix de l’Est du 25 août 1939 l’article intitulé « Solidaires de l’URSS ».

Responsable politique régional du Parti communiste pour la Seine-et-Oise sous le pseudonyme d’Herbier à partir de septembre 1941, il fut « mis au vert » pendant quelque temps à la fin de 1942. Selon une attestation dans son dossier au secrétariat d’État aux Anciens combattants, il était domicilié, depuis 1939, 13 villa Saint-Pierre, à Charenton (Seine, Val-de-Marne), sans doute clandestinement. Il entra aux FTP le 1er avril 1943 ou en juin comme responsable politique de la région 75 (Paris Rive droite), organisa les groupes de combats dans la région Paris Est et finit par avoir sous ses ordres 1 200 hommes. Il avait en conséquence le grade de lieutenant FTP.

En septembre 1943, il fut promu interrégional politique. Lors de son arrestation, il était responsable politique pour la sous-interrégion 31 de la région parisienne. Jean-Baptiste Champeval fut arrêté le 11 janvier 1944, rue Proudhon à Paris, selon la Brigade spéciale (le 8 selon son dossier au secrétariat d’état aux anciens combattants), au cours d’une réunion clandestine du Comité militaire des FTP. Deux cents policiers cernèrent le pâté de maisons. Avec lui furent arrêtés plusieurs de ses compagnons. Un autre rapport, qui n’est pas contradictoire avec le premier mais dont la formulation est plus surprenante, dit : « alors qu’il était en train de faire une conférence ».

Durant son interrogatoire, il ne livra aucun nom, refusa de reconnaître les photographies qui lui étaient présentées et nia connaître les personnes dont les hommes de la Brigade spéciale n° 2 lui parlaient. Il se contenta de donner ses responsabilités et les secteurs qu’il contrôlait.

Jean-Baptiste Champeval fut déporté le 6 avril 1944 au camp de Mauthausen et dirigé sur le kommando de Gusen. Il mourut de la tuberculose à l’hôpital de Reichenau après la libération du camp, le 25 juin 1945.

Marié une première fois et divorcé de Gilberte Brenot, il épousa en secondes noces Augustine Gaumet, le 28 février 1940 à Créteil.

Il fut homologué Lieutenant FFI en 1948. Une rue de Créteil (ancienne rue de Versailles) porte son nom.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article19348, notice CHAMPEVAL Jean-Baptiste par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 4 novembre 2011.

Par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, 495 270 1746 (le RGASPI dit qu’il n’a pas conservé son dossier), RGASPI, 517 1 1113. — Arch. Ppo.89, BS2, 31. — Dossier du secrétariat d’État aux Anciens combattants. — La Voix de l’Est, 1938-1939. — 6e conférence de la Région-Est. — Renseignements fournis par les Arch. Communales de Créteil. — État civil de Sarran (pas de mention de mariage ni de décès). — Note de Sylvain Boulouque.

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