CARON Roger, Fernand

Par Guillaume Davranche

Né le 23 octobre 1914 à Paris (XIVe arr.), mort le 2 octobre 1999 à Léchelle (Seine-et-Marne) ; ouvrier électromécanicien ; militant communiste libertaire.

Roger Caron (1952)
Roger Caron (1952)
Coll. Michel Caron/Archives d’AL

Fils d’un magasinier et d’une couturière, Roger Caron commença à travailler à l’âge de douze ans à la Compagnie industrielle des pétroles de l’Afrique du Nord (Paris, Ier arr.). Dans les années 1930, il adhéra à l’Union anarchiste et collabora bientôt au Libertaire, se classant dans la tendance plate-formiste de l’organisation, en référence à la Plateforme dite d’Archinov.

En septembre 1936, il était le responsable du secteur Est de la fédération parisienne de la Jeunesse anarchiste communiste (JAC) dont il était également le trésorier. Son soutien actif aux anarchistes espagnols lui valut d’être arrêté à la suite d’une distribution de tracts dans un spectacle de ballets espagnols (franquistes) à Paris, à la Mutualité.

Incorporé dans l’armée à la déclaration de guerre, à la suite d’une rafle au local de l’UA, rue de Lancry à Paris (Xe arr.), il parvint à se faire réformer. Il confia alors ses papiers militaires à un camarade, André Barzangette*, qui, en octobre 1939, tenta grâce à ceux-ci de passer la frontière espagnole. Il fut en fait arrêté et déporté au camp de Miranda (Espagne) en 1940.

Pendant l’Occupation, Roger Caron organisa, avec Henri Bouyé (ex-trésorier de la FAF), un réseau anarchiste clandestin sur la région parisienne. Le 15 janvier 1944, ce réseau s’entendit sur un projet de charte qui devait servir de base à l’unification des anciennes FAF et UA et à la refondation du mouvement après la guerre.

À la Libération, Roger Caron participa également à la rédaction — avec Bouyé, André Senez*, Renée Lamberet* et Giliane Berneri* — d’une brochure programmatique intitulée Les Anarchistes et le problème social. Dans le même temps, Roger Caron se rendit à la préfecture de police de Paris pour déposer une demande d’autorisation de reparution du Libertaire. À cette date, il était secrétaire de la section CGT de Radiac/Potentiomètres et Résistances (Paris Xe arr.). En 1951, il fut embauché chez Ugine à Saint-Ouen (devenue PUK, à Levallois) où il resta jusqu’à sa retraite en 1978.

Lors du congrès de 1945, qui fonda la Fédération anarchiste, Roger Caron fit partie des 22 militantes et militants élus à la commission administrative. Il y fut reconduit en 1946 au congrès de Dijon. Membre du groupe de Paris-Est, il demeurait alors 23 rue de Sambre-et-Meuse à Paris (Xe arr.) et figurait sur la liste des militants dont le domicile était surveillé par la police.

Partisan d’une organisation structurée, il fut en 1949, avec Georges Fontenis, Robert Joulin*, Louis Estève* et Serge Ninn*, l’un des initiateurs de la fraction communiste libertaire de la FA, dite Organisation pensée bataille (OPB).

En 1952, au congrès de Bordeaux de la FA, il fut élu secrétaire aux relations extérieures du nouveau comité national de la FA. Au congrès de Paris (mai 1953), qui vit les thèses de l’OPB l’emporter au sein de la FA, il fut élu secrétaire général de la FA (devenue Fédération communiste libertaire en décembre 1953).

Durant la guerre d’Algérie, il fut, avec d’autres militants de la FCL, inculpé d’atteintes à la sûreté intérieure et extérieure de l’État, d’atteinte au moral de l’armée, d’injures et de diffamation envers la police, les armées, les CRS, les administrations publiques, diverses personnalités, le tribunal de Lille et la cour d’appel de Douai, de provocation de militaires à la désobéissance, d’apologie de crimes, de meurtres, de vol, d’incendie, de provocation à la violence...

Lors de la réunion du comité national de la FCL du 5 juillet 1956, il fit partie de la minorité qui s’opposa à la suspension du Libertaire et au passage à la clandestinité. Après la disparition de la FCL, il cessa toute activité militante.

Il avait épousé Raymonde, Louise Travers en novembre 1938 et le couple eut un fils.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article18749, notice CARON Roger, Fernand par Guillaume Davranche, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 22 mai 2014.

Par Guillaume Davranche

Roger Caron (1952)
Roger Caron (1952)
Coll. Michel Caron/Archives d’AL
Roger Caron en 1941
Roger Caron en 1941

SOURCES : Arch. PPo., cartons 49 et 50 ; témoignage de Michel Caron, fils de Roger Caron — Henri Bouyé, Les Aléas de la liberté (autobiographie inédite). — Georges Fontenis, Changer le monde, Histoire du mouvement communiste libertaire 1945-1997, Alternative libertaire/Le Coquelicot, 2000.

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