GUILMAIN Jean [GUILAMIN Joan, Louis, François, Marie]

Par Daniel Grason

Né le 10 janvier 1912 à Lanfains arrondissement de Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor), mort le 15 décembre 2008 à Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis) ; ajusteur contrôleur ; communiste ; déporté à Bergen-Belsen (Allemagne).

Jean Guilmain
Jean Guilmain

Fils de Désiré Guilmain, et de Françoise Thomas, ménagère, Jean Guilmain vivait avec sa compagne Perrin au 9 rue Agathe-Legrand aux Mureaux (Seine-et-Oise, Yvelines). Il exerçait la profession d’ajusteur contrôleur aux usines Matford dans le même département, il quitta son emploi le 11 juin 1942. Il serait entré dans la clandestinité.
Le 7 juillet 1942 des policiers de la Brigade spéciale d’intervention du commissariat de Boulogne-Billancourt (Seine, Hauts-de-Seine) l’interpella. Fouillé au corps, il portait des documents concernant les Comités Populaires d’Usines et un plan chiffré de la Région parisienne sur lequel figurait les formations militaires de l’Armée d’Occupation.
Interrogé, il reconnaissait être rémunéré par le Parti communiste clandestin et avoir contribué à la reconstitution de cellules et à la diffusion de tracts communistes. Inculpé d’infraction au Décret-loi du 26 septembre 1939 interdisant l’activité du Parti communiste, il a été emmené au dépôt de la Préfecture de police. Il était jusqu’à son arrestation inconnu de la police.
Dans une note en date du 24 juillet 1942, l’administration policière considérait Jean Guilmain, Étienne Champion et Roger Perriaud comme les principaux organisateurs de la diffusion de la propagande communiste clandestine à l’intérieur des usines Renault à Boulogne-Billancourt et aux établissements Tonneline à Courbevoie (Seine, Hauts-de-Seine).
Le 19 février 1943 Jean Guilmain et treize autres prévenus comparaissaient devant la Section spéciale de la Cour d’Appel de Paris, il fut condamné à quatre ans de prison et mille deux cents francs d’amende, il était à cette date domicilié 30 boulevard de la République à Saint-Mandé (Seine, Val-de-Marne).
Jean Guilmain était le 12 mai 1944 en gare de Compiègne à destination de Buchenwald (Allemagne), dans ce convoi 2073 hommes arrivèrent le 14 mai à destination. Encadré par des SS, il fut avec d’autres détenus envoyé à une date inconnue au camp mouroir de Bergen-Belsen. Les SS quittèrent le camp le 12 avril 1945, en confiant la garde à mille cinq cents Hongrois sous le commandement d’officiers de la Wehrmacht.
Les troupes Britanniques libérèrent le camp sans combat le 15 avril, une épidémie de typhus sévissait, l’évacuation des survivants ne s’effectua qu’à partir du 1er mai 1945. le typhus décima dix-sept mille déportés, les Britanniques détruisirent le camp au lance flammes le 20 mai. Jean Guilmain matricule 51117 était parmi les survivants, il avait survécut aux épreuves. Il mourut le 15 décembre 2008 à Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article189806, notice GUILMAIN Jean [GUILAMIN Joan, Louis, François, Marie] par Daniel Grason, version mise en ligne le 14 mars 2017, dernière modification le 25 juin 2019.

Par Daniel Grason

Jean Guilmain
Jean Guilmain

SOURCES : Arch. PPo. 77W 359-162217, BA 2056. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004.

Photographie : Denis Hervé

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