CLAVERIE Louis, François (dit Nérac)

Par Jean-Luc Labbé, Gauthier Langlois

Ouvrier charpentier, né en 1816 à Lure (Lot-et-Garonne), militant démocrate à Argenton-sur-Creuse (Indre). Victime de la répression suite au coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte en décembre 1851.

Claverie prit part, en juin 1845, à la grande coalition des charpentiers pour obtenir des augmentations de salaire. Suite à quoi les maîtres s’engagèrent à porter le salaire journalier à 5 francs, et certains à maintenir ce tarif pendant 10 ans. Une partie des ouvriers se remirent au travail mais d’autres refusèrent de signer l’accord. Il s’en suivit des querelles et des coups entre les « méchants renards » qui avaient repris le travail et les « singes » qui n’avaient pas signé. Une bagarre avait en particulier éclaté dans un cabaret. Pour ces faits, six « singes » furent déférés devant le tribunal correctionnel de Paris en 1846. Grégory Kramer et Jean Labouf furent acquittés. Boursier dit La Brie fut condamné à quatre mois de prison, Louis Chauveau à deux mois, Morin dit Charpentier, et Claverie à un mois de prison.

En 1851, alors âgé de 36 ans, Louis Claverie travaillait au chantier du tunnel et du viaduc de Chabenet, sur la ligne de chemin de fer en cours de construction de Châteauroux vers Limoges via Argenton-sur-Creuse. Il était en relation avec les principaux chefs républicains qui tentèrent de provoquer des mouvements de résistance au coup d’État du 2 décembre 1851. En relation avec Canuet du Blanc et Cousset d’Argenton (chez qui il habitait), il avait comme mission de soulever les ouvriers du chantier de la voie ferrée, de marcher sur Argenton et de prendre la mairie.

Le 5 décembre il était porteur d’une affiche annonçant une insurrection à Paris, Bourges, Vierzon, Châteauroux, Argenton et Issoudun. Cette tentative échoua et Louis Claverie, en fuite, fut arrêté les jours suivants à Orléans. Condamné dans un premier temps par le Préfet et le Procureur à la déportation en Algérie, peine confirmée par le Général Canrobert, Claverie sera effectivement transféré en Afrique du nord. Il fut gracié en février 1853.

Il décéda dans le département de l’Aube en 1876.

En 1882, dans le cadre de la loi d’indemnisation des victimes de la répression impériale, ses ayants droits perçurent une rente annuelle : 400 Francs pour sa femme Marie (née Portail) et 150 Francs pour chacun de ses enfants (Joseph, Amédée, Henri et Marie-Rose), tous alors domiciliés à Arcis-sur-Aube.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article191238, notice CLAVERIE Louis, François (dit Nérac) par Jean-Luc Labbé, Gauthier Langlois, version mise en ligne le 6 avril 2017, dernière modification le 4 mars 2019.

Par Jean-Luc Labbé, Gauthier Langlois

SOURCES : Journal des débats politiques et littéraires, 4 mars 1846. – B. Moreau, Marianne bâillonnée, Points d’ancrage 2002. – L’Echo des Marchés, octobre 1882. – Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, « Claverie, dit Nérac - Louis François », Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS), [En ligne], mis en ligne le 27 août 2013.

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