CARTAYRADE Roger, Edmond

Par Éric Belouet, Claude Pennetier

Né le 30 mars 1915 à Millau (Aveyron), mort le 27 mars 1992 à Toulouse (Haute-Garonne) ; employé de bureau puis éditeur ; permanent de la CFTC (1936-1939), puis de la JOC (1939-1947), trésorier national (1939-1940), trésorier national en zone sud (1940-1941), secrétaire général en zone sud (1941-1943), président national (1943-1947) de la JOC ; directeur des Éditions ouvrières (1947-1982).

Roger Cartayrade dans les années 1940
Roger Cartayrade dans les années 1940
Arch. JOC

La famille de Roger Cartayrade, domiciliée à Millau, travaillait dans la ganterie. Son père, Jules, Augustin Cartayrade, né vers 1876, était coupeur de gants ; sa mère, Antonia, Julia née Roudier vers 1879, était noircisseuse (déclarée sans profession à l’état civil). Le couple eut dix enfants, dont trois moururent en bas âge.

Roger Cartayrade fréquenta l’école primaire jusqu’au certificat d’études primaires, puis suivit pendant un an les cours de l’école primaire supérieure. Obligé de travailler à l’âge de quatorze ans pour apporter son salaire à la maison, il fut coursier chez un représentant en produits chimiques pour les peaux, puis employé de bureau dans une maison d’alimentation.

Roger Cartayrade connut la JOC en 1935 par la presse du mouvement, en particulier La Jeunesse ouvrière, durant la grande grève de la ganterie (commencée fin décembre 1934, elle ne se terminera qu’à la mi-mai 1935, marquée par de graves incidents). En 1936, il participa aux événements de juin, collabora à la rédaction et aux discussions de la première convention collective du personnel « employés de commerce » du département de l’Aveyron. Après la signature, il fut licencié par son employeur.

Devenu responsable départemental de la JOC, il devint permanent de la CFTC le 1er juillet 1936 et le demeura jusqu’au 30 juin 1939 pour un mi-temps à Millau et un mi-temps pour le département.

Sollicité par le secrétariat de la JOC durant cette période, il devint permanent pour plusieurs départements du Sud-Ouest. Appelé au secrétariat général au moment où beaucoup de dirigeants étaient sous les drapeaux, il devint trésorier général en remplacement de Marcel Thomas*.

L’armistice ayant divisé la France en plusieurs zones, la direction de la JOC se scinda en deux parties : l’une en zone sud,à Lyon, puis à Sainte-Foy-lès-Lyon), l’autre en zone nord, restant au 12 avenue de la Sœur-Rosalie, à Paris (XIIIe arr.). Roger Cartayrade conserva sa responsabilité de trésorier, mais uniquement pour la zone sud tandis que Marcel Jeanlin* était trésorier pour la zone nord. L’année suivante, il succéda à Jean Quercy* comme secrétaire général en zone sud (en zone nord, le secrétaire général était alors Pierre Boucault). Ses responsabilités amenèrent Roger Cartayrade, comme les autres dirigeants, à prendre position contre les projets d’unification de la jeunesse française et à collaborer avec l’ensemble des mouvements de jeunesse pour défendre leur liberté.

Lors de la réunification de la direction jociste en 1943, faisant suite à la suppression de la ligne de démarcation, Roger Cartayrade succéda à Marcel Montcel* au poste de président national. De retour à Paris, il représenta la JOC lors de différentes rencontres de la jeunesse, tant sur le plan français que sur le plan international, ainsi qu’auprès des pouvoirs publics. À cette période, la JOC internationale (JOCI) s’organisa à Bruxelles et il en fut un des premiers dirigeants. Il quitta la JOC en 1947 et Gabriel Desmazes le remplaça à la présidence nationale.

Roger Cartayrade s’était marié le 30 avril 1946 à Rodez (Aveyron) avec Raymonde Saleil*, elle-même permanente de la JOCF de 1942 à 1946, et le couple eut plusieurs enfants. Raymonde Cartayrade mourut en octobre 1964, alors qu’elle venait d’avoir quarante-quatre ans.

En 1947, Roger Cartayrade devint directeur général des Éditions ouvrières, anciennement Librairie de la jeunesse ouvrière fondée par la JOC en 1929. Il y fut rejoint l’année suivante par André Villette* au poste de directeur littéraire et directeur financier. L’itinéraire des deux hommes, qui formèrent un duo efficace pendant plus de quarante ans, est en grande partie indissociable : tous deux permanents de la JOC de la fin des années 1930 aux années 1947-1948, ils présidèrent ensuite aux destinées des Éditions ouvrières jusqu’à leur départ à la retraite en 1982. Sous leur direction, la production éditoriale dépassa largement le cadre religieux pour se situer également dans la ligne du mouvement ouvrier et des organisations ouvrières syndicales, familiales, culturelles et politiques. Ce furent d’ailleurs les deux hommes qui prirent la décision d’accepter le projet de Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier présenté par Jean Maitron.

Pendant six ans, élu par l’Assemblée générale des éditeurs, Roger Cartayrade occupa le poste de secrétaire général du Syndicat national de l’édition. Pendant près de vingt ans, il fit partie des différentes commissions et groupes du syndicat, dont la commission sociale, les rencontres paritaires, la formation permanente et la caisse complémentaire de retraite du personnel de l’édition.

Parallèlement à ces tâches professionnelles, Roger Cartayrade mena une action sur le plan des foyers de jeunes travailleurs dans un organisme de travailleuses familiales. Il était également membre de l’Action catholique ouvrière (ACO).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article18837, notice CARTAYRADE Roger, Edmond par Éric Belouet, Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 24 février 2017.

Par Éric Belouet, Claude Pennetier

Roger Cartayrade dans les années 1940
Roger Cartayrade dans les années 1940
Arch. JOC
Roger Cartayrade dans les années 1980
Roger Cartayrade dans les années 1980
Arch. JOC

SOURCES : Arch. JOC (SG), fichier des anciens permanents. — Interview de Roger Cartayrade in Véronique Fourré, La Jeunesse ouvrière chrétienne de 1940 à 1947. Crise d’adolescence d’un mouvement de jeunes chrétiens, mémoire de maîtrise, 1984, p. 117-126. — Notice DBMOF. — État civil de Millau.

ŒUVRE : « Leçons de vingt ans de JOC », Masses ouvrières, n° 30, janvier 1948, p. 74-92.

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