CAUVIN Louis, Félix, Gustave

Par Jacques Girault

Né le 11 novembre 1887 à Châteaudouble (Var), mort le 30 octobre 1956 à La Roquebrussanne (Var) ; docteur en médecine ; maire et conseiller général socialiste SFIO de La Roquebrussanne (Var) ; président du conseil général du Var (1946-1956).

Fils d’un menuisier, Louis Cauvin avait combattu comme médecin militaire pendant la guerre de 1914-1918 et, gazé, avait été réformé à 100 %. Marié en mai 1921 à Bayonne (Basses Pyrénées), installé comme médecin à La Roquebrussanne, il fut élu conseiller municipal du village voisin de Forcalqueiret. Non candidat au premier tour, il obtint, le 10 mai 1925, 38 voix sur 82 inscrits. Le sous-préfet de Brignoles classait ces élus « Cartel des gauches ». Il ne se représenta pas en 1929.
Bien que n’ayant jamais figuré dans un comité électoral pour soutenir le candidat socialiste, Cauvin, ami de Renaudel, appartenait à la SFIO. Il ne suivit pas le député du Var en 1933 et participa au congrès fédéral SFIO qui suivit, le 3 décembre 1933. Il quitta peu après ce parti sans toutefois rejoindre le Parti socialiste de France.
Le 5 mai 1935, Cauvin fut élu conseiller municipal de la Roquebrussanne, à la tête d’une liste à majorité socialiste, avec 109 voix sur 191 inscrits. Devenu maire du village, il dut réadhérer quelques mois après à la SFIO puisque le Populaire du Var, hebdomadaire de la Fédération SFIO, l’annonçait, le 23 novembre 1935.
Le 10 octobre 1937, Cauvin était élu conseiller général du canton de La Roquebrussanne avec 411 voix sur 1 062 inscrits ; il battait le conseiller sortant Gueit*. Il fut élu secrétaire de l’assemblée départementale le 27 octobre 1937.
Cauvin participa régulièrement aux congrès fédéraux de son parti. Le 21 mai 1939, notamment, refusant de choisir entre les positions de Blum et celles de Paul Faure, il préconisait une motion de synthèse.
Pendant la guerre, Cauvin resta à son poste de maire, le préfet maritime et la Légion intervinrent en 1941, à plusieurs reprises pour le faire éliminer ; cependant le préfet notait en 1943 : « aucune appréciation défavorable à son sujet. »
Le 13 novembre 1944, Cauvin écrivit au Président du Comité départemental de Libération pour se justifier. En 1940, il avait préconisé la démission collective des maires. Mais l’association n’avait pas suivi. Aussi était-il resté à la tête de sa commune. Il avait tenu tête avec succès à la Légion et avait aidé la Résistance (selon sa lettre). Membre du Parti socialiste clandestin, il était le président du Comité local de Libération. Il fut maintenu à la tête de la commune par le CDL. Le comité fédéral de la SFIO, le 4 décembre 1944, se prononça par six voix contre quatre pour le maintien de son mandat et à l’unanimité pour son maintien dans le parti. Cette position fut confirmée le 15 janvier 1945. Il fut très contesté par les résistants locaux (voir François Clavel*).
Après son élection à la mairie, le 29 avril 1945 où il obtint 251 voix sur 371 inscrits, le préfet notait : « très discuté [...] a été réélu malgré une forte opposition communiste. » Le 23 septembre 1945, il fut réélu conseiller général du canton contre un seul adversaire communiste.
Le 29 octobre 1945, Cauvin était nommé membre de la commission départementale au conseil général. Il devait aussi siéger dans les commissions des finances, de surveillance de la maison de retraite du Luc et de l’hôpital psychiatrique de Pierrefeu, aux commissions des affaires économiques et du ravitaillement, des transports, des œuvres de Sécurité sociale, des habitations à bon marché et des sinistres, des bourses scolaires. Il faisait aussi partie du comité de patronage des habitations à bon marché du Var, du conseil départemental de l’hygiène, du conseil d’administration de l’office départemental des pupilles de la Nation et de la commission départementale de la natalité. Il joua donc un rôle très important dans la remise en route du département.
Après que les communistes se soient abstenus dans le vote du budget, le 28 novembre 1945, Cauvin intervint, somme toute, en porte-parole, de la majorité socialiste : « J’espérais que nos camarades communistes auraient tout de même fait un effort [...] puisque rien ne nous sépare [...] et qu’ainsi ce grand problème d’unité, dont on parle si souvent, aurait pour nous été résolu ce soir dans le Var. »
Après avoir essayé de jouer un rôle d’arbitre dans le conflit qui opposait le président du conseil général, Risterucci*, et la Fédération socialiste SFIO, il devait écrire, le 30 novembre 1946, à Risterucci qui venait de démissionner qu’il avait accepté d’être son successeur à la présidence de l’assemblée et qu’il « ne parlerait pas de cela [les raisons du conflits] dans [s]on discours ».
Cauvin, sans cesse réélu maire et conseiller général de La Roquebrussanne, présida le conseil général du Var à partir de 1946.
Le 7 octobre 1951, il avait été réélu conseiller général dès le premier tour avec 818 voix sur 1 995 inscrits.
Président de l’assemblée, il était en outre membre de la troisième commission (agriculture, instruction publique, vœux), de la commission des transports. Délégué au conseil de surveillance de la santé, à la commission de l’inspection médicale des écoles, aux établissements médicaux départementaux, il était aussi membre du Conseil départemental de l’hygiène.
Cauvin avait été pressenti pour poser sa candidature aux élections sénatoriales en 1949. Il avait refusé et avait soutenu la candidature d’A. Lamarque*.
Cauvin fut inhumé à Châteaudouble.
Une place de La Roquebrussanne porte son nom.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article19046, notice CAUVIN Louis, Félix, Gustave par Jacques Girault, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 10 septembre 2015.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Dép. Var, 2 M 5 29 2 ; 2 M 5 29 3 ; 2 7 30 2 ; 2 M 7 35 3 ; 2 M 7 35 4 ; 4 M 50 ; 4 M 59 2 ; 18 M 86 ; 3 Z 2 10 ; 3 Z 2 12 ; 2 Z 2 14 ; 3 Z 2 20 ; 3 Z 2 23. — Arch. J. Charlot (CRHMSS). — Archives privées : Risterucci. — Renseignements fournis par J.-M. Guillon. — Sources orales : J. Toesca, S. Liberace. — Presse locale.

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