CASATI André, Charles, Antony

Par Daniel Grason

Né le 24 octobre 1924 à Lyon (4e arr., Rhône), exécuté le 10 juin 1944 à La Ferté-Saint-Aubin arrondissement d’Orléans (Loiret) ; étudiant ; résistant des Forces Françaises Combattantes (F.F.C.).

Fils de Ennemond, Isaac, professeur et de…André Casati vécut à Troyes (Aube), où il fut scout de France et éclaireur, il étudia au lycée de la ville. La famille vint habiter à Paris, avec son frère Henri ils auraient été responsables du groupe Turma-Vengeance du lycée Henri IV à Paris (Ve arr.), mais les noms des Casati ne figurent pas sur les listes du réseau déposées à la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (B.D.I.C.) à Nanterre (Seine, Hauts-de-Seine). André Casati était en Prépa à l’École coloniale.
André Casati rejoignit les Forces Françaises Combattantes (F.F.C.) d’obédience gaulliste. Des formations furent dispensées à des dizaines de jeunes : entraînement militaire, maniement de la mitraillette, lancement de grenades… Distribution de Défense de la France, Résistance ou Essor de l’Organisation civile et militaire de la jeunesse (O.C.M.J.). En prévision du débarquement des cantonnements avaient été aménagés dans plusieurs fermes de la Ferté-Saint-Aubin pour accueillir des étudiants susceptibles de rejoindre les maquis en Corrèze.
Radio-Londres donna le signal de la mobilisation, deux messages furent diffusés : « La Lune est pleine d’éléphants verts », puis le 6 juin le débarquement : « Les carottes sont cuites ». Jacques Godfrain rejoignit la ferme du By dans le Loiret. D’autres étudiants de Jeanson de Sailly, Henri IV, Saint-Louis, Michelet à Vanves (Seine, Hauts-de-Seine)… firent de même parfois vers d’autres refuges.
Le vendredi 9 juin au matin, madame Beaumarié de la Ferté-Saint-Aubin vint en raison d’indiscrétions faire part de ses craintes. La nouvelle de l’arrestation à Paris de Philippe Wacrenier, chef du corps franc Liberté au sein du réseau Vélites-Thermopyles confirma qu’il y avait des risques à rester au By. Dans la soirée, ils étaient seize étudiants dans la ferme. Vers 22 heures, un homme se présenta, il ne connaissait pas le mot de passe, méfiant René Coche n’ouvrit pas. L’individu envoyé en reconnaissance Lucien Lussac, était un agent d’infiltration du S.D. (Sicherheitsdienst) Service de renseignements de la S.S. de Blois (Loir-et-Cher). Avec Guy Eymard dit Gérard, étudiant, ils infiltrèrent plusieurs groupes de résistants.
Le samedi 10 juin vers cinq heures du matin, des agents du S.D. accompagné de trois français firent irruption dans la ferme du By, trois résistants parvenaient à se cacher. Parmi les étudiants, André Parent sortit une carte qu’il tendit aux hommes du S.D., il était du même service. Il indiqua qu’il n’y avait pas d’armes au By. Emmené à l’écart de la ferme, seize jeunes dont André Casati furent abattus à la mitrailleuse, puis d’une balle dans la tête.
Les trois auxiliaires des nazis furent jugés pour « intelligence avec l’ennemi ». André Parent le 16 janvier 1945 par la cour de justice d’Orléans, condamné à mort a été fusillé le 7 février 1945. Guy Eymard a été condamné à mort par la cour de justice d’Orléans le 4 juin 1946 et fusillé le 12 juillet 1946. Quant à Lucien Lussac, condamné par la même cour le 23 juin 1946, il a été fusillé.
André Casati a été homologué au titre des F.F.C. et interné résistant. Le nom de André Casati a été gravé sur la plaque commémoratives de l’espace Argence (ancien lycée de garçons) « A la mémoire glorieuse des maîtres, élèves et anciens élèves du lycée de Troyes morts pour la France », et sur la plaque du lycée Henri IV 23 rue Clovis à Paris (Ve arr.). Son nom a été inscrit dans la Nécropole nationale Bellefontaine à La Ferté-Saint-Aubin.

Voir La Ferté Saint-Aubin, Marcilly-en-Villette (Loiret) 10 juin 1944

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article187245, notice CASATI André, Charles, Antony par Daniel Grason, version mise en ligne le 3 janvier 2017, dernière modification le 14 juillet 2019.

Par Daniel Grason

SOURCES : Bureau Résistance GR 16 P 109947. – Claude Dewaele, « La vie de Camille Georget », 2004. – Patrice Miannay, Dictionnaire des agents doubles dans la résistance, Le Cherche-Midi, 2005. – Site internet MemorialGenWeb. — État civil.

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