Visé (pr. et arr. Liège), 8 mars 1926 – Fayenbois (Jupille, pr. et arr. Liège), 17 janvier 2017. Militant ouvrier chrétien, syndicaliste, mutuelliste, secrétaire fédéral du Mouvement ouvrier chrétien de Liège, militant wallon, pacifiste, conseiller provincial Ecolo de Liège.

Jean Verjans est issu d’une famille ouvrière : son père et son frère travailleront toute leur vie à la Fabrique nationale d’armes (FN) d’Herstal (pr. et arr. Liège).
Une des particularités du parcours de Jean Verjans est d’avoir fait ses primaires et ses humanités à l’Athénée royal de Visé. Toutefois, marqué par ses professeurs de religion, il décide d’entrer en 1943 au séminaire de Saint-Trond (Sint-Truinden, pr. Limbourg, arr. Hasselt), qu’il quitte en 1945 pour une année de volontaire de guerre. Après cette année, il s’oriente vers le domaine social. Il fait un stage comme responsable de service administratif et suit l’école syndicale avant d’obtenir son diplôme d’assistant social dans une école officielle de la province de Liège.
En 1949, au terme de ses études, Jean Verjans, alors âgé de vingt-trois ans, est engagé comme auxiliaire social à l’Institut provincial pour handicapés. En 1950, il épouse Marie-José Lagasse, rencontrée alors qu’il était engagé dans le scoutisme - « une patrouille populaire » - et qui milite au sein des Ligues ouvrières féminines chrétiennes (LOFC) devenues en 1969 Vie féminine. Le couple aura six enfants. Délégué de la section syndicale chrétienne de Visé et de la Société mutuelle primaire Saint-Joseph - il est notamment marqué par la figure de Joseph Massin*, responsable des mutualités chrétiennes -, il devient secrétaire fédéral du Mouvement ouvrier chrétien (MOC) de Liège en 1957, en remplacement de Victor Thewis*. Plus tard, il dira qu’il était « probablement le premier permanent MOC qui n’était pas sorti de la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne). Il occupe cette fonction jusqu’en 1987, année de la fusion entre les Fédérations du MOC de Liège, de Huy et Waremme.
Membre du Parti social-chrétien (PSC) de 1948 à 1968, Jean Verjans participe à la fondation de la Démocratie chrétienne liégeoise (DCL) en 1964, qu’il préside de 1964 à 1970. Il représente la DCL au sein du PSC.
Jean Verjans est un régionaliste. Il est actif lors de la Grève contre la loi unique durant l’hiver 1960-1961, dans une région fortement marquée par les tensions entre la CSC (Confédération des syndicats chrétiens) et la FGTB (Fédération générale du travail de Belgique). Attentif aux divers mouvements dont certains nés de cette période comme le Mouvement populaire wallon, il intervient lors des débats sur la question wallonne au sein du MOC.
Partisan d’un rassemblement progressiste, Jean Verjans plaide pour l’indépendance des organisations sociales chrétiennes par rapport au Parti social-chrétien (PSC). En 1968, il signe, avec trois autres secrétaires fédéraux du MOC, Germain Capelleman* à Charleroi (pr. Hainaut, arr. Charleroi), Louis Boulvin à Mons (pr. Hainaut, arr. Mons), André Tilquin* à Namur (pr. et arr.Namur), une lettre en faveur d’une communauté wallonne et d’une parité dans l’État entre les Wallons et les Flamands. Il participe à la Commission politique nationale du MOC où la question du « Walen buiten » (Wallons dehors), notamment, est vivement discutée.
Jean Verjans prend fait et cause pour les Fourons, commune francophone rattachée à la province de Limbourg lors de la fixation de la frontière linguistique en 1963, en adhérant au Comité de la Défense des Libertés démocratiques en 1962. Mandaté par Rénovation wallonne, il participe au Congrès d’action wallonne qui se tient à Namur en mars1963 et il prend une part active dans le succès du pétitionnement de l’automne 1963. Affirmant la solidarité de la Wallonie à l’égard de Bruxelles, il réclame, lors du Congrès extraordinaire des quatre mouvements wallons (Mouvement populaire wallon, Wallonie libre, Rénovation wallonne et le Mouvement libéral wallon) à Jambes (Namur) le 22 février 1969, une plus grande solidarité entre les Wallons.
En avril, il cofonde le mouvement Objectif 72 qui vise notamment la réalisation d’un rassemblement travailliste en Wallonie et à Bruxelles.
En 1970, la DCL s’allie au Rassemblement wallon en vue des élections communales. Jean Verjans, secrétaire fédéral du MOC, n’est pas candidat mais défend l’idée d’un rassemblement des progressistes.
Membre du GPTC (Groupe politique des travailleurs chrétiens) (1970-1984), Jean Verjans crée et participe à l’action de Solidarité et Participation (SeP), mouvement créé par le MOC wallon et bruxellois devenu un parti politique en 1984 au programme politique wallon affirmé. En 1988, Jean Verjans adhère au parti Ecolo dont il est un des élus au conseil provincial de Liège de 1991 à 1995.
Conseiller de la Commission d’assistance publique (CAP) de la commune de Visé de 1958 à 1975, Jean Verjans est aussi l’auteur de plusieurs articles dans La Cité, sous le pseudonyme de François du Perron.

SOURCES : Interview de Jean Verjans, CARHOP, Braine-le-Comte - Le Mouvement ouvrier chrétien 1921-1996. 75 ans de luttes, Bruxelles, EVO-MOC, 1996, pp. 232-239 - DELFORGE P., « Verjans Jean », dans Encyclopédie du mouvement wallon, t. III, Charleroi, 2001, p. 1599-1600.

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