BALLIÈRE Achille [BALLIÈRE Édouard, Achille]

Né le 17 octobre 1840 à Sannerville (Calvados), de Jean-François Ballière et Hermine Lucas ; mort à Paris le 4 novembre 1905 ; architecte ; franc-maçon ; capitaine d’état-major sous la Commune de Paris, déporté en Nouvelle-Calédonie, rendu célèbre par son évasion de Nouméa en compagnie de Rochefort.

Ballière fit ses classes à l’École des Beaux-Arts et resta un moment en Normandie, puisqu’on le trouve, en 1865, « secrétaire des comités démocratiques du Calvados », et, en 1868, franc-maçon, maître de l’Orient de Caen. En avril 1870 seulement, il s’établit à Paris, 9, rue Jouge (?) ; il jouissait d’une certaine notoriété, puisqu’on lui confia avec Crépinet les travaux du dôme des Invalides.

Mobilisé durant le Siège de Paris au 173e bataillon de la Garde nationale, il y gravit modestement les premiers échelons ; de simple garde, il devint caporal, puis adjudant et payeur, fonctions qui furent supprimées fin mars 1871.
Son rôle fut assez effacé sous la Commune ; on le retrouve capitaine à l’état-major de Rossel et chargé, eu égard à ses capacités sans doute, de détruire les barricades inutiles de mars. Il avait demandé à s’employer activement pour la Commune : son dossier au 10e conseil de guerre comporte une lettre écrite à Cluseret vers le 15 avril, où il disait : « Comme je tiens à servir la république dans la crise que nous traversons, je jette là tous les galons et demande purement et simplement à être admis comme soldat ou sapeur. » À la fin du mois, il prit part, en habit bourgeois, à la manifestation des francs-maçons plantant leur bannière sur les remparts — voir E. Thirifocq ; mais il résigna ses fonctions le 20 mai ; il se cacha une quinzaine de jours à Belleville (Seine) avant d’être arrêté le 18 juin et traduit devant le 10e conseil de guerre qui, le 7 novembre 1871, le condamna à la déportation simple et à la dégradation civique.

Sa grâce lui fut refusée et, venant de Fort-Boyard (Île d’Oléron, Charente-Inférieure), il arriva en mai 1873 à l’île des Pins (Nouvelle-Calédonie), amené par le transport l’Orne. Il reçut en octobre l’autorisation de s’établir à Nouméa comme architecte ; il y fit les plans de plusieurs maisons, du théâtre local — en bois — et du théâtre de Sydney.
En 1874, il participa à une évasion organisée par Jourde, financée surtout par Rochefort, et qui groupa avec eux, le 20 mars, Ch. Bastien, Paschal Grousset, Olivier Pain ; il aurait été aidé par des frères en franc-maçonnerie ; le dossier du 10e conseil de guerre, en tout cas, notait que son « brevet de franc-maçon » lui avait été rendu.

Après son évasion, il gagna Bruxelles, mais en fut expulsé et rejoignit Rochefort à Genève. Il travailla un temps à Schiltigheim — voir Langevin. Par une lettre datée de Strasbourg le 14 avril 1879 et adressée au président de la République, il sollicitait l’autorisation de rentrer en France, conformément à la promesse faite par Dufaure, ministre de la Justice, à ceux qui à l’étranger honoraient leur pays ; au printemps 1879, il vint d’ailleurs à Paris sur permission du préfet de police ; puis il fut amnistié et reprit en France ses fonctions d’architecte. Il se présenta aux élections à Belleville en 1890, mais y essuya un échec. Il revint alors à Nouméa où il dirigea le journal la Bataille, puis à Clermont-Ferrand et à Paris. Il était marié, père d’un enfant.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article191814, notice BALLIÈRE Achille [BALLIÈRE Édouard, Achille], version mise en ligne le 29 avril 2017, dernière modification le 16 janvier 2019.

ŒUVRES : La Compagnie de Jésus, Caen, 1869. — Un voyage de circumnavigation. Histoire de la déportation, par un des évadés de Nouméa, Londres, 1875, in-8°, XXIV + 379 pp. — Les Aventures du marquis de Rochefort et de l’auteur dans des prisons françaises, dans la presqu’île Ducos, durant l’évasion de Nouméa et pendant l’exil, avec suite en France, Paris, s. d. (vers 1904), in-12, 374 pp.

SOURCES ET BIBLIOGRAPHIE : Arch. Nat., BB 24/733. — Arch. Min. Guerre, 10e conseil. — Dictionnaire des Calédoniens, O’Reilly : un article rapporte les activités professionnelles de Ballière à Nouméa. Plusieurs des indications données coïncident avec celles du Dictionnaire de Biographie française. — Arch. générales du Royaume (Belgique), 4e section, n° 281.297.

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