CARESMEL André, Léon, Victor

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

Né le 28 mai 1907 à Paris (VIe arr.) ; ajusteur dans la région parisienne, en particulier aux usines Renault ; dirigeant des Jeunesses communistes, puis secrétaire de la Région communiste Paris-Nord.

Enfant d’une mère célibataire caissière dans un magasin, Valentine Caresmel, André Caresmel fréquenta l’école publique de six à treize ans et obtint le CEP. Il milita très tôt aux Jeunesses communistes malgré le désaccord de sa mère qui, en septembre 1934, le congédia de son appartement situé rue Rebeval à Paris (XIXe arr.). Responsable de la cellule 719 de la 4e Entente des Jeunesses communistes, il avait été arrêté le 9 janvier 1924 au cours d’une manifestation en faveur des révolutionnaires espagnols. André Caresmel s’installa avec son amie et camarade de lutte Raymonde Lembert (née le 19 juillet 1909 à Paris XIIe arr.) à Marolles-en-Hurepoix (Seine-et-Oise). Ils se marièrent le 14 septembre 1926 à Paris (XIe arr.) et eurent une fille en mars 1927. Le couple vint habiter dans le XIe arrondissement. Elle était femme de chambre à l’ambassade d’URSS en 1935.

Militant actif, André Caresmel fit l’objet de plusieurs interpellations pour distribution de tracts sur la voie publique. Une d’entre elles eut de graves conséquences : la police l’arrêta le 11 octobre 1925 pendant la vente d’un numéro de l’Humanité contenant des articles « provoquant les militaires à la désobéissance ». Accusé d’avoir « outragé les agents de police », il fut envoyé au dépôt et condamné le 16 novembre 1925 à cinq mois de prison et 1 000 F d’amende. Il fit la grève de la faim pendant son séjour à la Santé. Libéré le 3 février 1926, il accéda aux fonctions de secrétaire à la lutte économique de la 4e Entente des Jeunesses communistes et, quelques mois plus tard, entra au comité central des JC. Conformément aux consignes du Parti communiste, il refusa de payer son amende et subit une contrainte par corps à la prison de la Santé d’où il sortit le 17 juin 1927 grâce à une remise de peine. Mais ses ennuis avec la justice n’étaient pas terminés : la justice militaire prit le relais des tribunaux civils. Incorporé le 6 novembre 1927 au 6e régiment des Dragons de Vincennes et, bien sûr, signalé à ses supérieurs comme un élément à surveiller, il fut emprisonné le 8 juin 1928 pour refus d’obéissance, transféré au Val-de-Grâce, puis à la prison du Cherche-Midi. Le conseil de guerre de Paris le condamna à six mois de prison le 8 (ou 18) juillet 1928. Il sortit de la prison du Cherche-Midi le 4 décembre pour partir, par mesure disciplinaire, à Saint-Avold près de Metz. L’armée le renvoya dans ses foyers le 18 juillet 1929.

André Caresmel travailla quelque temps à la rubrique « armée » de l’Humanité. Selon la police, il aurait été « exclu » du secrétariat et du comité central des Jeunesses communistes en juillet 1930 et mis à la disposition du Parti communiste pour effectuer des travaux de propagande sous le contrôle du bureau politique. Simple changement d’affectation ou sanction ? Son nom n’apparaît plus guère jusqu’en 1934 : on note sa présence au congrès national de Paris (11-19 mars 1932) et, l’année suivante, son appartenance à la cellule « Figelot » et au bureau du rayon du XIe arr. Il remplaça Lepreux au secrétariat de la Région communiste Paris-Nord au début de l’année 1934. Il conservait cette fonction en juillet 1935 tout en s’occupant de l’organisation des écoles régionales du Parti.

Il avait suivit un école communiste de deux mois en France. Selon les archives et le témoignage de Pierre Emmanuelli, il faisait partie de la vingtaine d’élèves français à l’École léniniste internationale de Moscou d’octobre 1935 à février 1937.

Il fut à son retour un cadre important du Parti communsite. Il fut un rapport sur l’école centrale des femmes (14 au 26 février 1938).

Mobilisé en août 1939 dans l’artillerie à Castres (Tarn), puis libéré après juillet 1940, André Caresmel se retira en zone libre.
Hostile à la politique du "terrorisme" pendant l’Occupation, il fut accusé de travail fractionnel.
C’est de toute évidence le même même Caresmel qui figure dans le compte rendu du secrétariat du PCF en date du 13 décembre 1948 : « Faire une enquête sur l’activité de Caresmel et de sa fille (Raymond Guyot). » ?

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article18679, notice CARESMEL André, Léon, Victor par Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 16 novembre 2017.

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI 495 270 663, autobiographie du 22/03/1935. — Arch. PPo. 100 et 89. — Arch. Jean Maitron. — Arch. comité national du PCF. — Le Bulletin de l’Entente, 1er août 1927. — DBK, notice André Caresmel par Claude Pennetier.

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