DIONOT Marceline, Marie, Françoise

Par Alain Dalançon

Née le 2 novembre 1887 à Mâcon (Saône-et-Loire), morte le 13 octobre 1968 à Mâcon ; professeure agrégée de mathématiques ; militante pédagogique, membre du CESD.

Fille de François Dionot, économe des hospices, et de Marie Claudine Pernet, sans profession, Marceline Dionot intégra l’École normale supérieure de jeunes filles de Sèvres (Seine, Hauts-de-Seine) dans la section des sciences en 1907. Titulaire du certificat d’aptitude à l’enseignement des sciences en 1909, elle fut nommée au collège de jeunes filles de Caen (Calvados) en octobre 1910 .Elle fut reçue seconde sur trois à l’agrégation féminine de mathématiques en 1913, après trois tentatives, dont deux admissibilités. Elle resta en poste au collège de Caen, devenu lycée de jeunes filles en 1914, et fut admise membre de la Société linnéenne de Normandie en 1916.

Mutée au lycée de jeunes filles de Dijon (Côte-d’Or) à la rentrée 1916, elle enseigna en classe préparatoire en 1922-1923, avant d’être nommée au lycée de Sèvres fondé en 1920 comme école d’application de l’ENS de jeunes filles ; elle y effectua toute sa carrière.

Elle milita à l’Association des professeurs de mathématiques de l’enseignement public (APMEP) dès le début des années 1920. À partir de 1925, elle assura la direction des stages de mathématiques pour les sévriennes et elle animait un groupe de réflexion sur l’enseignement des mathématiques, auquel participa notamment Lucienne Félix (1901-1994). Elle s’intéressa alors beaucoup à l’Éducation nouvelle. L’inspecteur général notait en 1942 que son enseignement était « une recherche perpétuelle ».

Après la Libération, le lycée fut étroitement lié au Centre International d’études pédagogiques créé par Gustave Monod, dont la direction fut confiée à Edmée Hatinguais. L’établissement était un lieu d’enseignement et d’expérimentation des méthodes nouvelles, accueillant des enseignants du monde entier. D’abord dit expérimental, il devint dans les années 1950 un lycée‐pilote. Marceline Dionot y poursuivit son enseignement en s’investissant pleinement dans les méthodes dites « actives » ; elle s’était taillée une réputation de « terrible professeur » mais proche de ses élèves. Le principe posé était celui de la participation de l’individu à sa propre formation. L’élève devenait « le centre de la classe » et toutes les disciplines se voyaient reconnaître une égale importance. Mlle Dionot eut surtout une influence certaine comme conseillère pédagogique, animant des stages au Centre pour les professeurs chargés des « classes nouvelles ».

Elle écrivit des articles dans Les Cahiers (devenus Les Cahiers pédagogiques) dont elle fut une des fondatrices avec d’autres femmes (notamment Edmée Hatinguais, Odette Brunschwig, inspectrice générale, et Claire Roby, conseillère technique, aux côtés d’Alfred Weiler, Roger Gal et Georges Petit).

Elle participa aux premiers pas des mathématiques modernes. Elle compta parmi les fondateurs du groupe « Axiomatique et découverte » en avril 1950 dans l’APMEP, dont elle était toujours membre du bureau, et en fit la propagande aux stages de Sèvres.

Sa renommée lui permit d’être élue titulaire au Conseil de l’enseignement du second degré en 1946 et 1950 sur la liste du SNES (Syndicat national de l’enseignement secondaire).

Elle prit sa retraite en 1951. Elle était chevalier de la Légion d’honneur.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article190860, notice DIONOT Marceline, Marie, Françoise par Alain Dalançon, version mise en ligne le 25 mars 2017, dernière modification le 22 décembre 2018.

Par Alain Dalançon

SOURCES : Arch. Nat. F/17/ 25423, base Léonore. — Arch. IRHSES. — Arch. Dép. Saône-et-Loire, état civil Mâcon. — Gilbert Walusinski, « L’instructive histoire d’un échec : les mathématiques modernes (1955-1972) », Bulletin de l’APMEP, n°353, avril 1986. — Xavier Riondet, « Être femme à l’école et dans la revue Les Cahiers pédagogiques », Questions Vives [en ligne], vol.6, n°16, 2012.— Notes de Jacques Girault.

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