AMOUROUX Jean, Auguste

Par Jean-Luc Labbé

Journaliste né le 9 mars 1812 à Issoudun (Indre), décédé le 1er septembre 1894 à Asnières-sur-Seine ; marié à Virginie Nannéa Bayvet en 1844 à Châteauroux, trois enfants. Rédacteur en chef, à Châteauroux, du Journal de l’Indre. Militant démocrate-socialiste pendant la seconde république (1848-1951). Plusieurs fois condamné.

A l’initiative de George Sand, alors très proche des dirigeants de la Seconde République à Paris, le Journal de l’Indre fut créé pour relayer à Châteauroux et dans l’Indre les idées démocrates. Ce fut elle, avec les hommes qu’elle avait mis en place à la Préfecture, qui composa la rédaction. A Jean-Auguste Amouroux revint la responsabilité de rédacteur en chef et de responsable de la publication.
Dès l’année 1849 et la reprise en main du régime par les républicains conservateurs, le journal fut confronté à des attaques régulières. En 1849 et 1850, Jean Amouroux dut aller en justice pour des inculpations de diffamation et fut condamné à cinq jours de prison pour chacune de ces mises en cause. En 1851, la Cour d’Appel de Limoges le condamna à 500 Francs d’amende pour délit de presse.
Plusieurs fois interdit de parution, le journal n’en poursuivait pas moins ses objectifs et suite au coup d’Etat du 2 décembre 1851, fit paraître un appel à la résistance et à la défense de la République. L’éditorial paru le 3 décembre fut lu dans des réunions nocturnes où s’échafaudaient des tentatives de soulèvement populaire (voir Lumet Jean-Baptiste).
Lorsque commencèrent les interpellations des démocrates, Jean Amouroux figurait en haut de la liste. Emprisonné à Châteauroux, il fut pourtant parmi ceux qui échappèrent au pire. Sa première condamnation, fin janvier 1852, à une expulsion momentanée du territoire national, peine commuée en février à une mise en résidence surveillée dans le département voisin de l’Indre-et-Loire, l’emmena à Tours en avril 1852. Gracié en février 1853, l’intervention de George Sand auprès du pouvoir impérial, et peut-être également le fait que Jean Amouroux était le beau-frère d’un commissaire de police parisien, lui permirent d’éviter un sort plus funeste. Un autre journaliste, Alexandre Lambert, rédacteur du Travailleur de l’Indre, fut déporté en Algérie : la lettre de grâce obtenue par G. Sand auprès de Louis Bonaparte était arrivée trop tard.
Jean Amouroux ne devait plus jamais revenir dans l’Indre ; son nom ne trouva aucun écho dans la suite du mouvement ouvrier berrichon. Une source familiale indiquait qu’il aurait été journaliste à Lyon, (Journal Le Rhône, quand ?) et qu’il décéda en 1894 à Asnières (Seine). Le père de Jean Amouroux était à Issoudun débitant de tabac et pensionné militaire.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article189665, notice AMOUROUX Jean, Auguste par Jean-Luc Labbé, version mise en ligne le 14 février 2017, dernière modification le 12 septembre 2018.

Par Jean-Luc Labbé

SOURCES : Arch. Dép. Cher, 2U233. – Arch. Dép. Indre. – B. Moreau, Marianne bâillonnée, Points d’Ancrage, 2002.

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