CATONNÉ Michel

Par Justinien Raymond

Né le 19 avril 1906 à Paris (XIVe arr.), mort le 30 mars 1981 au Chesnay (Yvelines) ; médecin ; volontaire en Espagne républicaine ; militant du Parti socialiste SFIO, du Parti socialiste autonome, puis du Parti socialiste unifié ; maire de Boissy-Saint-Léger (Seine-et-Oise, Val-de-Marne) de 1945 à 1947 et de 1953 à 1971.

Le docteur Michel Catonné était le fils d’Amédée Catonné, militant socialiste connu dans l’histoire du socialisme sous le nom d’Amédée Dunois, et d’Antoinette née Fiéfé. Il naquit en 1906, fit toutes ses études à Paris, études secondaires au lycée Louis-le-Grand (où, en classe de philosophie, il connut Pierre Mendès France*) et études de médecine à la Faculté de Paris d’où il sortit interne provisoire des Hôpitaux. Après avoir accompli son service militaire dans les unités alpines par amour du ski et de la Savoie où il passa ses vacances de jeunesse, s’adonnant à des études géologiques qui étaient pour lui plus qu’un violon d’Ingres, Michel Catonné s’installa comme médecin le 1er mai 1933 à Boissy-Saint-Léger (Seine-et-Oise, Val-de-Marne). Il y exerça pendant plus de quarante ans, jusqu’au 31 décembre 1973, y élevant ses quatre fils, le premier, orphelin de sa mère à sa naissance, les trois autres issus d’un second mariage avec Suzanne Labrousse, fille de l’historien d’Ernest Labrousse.

Pour ainsi dire socialiste de naissance, Michel Catonné adhéra au Parti socialiste SFIO, en 1935, au lendemain d’une victoire qui, en mai, le porta au conseil municipal de Boissy-Saint-léger. Il fut ensuite constamment réélu sauf sous l’occupation allemande où il refusa de figurer sur la liste proposée au préfet. En fait de lutte contre le fascisme, Michel Catonné avait déjà ses lettres de noblesse. Du 9 janvier au 1er avril 1937, il fut volontaire au service de l’Espagne républicaine. Affecté comme capitaine médecin dans la 13e Brigade internationale, il combattit sur les fronts de Teruel et de Malaga. L’efficacité de sa résistance sous l’Occupation le porta en 1944 à la présidence du Comité de Libération de Boissy-Saint-Léger et il fut élu maire de la ville de mai 1945 à octobre 1947, puis réélu en 1953, en 1959, en 1965. Sa liste d’union de la gauche (qui intégrait pour la première fois les communistes) fut battue de justesse en 1971 (11 élus contre 12) et Michel Catonné siégea dans la minorité.

Hostile à la guerre menée pour maintenir le colonialisme en Algérie – l’OAS l’enregistrera en plastiquant sa demeure –, Michel Catonné quitta la SFIO en 1958, créa à Boissy la section du Parti socialiste autonome (PSA), puis du Parti socialiste unifié (PSU). En novembre 1958, il avait soutenu la candidature Union des forces démocratiques de Marcel Pennetier aux élections législatives ; en 1962, il se présenta lui-même et obtint 12% des suffrages exprimés. Parce que le PSU s’opposait à la constitution d’une liste municipale d’union de la gauche, Michel Catonné s’en sépara et, dès lors, sans rien renier de son passé et de ses convictions, il se tint en dehors des partis.

Il mourut le 30 mars 1981 dans une clinique de Parly 2, commune du Chesnay (Yvelines) ; il fut enterré à Boissy-Saint-Léger le 3 avril. Le centre social de Boissy porte son nom.

Son épouse, Suzanne, lui survécut longtemps. Elle fut une militante active de la Ligue des droits de l’homme à Boissy-saint-Léger et à Créteil. Elle mourut le 19 novembre 2016. Ses obsèques eurent lieu le jeudi 22 septembre à Boissy-Saint-Léger. Le couple avait trois fils, Yves, Philippe et Alain.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article18993, notice CATONNÉ Michel par Justinien Raymond, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 6 novembre 2018.

Par Justinien Raymond

SOURCES : Arch. AVER. — Arch. com. de Boissy-Saint-Léger. — Témoignage de l’auteur. — Le Monde, 12-13 avril 1981. — Claude Pennetier (dir.), Brigades internationales, l’apport du Val-de-Marne et d’ailleurs, Conseil général du Val-de-Marne, 2001, — Enquête auprès du Dr Michel Catonné et de Suzanne Catonné. — Edwy Plenel, Voyages en terres d’espoir, Éditions de l’Atelier, 2016. p. 116-118.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément