DAUNAS Henri

Par Gilles Pichavant

Né le 5 mai 1882 à Chagny (Saône-et-Loire) ; terrassier ; Syndicaliste CGT, membre du CSR du Havre (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) en 1921.

Fils de Louis Daunas, employé de chemin de fer, et d’Hortense Cas (ou Bas), sans profession, âgés de 24 ans tous les deux, Henri Daunas naquit le 5 mai 1882 à Chagny (Saône-et-Loire). Les deux témoins Claude Migeat et Michel Fouchard étaient aussi employés de chemin de fer.

En 1902 il était manœuvre et habitait Avignon (Vaucluse). Il s’engagea comme militaire dans la Coloniale et fut envoyé au Vietnam et au Cambodge de 1903 à 1907. Il en revint avec de nombreux tatouages, et une réputation de forte tête car son certificat de bonne conduite lui fut refusé.

Démobilisé le 3 février 1908, il tint des emplois qui firent traverser la France. En 1908, il habitait Châlon-sur-Saône (Saône-et-Loire). En 1909 il habitait Chaumont-sur-Loire (Loir-et-Cher). Il s’était syndiqué à la CGT, et le 23 novembre 1909, à la suite d’une conflit social, il fut condamné pour atteinte à la liberté du travail par le tribunal correctionnel de Chartres (Eure-et-Loir). Le 31 janvier 1913 il arriva au Havre (Seine-Inférieure, Seine-Maritime).

Le 11 août 1914 il fut mobilisé et envoyé au front. Le 17 juin 1915, il fut condamné à deux ans de prison pour abandon de poste le 15 mai 1915, par le conseil de guerre de la 15e division d’infanterie siégeant à Menil-aux-bois (Meuse), mais sa peine fut suspendue par le général de la division. Le 19 aout suivant, il fut simplement transféré au 134e régiment par mesure disciplinaire. Le 20 décembre 1916, alors qu’il était à un poste de guetteur, il fut blessé à la tête sous un bombardement et cité à l’ordre du jour de la division. Le 10 juillet 1917, il bénéficia d’une remise de peine par décret du président de la République, pour les 2 ans de prison prononcé en 1915. Finalement, le 10 août 1917, sa condamnation du 17 juin 1915 fut cassée par la Cour d’appel de Rouen, et il fut réhabilité. Le 3 août 1917 il avait été affecté aux travaux du port du Havre, par décision N°32878 du GQG. Le 9 février 1918, il passa provisoirement dans la réserve, et affecté à la classe 1894, ayant produit un dossier indiquant qu’il était père de 6 enfants vivants au 30 novembre 1915, mais ce n’était pas suffisant pour être définitivement rayé des cadres. Il resta au Havre jusqu’au 3 août 1918, date à laquelle il fut basculé au 285e RI, et renvoyé au front. Le 5 février 1919 il fut enfin démobilisé.

Revenu au Havre Henri Daunas fut élu secrétaire du syndicat des terrassiers du Havre au début de 1921. La police le qualifia de nettement révolutionnaire, qui parlait « en ce sens dans les réunions corporatives de son groupement ». En avril 1921 il était membre des minoritaires de la CGT, et était membre du CSR du Havre auquel son syndicat était adhérent. Le 30 mai 1921, il signa un article dans l’Humanité en tant que secrétaire du syndicat.

Il s’était marié au Havre, le 30 novembre 1915, avec Marie Ernestine Desbris.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article189468, notice DAUNAS Henri par Gilles Pichavant, version mise en ligne le 9 février 2017, dernière modification le 9 février 2017.

Par Gilles Pichavant

SOURCES : Arch. Dép. de Seine-Maritime, cote 2Z76. — Arc. Dép de Saône-et-Loire, registre matricule, 1R RM Châlon 1902/1 — L’Humanité, 30 mai 1921.

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