CARLES Gérard

Par Gilles Morin, Claude Pennetier

Né le 7 janvier 1939 à Paris (XIVe arr.) ; postier ; dirigeant de la CFDT, secrétaire confédéral ; mendésiste, rocardien ; membre du bureau national du PSU, puis militant PS ; membre du Conseil économique et social.

Dernier d’une famille de cinq enfants, Gérard Carles naquit de parents aveyronnais. Son père, garçon de café, admirateur de Jaurès, était catholique non-pratiquant, à la différence de sa femme, ménagère, qui fréquentait l’église. Gérard Carles fut baptisé, fit sa communion, fréquenta les scouts, mais par la suite ne se considéra pas comme un catholique de gauche, plutôt comme un laïque tolérant. Élevé dans un logement HLM de la porte d’Aubervilliers, Gérard Carles fréquenta l’école primaire, où un instituteur « remarquable » le repéra et l’orienta vers le lycée Carnot. Tout en travaillant pendant les vacances comme « auxiliaire occasionnel des postes », il obtint le baccalauréat « Sciences ex. » et entra aussitôt, à l’âge de dix-sept ans, aux Postes, en signant un contrat de dix ans qui ménageait des possibilités de progression. Il fit d’ailleurs une licence en droit et passa des concours internes qui le conduisirent par étapes aux fonctions d’inspecteur principal puis de directeur départemental adjoint.
Gérard Carles accomplit vingt-huit mois de service militaire au temps de la guerre d’Algérie, dans les transmissions et, au moment du putsch des généraux en 1961, prit avec succès l’initiative de la résistance dans sa compagnie qui comptait beaucoup de gens de gauche. De retour à Paris en 1962, il fut affecté comme contrôleur des PTT au centre de tri du boulevard Brune où il contribua à fonder et à développer une section CFTC, puis CFDT, dont il fut le secrétaire. Il militait par ailleurs au centre de culture et loisirs créé par des chrétiens de gauche du centre de tri. Dans ce centre qui accueillait beaucoup de jeunes de retour d’Algérie, la CFTC (puis la CFDT) était essentiellement en concurrence avec la section FO animée par Georges Sarre*, le futur créateur du CERES. Carles appartenait au bureau syndical départemental des PTT. Permanent depuis 1966, il était, en 1967, délégué régional CFDT-PTT de la région parisienne. D’après ses souvenirs, les effectifs passèrent de 2 000 en 1963 à 7 280 en 1968. Il devint secrétaire confédéral, responsable de la communication, en 1976. Se définissant comme un « fou de com », il se passionna pour les sondages avec Roland Cayrol, pour les logos et pour l’impression de qualité. Le CELSA le chargea de cours de communication pendant sept ans et la gauche au pouvoir le nomma au Conseil national de la communication audiovisuelle en 1982.
D’abord touché par l’action de la Ligue des droits de l’Homme qui formait les futurs citoyens par la revue Après-demain (voir Françoise Séligman*), mendésiste dès 1954, Gérard Carles adhéra au PSU en 1962 et appartint à la commission exécutive de la section du XIVe arrondissement car, bien que domicilié dans le XVIIIe, il préférait tirer bénéfice de son influence au travail dans le XIVe. Il fit d’ailleurs adhérer une quinzaine de jeunes travailleurs des PTT et participa activement à la campagne de revendication sur le logement, qui fut soutenue au niveau municipal par Claude Bourdet*, élu du secteur. Il dirigea lui-même une liste aux municipales de mars 1965.
Gérard Carles fut élu membre suppléant du comité politique national du PSU en 1965. Il appartint encore au bureau fédéral de Paris en 1966 et 1967 et fut élu, cette dernière année, au bureau national du PSU, chargé des relations syndicales. Il avait été signataire du texte n° 3 pour le congrès national de 1967 et avait rédigé un article dans Tribune socialiste du 15 juin 1967. Il fut suppléant PSU de Robert Chapuis* aux législatives de 1967 dans le XIVe arrondissement (15e circonscription).
Favorable aux Assises du socialisme, il entra au Parti socialiste dans le courant Rocard, mais quitta le PS en 1981.
Gérard Carles fut pendant dix ans membre du Conseil économique et social, au titre des salariés de la CFDT, siégeant au Palais d’Iéna à la section des relations internationales ainsi que dans la section de l’agriculture et de l’alimentation.
En 1998, il était encore chargé de mission confédérale par la CFDT.
Il s’attache aujourd’hui aux questions « pratiques » et « concrètes » comme l’animation d’une coopérative ouvrière d’imprimerie dans le Pas-de-Calais (Imprimerie artésienne) et son action au conseil d’administration des amis du Monde. Notons que ses fonctions à la CFDT lui avaient permis de connaître Jean Maitron et d’aider activement au rayonnement du Maitron.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article18694, notice CARLES Gérard par Gilles Morin, Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 25 octobre 2008.

Par Gilles Morin, Claude Pennetier

SOURCES : Tribune socialiste, 12 juin 1965, 29 juin 1967 et suppléments aux numéros spéciaux du 6 mars 1965 et de mars 1967. — Front socialiste, mars 1966. — Fichiers des adhérents du PSU. — Conseil économique et social, Annuaires, années 1989-1999 (André Caudron). — « Comme une lettre à la poste », témoignage de Gérard Carles in « L’Évolution », Solidaires, journal de l’URSIF CFDT, n° 373, novembre 1994, p. 75-76. — Témoignage de Gérard Carles, 21 février 2007.

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