PERRIN André, Pierre

Par Daniel Grason

Né le 26 janvier 1915 à Valentigney arrondissement de Montbéliard (Doubs), tué le 19 août 1944 à Paris (IVe arr.) ; ajusteur, gardien de la paix ; membre d’Honneur de la Police ; résistant, F.F.I.

Fils d’Armand, Pierre, ouvrier d’usine et de Céline, Jeanne, née Goudey, sans profession, André Perrin entra à l’école dès l’âge de quatre ans, il obtint le CEP à treize ans. Il suivit une formation d’ajusteur à l’école d’apprentissage des usines Peugeot, tout en allant à des cours de dessin industriel en soirée. À seize ans il passa avec succès l’examen du CAP. Ajusteur, il travailla dans les ateliers des usines Peugeot jusqu’à seize ans. De santé fragile, il obtint sa mutation au laboratoire des aciers.
Après une formation, il passa avec succès les épreuves du brevet de préparation militaire devança l’appel, fut incorporé le 23 octobre 1935 au 4e Régiment d’Artillerie de Colmar (Haut-Rhin). Il suivit le peloton des Élèves sous-officiers de réserves, il fut libéré le 14 octobre 1937 avec le grade de Maréchal des logis. Il reprit son poste aux usines Peugeot.
Dès juin 1937, alors qu’il effectuait son service militaire, il s’était adressé par courrier à la Préfecture de police de Paris, sollicitant un emploi de gardien de la paix. Le Préfet du Doubs fit mener une enquête et répondit le 28 juin 1937 au Préfet de police de Paris : « Ouvrier d’usine, ce jeune homme à une bonne conduite et présente de sérieuses garanties morales. Monsieur Perrin observe une attitude politique correcte et rien à ma connaissance ne parait devoir s’opposer à ce qu’une suite favorable soit réservée à sa requête ».
André Perrin débuta le 18 mars 1938, retraça le 24 du même mois dans son autobiographie son parcours scolaire, professionnel et militaire. Il exposa ses motivations : « Jugeant qu’il était plus agréable de travailler à l’air libre et surtout d’avoir une existence un peu plus mouvementée que cette existence banale qui consiste à être enfermé huit heures par jour dans un bureau où le travail du lendemain ressemble toujours à celui de la veille, et que j’aurai vécut plus utilement en servant l’ordre public et en faisant respecter les lois ».
Il effectua sa formation au commissariat du IIIe arrondissement, y resta quelques années. Le 31 juillet 1943, il était avec un autre collègue de service à l’Hôtel Imperator rue Beaubourg (IIIe arr.) Vers 23 heures 30, ils entendirent une femme appelant « Au secours ! ». Ils se rendaient sur place, un malfaiteur venait de tenter de lui arracher son sac à main. Rattrapé l’homme était maîtrisé, comparaissait le 4 août devant le Tribunal Spécial et était condamné à dix ans de travaux forcés et vingt ans d’interdiction de séjour.
André Perrin habita chez sa sœur 5 rue Pasteur (XIe arr.), puis dès 1942 au 76 rue de la Mare (XXe), arrondissement où il fut muté. Il adhéra dès mars 1943 à Honneur de la Police, organisation résistante d’obédience gaulliste. Le 19 août 1944, il était envoyé en renfort pour défendre la caserne de la Cité. Lors des combats contre des soldats allemands, il fut touché par plusieurs balles au ventre et à la nuque à proximité de l’Hôpital de l’Hôtel-Dieu (IVe arr.). Emmené à l’hôpital, un médecin constata sa mort. Son inhumation eut lieu le 22 août 1944 au cimetière parisien de Thiais (Seine, Val-de-Marne).
Déclaré « Victime du devoir », André Perrin a été cité à l’Ordre de la Nation (JO du 20 décembre 1944), décoré de la Légion d’Honneur (JO du 3 janvier 1945). Selon une attestation signée de Marcel Guyon, Responsable de la Résistance du XXe arrondissement, André Perrin était lieutenant F.F.I.
Armand Perrin, père du défunt était présent le 6 avril 1945 pour l’exhumation du corps de son fils au cimetière de Thiais. Une importante délégation de policiers, conduite par un commissaire accompagné de deux inspecteurs et d’une vingtaine de gardiens de la paix assistaient à la cérémonie en présence de sa famille. La ré-inhumation se déroula au cimetière de Valentigney.
Le ministère des Anciens combattants attribua à André Perrin la mention « Mort pour la France », il a été homologué F.F.I. Une plaque commémorative a été posée sur le mur de l’Hôtel-Dieu, place du Parvis Notre-Dame : « Ici fut tué par les S.S. le gardien de la paix Perrin André ». Son nom a été gravé sur le monument aux morts de Valentigney, il figure sur la liste des Morts pour la Libération de Paris au Musée de la Police, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, (Ve arr.).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article185420, notice PERRIN André, Pierre par Daniel Grason, version mise en ligne le 11 octobre 2016, dernière modification le 9 octobre 2018.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. KC 28 (notes transmises par Christian Chevandier). – SHD, Caen AC 21 P 129774. – Bureau Résistance GR 16 P 468850. – Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection des policiers de Paris, Éd. Vendémiaire, 2014. – « Au cœur de la Préfecture de Police de la Résistance à la Libération », Sous la dir. de Luc Rudolph, Directeur honoraire des services actifs, Éd. LBM, 2009. – Site internet GenWeb. — État civil.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément