CASSAGNE Lucien, Marius

Par André Balent, Gilles Morin

Né le12 février 1891 à Carbonne (Haute-Garonne), mort le 20 août 1944 à Toulouse (Haute-Garonne) abattu par les Allemands ; artiste musicien de théâtre, professeur au conservatoire de Toulouse, chef de service de l’administration du Capitole ; conseiller municipal de Carbonne ; militant socialiste de la Haute-Garonne ; résistant (Mouvement Combat ; SFIO clandestine ; réseau Brutus).

Lucien Cassagne était le fils de Jules, propriétaire cultivateur, et de Joséphine, Marie Atoch âgés respectivement, en 1893, de trente-trois et vingt-six ans. Le 21 décembre 1921, il avait épousé à Toulouse Marguerite, Françoise, Claudine Sales.

Élève du conservatoire de musique de Toulouse, Lucien Cassagne obtint, à l’âge de quatorze ans, le premier prix décerné par cet établissement et, la même année, le premier prix du conservatoire de Paris. Il devint en 1912 le directeur de la Société musicale de Toulouse. Il enseigna la musique au conservatoire de Toulouse.

Conseiller d’arrondissement avant 1940 (probablement depuis 1922), Lucien Cassagne était Franc-maçon, affilié au GDOF, à la loge "Parfaite harmonie à l’Orient de Toulouse". Avant 1939, il militait au Parti socialiste SFIO. En 1935, il fut élu conseiller municipal de Carbonne.

Secrétaire fédéral clandestin de la SFIO, représentant, avec Paul Debauges, ce parti au Comité départemental (Haute-Garonne) de Libération clandestin en 1943, il avait été chef départemental (Haute-Garonne) de « La France au combat » puis du Mouvement Combat. Il participa aussi aux activités du réseau Brutus et, dans le cadre des MUR, il fut placé à la tête du service NAP (Noyautage des administrations publiques)-Mairie. Peu avant la libération, Lucien Cassagne composa la musique d’une chanson à la gloire de la Résistance, La Maquisarde.

Lucien Cassagne assista dans la nuit du 19 au 20 août 1944 à une réunion des du CDL de la Haute-Garonne élargie à d’autres chefs de la Résistance dont Jean Cassou, commissaire de la République de la R 4 (Toulouse) qui la présida. Cette réunion avait été convoquée dans les bureaux d’une entreprise près de la gare appartenant à un résistant Virgile Vuillemin, ancien mutin de la mer Noire. Cassou rédigea la proclamation dont les Toulousains devaient prendre connaissance dans la matinée du 20 août lorsque les Allemands auraient quitté la ville.

À la fin de la réunion, Cassou, Marcel Ségaud désigné pour prendre les fonctions de préfet des Hautes-Pyrénées et Lucien Cassagne prirent place dans une automobile à fanions tricolores pilotée par Jean Courtinade. Alors que la voiture parcourait les boulevards, elle fut interceptée par une patrouille allemandes — vraisemblablement des "Vlassov" commandés par un officier allemand — au croisement avec la rue Roquelaine. Si Lucien Segaud — blessé mais qui put se dégager et prendre la fuite — et Jean Cassou — grièvement blessé à la tête et laissé pour mort — s’en sortirent, Cassagne et Courtinade furent abattus et périrent.

Son nom fut donné à une rue de Toulouse. Il figure sur le monument aux morts de Carbonne, sur la plaque commémorative des employés communaux de Toulouse morts entre 1939 et 1945 et sur le mémorial du Grand Orient de France, à son siège, 16 rue Cadet, à Paris.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article18895, notice CASSAGNE Lucien, Marius par André Balent, Gilles Morin, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 3 août 2019.

Par André Balent, Gilles Morin

SOURCES : Arch. OURS, correspondance Haute-Garonne et 552/A/30. — Arch. com. Cassagne, registres de l’état civil, acte de naissance de Lucien Cassagne. — Arch. com. Toulouse, registres de l’état civil, acte de décès de Lucien Cassagne et mention marginale. — José Cubero, La résistance à Toulouse et dans la région R4, Bordeaux, Éditions Sud-Ouest, 415 p. [p. 358]. — Jean Estèbe, Toulouse 1940-1944, Paris, Perrin, 1996, 358 p. [p. 175, p. 282]. — Michel Goubet et Pierre Léoutre (dir.), La Résistance en Haute-Garonne, CD-ROM, Paris, AERI (Association pour des études sur la Résistance intérieure) : divers articles de Michel Goubet : "La situation du parti socialiste au printemps 1944" [en Haute-Garonne], "La Maquisarde et les chansons à la gloire de la Résistance", "La place des socialistes dans la Résistance" [en Haute-Garonne], "Les conditions de la Libération de Toulouse", "Le Comité départemental de Libération (CDL) clandestin" [de la Haute-Garonne]. — Louis Noguères, Marcel Degliame-Fouché, Histoire de la Résistance en France, tome 5 Au grand soleil de la Libération 1er juin 1944-15 mai 1945, p. 586 [témoignage de Jean Cassou, concernant l’attaque de la nuit du 19 au 20 août 1944]. — Site MemorialGenWeb consulté le 11 mars 2018 (André Balent).

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