ZHOU Qijian

Par Lucien Bianco

Dirige le mouvement paysan du xian de Guangning (Nord-ouest du Guangdong) en 1924-1925.

Connu surtout par un long rapport de Zhou lui-même, ce mouvement ne le cède en importance dans la Chine méridionale qu’à celui de Hailufeng, à l’autre extrémité de la province du Guangdong (voir Peng Pai (澎湃)). Comme Peng Pai, les premiers animateurs du mouvement de Guangning sont extérieurs à la paysannerie : ce sont des lycéens et étudiants de Canton issus de « bonnes familles » de Guangning, tel Zhou Qijian lui-même, qui reviennent au pays natal pour y organiser la paysannerie. Diplômé de l’École supérieure d’industrie de la province du Guangdong, Zhou milite à partir de 1922 dans le mouvement ouvrier cantonais. Au début de 1924, il devient secrétaire du syndicat des ouvriers en huile alimentaire. Peut-être sur l’initiative du comité de Canton du P.C.C., Zhou Qijian met à contribution les ouvriers des huileries, dont beaucoup sont originaires de Guangning, afin de financer un mouvement paysan dans son xian natal. Avec une poignée d’autres jeunes intellectuels, Zhou démarre l’action (propagande et démarches auprès des autorités) dans la bourgade de Jiangtun le 8 avril 1924. Durant les premiers temps, Zhou ne cesse de faire la navette entre Guangning et Canton afin d’y quêter des appuis officiels. Il utilise ses relations politiques, à commencer par Peng Pai et le gouvernement révolutionnaire de Canton, pour faire révoquer un sous-préfet récalcitrant. Mais il doit faire face à la collusion symétrique d’une partie de l’établissement et de groupes armés locaux (gentry, milices locales appelées mintuan, sociétés secrètes), qui continuent à tenir les villages, tandis que paradoxalement, l’« Association paysanne » organisée par Zhou Qijian et ses amis occupe pendant un temps, grâce au soutien du gouvernement cantonais, la ville de Guangning elle-même, chef-lieu du xian. Après une phase initiale de propagande, de négociations et d’escarmouches au printemps 1924, le mouvement renforce son organisation et développe la lutte économique (avec pour objectif essentiel la baisse du taux des fermages) à l’automne 1924. Les renforts militaires dépêchés par Canton, mais aussi le zèle variable des commandants — communistes ou non — de ces détachements successifs déterminent le sort changeant des batailles et des sièges. Vers la mi-1926, le départ de la Beifa (Expédition du Nord) sanctionne la ruine définitive du mouvement paysan de Guangning : un mouvement incapable de survivre sans appui extérieur, bien qu’il ait réussi à faire adhérer plus de 20 % des paysans du xian à ses Associations paysannes.
Après le massacre des communistes shanghaïens par Chiang Kai-shek en avril 1927, le P.C.C. a divisé la province du Guangdong en quatre régions, confiées aux « quatre grands » du mouvement paysan : l’est à Peng Pai (澎湃) (le seul qui ait réussi à fonder un éphémère soviet), le sud à Huang Xuezheng, l’ouest à Zhou Qijian, le nord à Gong Chu. Chacun des quatre était natif de la région où il était chargé de diriger le mouvement paysan.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article185413, notice ZHOU Qijian par Lucien Bianco, version mise en ligne le 8 février 2017, dernière modification le 22 août 2017.

Par Lucien Bianco

SOURCES : Galbiati (1981). — Hofheinz (1966 et 1977).— Han (2005), pp. 122 et 200-201.

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