CASATI Ennemond, Isaac

Par Jacques Girault

Né le 20 mars 1895 à Lyon (VIe arr., Rhône), mort le 28 janvier 1960 à Paris (IXe arr.) ; proviseur ; résistant ; militant du syndicat des proviseurs et directrices des lycées français.

Fils d’un rentier, Ennemond Casati, bachelier en 1912, obtint la licence d’anglais en 1914 à la Faculté des Lettres de Lyon. Mobilisé au début de la guerre, il fut affecté au 157èmè régiment d’infanterie, le 14 juillet 1915 pour servir d’interprète auprès de l’armée britannique. Professeur délégué d’anglais au lycée de Chambéry (Savoie) de 1919 à 1922, admissible à l’agrégation en 1919 et en 1920, en congé de 1920 à 1927 où son activité fut inconnue, il enseigna à l’Université d’Aberdeen (Ecosse) de 1927 à 1932 et fut reçu à l’agrégation d’anglais en 1932.
Il se maria en avril 1922 à Lyon (VIe). Le couple eut quatre enfants.
Nommé professeur d’anglais au lycée du Parc à Lyon (1932-1933), il devint censeur des études au lycée de Guéret (Creuse) de 1933 à 1935. Il exerça par la suite les fonctions de proviseur du lycée de Coutances (Manche) de 1935 à 1937. Mis à la disposition du service de la Mission laïque française, il fut directeur du lycée du Caire (Égypte). Confronté à l’« insuffisance professionnelle du surveillant générale », contre laquelle protestaient des professeurs et des parents d’élèves, il abandonna la direction se heurtant à l’absence de réaction de l’administration de la Mission laïque d’où la jugement porté par ceux qui l’avaient soutenu : on sacrifiait « un chef excellent à un subordonné médiocre ».
Ennemond Casati revint en France comme proviseur du lycée de Troyes (Aube) de 1938 à 1944 où il fit fonction d’inspecteur d’académie dans le dernier semestre de 1940. Nommé proviseur du lycée Hoche à Versailles (Seine-et-Oise/ Yvelines) de 1944 à 1948, il dirigea le lycée Carnot à Paris jusqu’en 1958. Il avait dirigé le Centre pédagogique régional en 1957-1958, puis demanda « pour des raisons de convenance personnelles » le poste de professeur d’anglais de Biarritz (Pyrénées-Atlantique) qu’il occupa jusqu’à sa retraite en1959.
Pendant la guerre, Casati fut accusé d’influencer les élèves en faveur du gaullisme. Le Préfet reconnut en 1942 qu’il n’en était rien. Résistant sous le pseudonyme de « Prost », nommé par la Délégation générale en France, dans la clandestinité, préfet de l’Aube , il fut arrêté par la Gestapo en juillet 1944, emprisonné à Troyes puis à Châlons-sur-Marne (Marne) puis au camp de Royallieu à Compiègne (Oise) d’où il fut libéré en septembre 1944. A la Libération, il refusa d’occuper un poste important dans l’administration préfectorale. Ses deux fils étaient également résistants et le plus jeune, André Casati avait été fusillé par les Allemands à La Ferté-Saint-Aubin (Loiret).
Il fut nommé en février 1945 membre de la section B (Inspecteurs d’académie) de la 2eme sous-commission d’enquête du Ministère de l’Éducation nationale. En 1946, Casati effectua une tournée de conférences en Grande-Bretagne.

Casati était au début des années 1950 membre du bureau de son syndicat affilié à la Fédération de l’Éducation nationale. Il fut élu titulaire à la commission paritaire nationale des personnels administratifs en 1952, représentant les proviseurs et la présida. Il en démissionna le 6 juillet 1957 pour protester contre les perturbations crées par le retour des huit proviseurs d’outre-mer qui bloquait le processus de promotion interne.

Pendant toute sa carrière, Ennemond Casati collabora à des revues, dont la Revue de littérature comparée, et publia des ouvrages pour l’enseignement du français dans les pays anglo-saxons. Il traduisit en anglais la pièce de Jules Romains Knock ou le Triomphe de la médecine pour les éditions Longmans en 1923.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article18879, notice CASATI Ennemond, Isaac par Jacques Girault, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 29 janvier 2017.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., F17 17820, 27073, 28166 (dossier Le Lay), F60/1554. — Renseignements fournis par Alain Dalançon et par le lycée Carnot (C. Magne).

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