CHAMBELLAND Louise [née MUSSIER Louise]

Née le 26 février 1903 à Marcigny (Saône-et-Loire), morte le 18 avril 1993 à Paris. ; syndicaliste CGT puis FO des employés ; épouse de Maurice Chambelland, animateur de la Révolution prolétarienne.

D’un père menuisier et d’une mère fille d’ouvrier vigneron, Louise Mussier fut élevée à Moulins (Allier) et en Saône-et-Loire par une sœur aînée (Marguerite Mussier 1887-1980), institutrice qui militait au syndicat des instituteurs. Elle vint à Paris pendant la guerre de 1914-1918 chez son frère Marc Mussier (1891-1960). Ce dernier, militant du syndicat des agents des PTT, était socialiste et ce fut avec lui, qu’elle assista depuis 1917 aux réunions de la section socialiste du XVIIIe arrondissement. Elle lisait la Vague, l’Humanité et le Libertaire et a été marquée par les manifestations au Mur des Fédérés et par la manifestation de protestation contre l’acquittement de Raoul Villain. Secrétaire sténo-dactylographe, elle adhéra dès 1919 à la CGT.
En 1922, Louise rencontra Maurice Chambelland qu’elle épousa en 1923 ; ils eurent une fille, Colette née le 27 juillet 1930. Louise adhéra en 1922 au Parti communiste, section de Levallois, et travailla comme sténo-dactylo au bureau latin de l’Internationale syndicale rouge en 1922 et 1923. Elle quitta le PC en décembre 1924, refusant de signer la motion condamnant Monatte* et Rosmer*.
Elle fut, de 1922 à 1931, membre du Syndicat des employés de la région parisienne (CGTU), rejoignit en 1931 la CGT et, en 1932, fut élue membre du conseil syndical de la Fédération des employés et cadres CGT. Elle rédigea en 1938 un rapport sur la femme au foyer au congrès de Clermont-Ferrand de la Fédération des employés. En 1944, elle fut membre de la CE de la Fédération des Employés et elle rejoignit en 1948 la Fédération des employés Force-Ouvrière dont elle fut trésorière adjointe puis trésorière jusqu’au congrès de Lille en 1960.
Son activité militante fut tout entière liée à celle de Maurice Chambelland*. Elle participa à toutes les réunions, tous les congrès, partagea les tâches matérielles de la Révolution Prolétarienne et du Cri du Peuple. Avec lui, elle organisa pendant la guerre les réunions du noyau de la Révolution Prolétarienne qui se tenaient à leur domicile et à sa reparution, en 1947, elle assura les tâches de l’administration jusqu’en 1951.
Sa fille, Colette Chambelland, mourut fin octobre 2003. Âgée de soixante-treize ans, historienne du mouvement ouvrier, elle avait été directrice de la bibliothèque du Musée social. Très amie avec le couple Marcelle et Jean Maitron, elle avait partagé l’aventure du Mouvement social et publié avec Jean Maitron Syndicalisme révolutionnaire et communisme. Les archives de Pierre Monatte, 1914-1924 (Maspero, 1976). C’est à Pierre Monatte qu’elle consacrera sa dernière publication : Pierre Monatte, une autre voix syndicaliste (Les Éditions de l’Atelier, coll. « La part des hommes », 1999).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article19314, notice CHAMBELLAND Louise [née MUSSIER Louise], version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 4 février 2019.

SOURCE : Témoignage de Colette Chambelland, fille de Louise et de Maurice.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément