HABERA Karl

Par Daniel Grason

Né le 24 avril 1906 à Prague (Tchécoslovaquie) ; cuisinier, boulanger ; volontaire en Espagne républicaine ; interné à Gurs (Basses-Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques).

Fils de Johann et d’Hermine, Karl Habera alla à l’école primaire, savait lire et écrire l’allemand. Il exerça le métier de cuisinier puis de boulanger, et vivait à Schonberg.
Il s’engagea dans les Brigades internationales, combattit dans la 129e Brigade, bataillon divisionnaire de la 45e division composée de tchécoslovaques, de bulgares, de yougoslaves et d’albanais. La plupart des volontaires tchécoslovaques étaient membres du Parti communiste, antifascistes, certains s’engagèrent pour des motifs économiques.
Après le retrait des Brigades internationales en novembre 1938, les combattants étrangers furent internés à Saint-Cyprien (Pyrénées-Orientales) ou à Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Atlantiques) puis au camp de Gurs début 1939 dans les Basses-Pyrénées (Pyrénées-Atlantiques). Plusieurs combattants internés à Gurs participèrent à la résistance en France où dans leur pays.
De nombreux combattants internés à Gurs participèrent à la résistance en France, rentrés dans leur pays : Tchécoslovaquie, Pologne, Hongrie, Roumanie… Certains ont été fusillés pour actes de résistance, parmi eux le responsable des FTPF Joseph Epstein polonais, les FTP-MOI Stanislas Kubacki, Szlama Grzywacz, Jonas Geduldig alias Michaël Martiniuk, le hongrois Joseph Boczor, d’autres ont été déportés, tels Artur London et Oswald Zavodsky. Rentrés dans leurs pays quelques-uns accédèrent à des responsabilités dans l’appareil d’état. Ce fut le cas des tchécoslovaques Milos Nekvasil, Evzen Baneth, du hongrois Lazlo Rajk, du roumain Milhail Florescu… Certains eurent une destinée tragique.
Au printemps 1939 plus de six mille membres des Brigades internationales dont Karl Habera étaient internés au camp de Gurs. Lors de son entrée au camp, un infirmier nota : « cicatrice triangulaire sur joue droite, paysage hindou, croissant, Damakus, un tatouage épaule gauche, paysage hindou 19, Kairo. 2. », et « Main droite (2 doigts majeur et auriculaire sectionnés, auriculaire paralysé ». Karl Habera était dans l’îlot H, baraque n° 1 du camp.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article189089, notice HABERA Karl par Daniel Grason, version mise en ligne le 31 janvier 2017, dernière modification le 6 février 2017.

Par Daniel Grason

SOURCES : AN F/7/14730. – Claude Laharie, Le camp de Gurs. 1939-1945 un aspect méconnu de l’histoire de Vichy, préface Artur London, J&D Édition, 1993.

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