Né vers 1923 à Bantignel (Pita)(Guinée), mort le 25 janvier 1971 à Conakry ; Homme politique et homme d’Etat ; Membre de la Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO) ; co-fondateur de la Démocratie Socialiste de Guinée (DSG), du Mouvement Socialiste Africain (MSA), de l’Union des Populations de Guinée, section guinéenne du Parti du Regroupement Africain (PRA) ; Secrétaire d’Etat aux finances (oct. 1958-avril 1958) ; Directeur des Affaires économiques (avril 1959-mars 1960) ; Ministre de la Justice (mars 1960-janvier 1961) ; Ministre du Plan (janvier 1961-février 1964) ; Ministre du Commerce (février 1964-novembre 1964) ; Secrétaire général du Gouvernement (1969).

Born c. 1923 in Bantignel (Pita), died 25 January 1971 in Conakry ; Politician and Civil Servant ; Member of Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO) ; Co-Founder of Démocratie Socialiste de Guinée (DSG), Mouvement Socialiste Africain (MSA) and Union des Populations de Guinée, Guinean section of Parti du Regroupement African (PRA) ; Secretary of State (Oct. 1958-April 1958) ; Head of Economic Affairs (April 1959-March 1960) ; Minister of Justice (March 1960-January 1961) ; Minister of Planning (January 1961-February 1964) ; Minister of Commerce (February 1964-November 1964) ; Secretary of Government (1969).

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Ibrahima Barry, surnommé “Barry III”, était un militant et homme politique guinéen. Né à Bantignel, une petite ville située dans l’actuelle préfecture de Pita en Guinée, Barry III était issu d’une famille aristocratique peul et fils d’un chef de canton. Il fréquenta l’école normale William Ponty près de Dakar et obtint un diplôme de droit à l’université de Montpellier, où il noua des liens avec la SFIO. Devenu inspecteur des contributions directes, il rentra en Guinée en 1954 et se lança en politique. Il obtint le soutien de la SFIO aux élections du 27 juin 1954, organisées pour remplacer Yacine Diallo comme député de la Guinée à l’Assemblée Nationale française. Barry III arriva en troisième position, loin derrière Sékou Touré et Barry Diawadou. Il réussit une belle progression en recueillant près de 10 % des suffrages au élections législatives de janvier 1956, malgré sa mutation à Dakar en septembre-novembre 1955. Mais aux élections territoriales de mars 1957, son parti n’obtient que trois sièges, lui-même étant élu conseiller de Pita.
En octobre 1954, Barry III créa la Démocratie Socialiste de Guinée (DSG), avec le militant politique français Jean-Paul Alata. Le parti développa un discours plus radical que la précédente formation guinéenne d’obédience socialiste, l’Union Franco-Guinéenne de Yacine Diallo. La DSG adopta en fait des positions proches de celles du plus populaire Parti Démocratique de Guinée (PDG). Ainsi, Barry III et la DSG critiquaient la chefferie administrative, qu’ils accusaient de “brutalité, extorsion et pillage”. Cette rhétorique anti-chefferie valut à Barry III la défaveur des chefs du Fouta Djalon. Le chef de canton de Mamou, Almamy Sory Dara Barry, déclarait ainsi que les actions de Barry III “déshonoraient tout le Fouta” dans une pétition signée par le père de ce dernier. La proximité idéologique de Barry III avec le PDG lui valut le surnom de Sylioré, ou petit éléphant, en référence au leader du PDG, Sékou Touré, dont le surnom était Syli (éléphant). En fait, la DSG et le PDG envisagèrent de fusionner leurs deux partis. Mais à partir de septembre 1956, une série d’accrochages politiques évoluèrent en émeutes au cours desquelles plusieurs militants de la DSG furent tués par des membres du PDG. Ces événements mirent fin aux négociations. Début 1957, Barry III participa à la création du Mouvement Socialiste Africain (MSA), à l’échelle ouest-africaine, dont il devint le secrétaire général. Le congrès constitutif du MSA se tint d’ailleurs à Conakry au mois de janvier 1957. Après l’éclatante victoire du PDG aux élections territoriales de mars 1957, la DSG de Barry III et le Bloc Africain de Guinée de Barry Diawadou se rapprochèrent pour finalement former, en avril 1958, l’Union des Populations de Guinée, branche guinéenne du Parti du Regroupement Africain (PRA). Le PRA de Guinée se positionna bientôt à gauche du PDG, en appelant à l’indépendance immédiate. Ses leaders critiquaient également ce qu’ils jugeaient être les tendances autoritaires de plus en plus marquées du parti de Sékou Touré.
En accord avec le PDG, le PRA appela à voter NON au référendum de 1958 sur la Constitution de la Ve République, et après l’accession à l’indépendance en octobre 1958, le PRA fut dissous et Barry III rejoignit le gouvernement guinéen. Il fut successivement Secrétaire d’Etat à la présidence (oct 1958-avril 1959), directeur des Affaires économiques (avril 1959-mars 1960), Ministre de la Justice (mars 1960-janvier 1961), Ministre du plan (janvier 1961-février 1964), Ministre du commerce (février 1964-novembre 1964) puis Secrétaire général du gouvernement à la Présidence. En 1964, il perdit son poste suite à la mise en œuvre de la Loi-Cadre de 1964, qui excluait tout responsable gouvernemental ayant un lien avec des intérêts économiques privés. Barry III avait auparavant travaillé avec la Compagnie de financement du Commerce Extérieur (COFICOMEX), une entreprise commerciale basée à Genève qui avait des intérêts économiques en Guinée.
Peu après l’agression portugaise de novembre 1970 à Conakry, Barry III fut accusé d’avoir participé à cette tentative échouée de renverser le régime de Sékou Touré. Il fut arrêté et pendu sans procès en janvier 1971 au Pont du 8 novembre, à Conakry, avec trois autres supposés “conspirateurs”.

English version
Ibrahima Barry, whose nickname was “Barry III,” was a Guinean politician and activist. Born in Bantignel, a small town today in the Pita prefecture of Guinea, Barry III was the son of a canton chief and belonged to an aristocratic Fulbe family. He attended the école normale William Ponty outside of Dakar and obtained a law degree from the Université de Montpellier, where he developed close ties with the Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO). He became tax surveyor and returned to Guinea from France in 1954. He went into politics and was supported by the SFIO in the 27 June 1954 election to replace Yacine Diallo as one of Guinea’s deputies in the French National Assembly. Barry III placed a distant third in the election behind SékouTouré and Barry Diawadou. He managed to win 10 % of the vote in the legislative election of January 1956, though he had been transfered to Dakar from September to November 1955. In the territorial elections of March 1957, his party only got three seats and he was elected in Pita.
In October 1954, Barry III formed the Démocratie Socialiste de Guinée (DSG) with the political activist Jean-Paul Alata. The party developed a more radical stance that the former Guinean socialist party, the Union Franco-Guinéenne led by Yacine Diallo. In fact, the DSG adopted positions that were similar to the more popular Parti Démocratique de Guinée (PDG). In particular, Barry III and the DSG offered critiques of the colonial chieftaincy, claiming that the institution engaged in “bullying, extortion, and pillaging.” Barry III’s anti-chief rhetoric earned him the disfavor of the Futa Jallon chiefs, with the Mamou canton chief AlmamySoryDara Barry claiming that Barry III’s actions “dishonor all of the Futa” in a petition that was signed by the politician’s father. Barry III’s ideological similarities with the PDG earned the politician the nickname of syliyoré, or “little elephant,” as the PDG head Sékou Touré’s nickname was syli. In fact, the DSG and PDG engaged in discussions of a possible merger of the two parties. However, a series of political skirmishes turned riots from 5-10 September 1956, during which several DSG activists were killed by groups of PDG supporters, scuttled the talks. In January 1957, Barry III took part in the foundation of the Mouvement Socialiste Africain (MSA) and became his General Secretary during the Constitutive Congress that took place in Conakry. Following the PDG’s landslide victory in the 1957 elections for Guinea’s territorial assembly, Barry III’s DSG and Barry Diawadou’s Bloc Africain de Guinée (BAG) got closer and eventually combined to form the Union des Populations de Guinée, a Guinean branch of the Parti du Regroupement African (PRA), in April 1958. The Guinean PRA soon staked out a position to the PDG’s left, calling for immediate independence and criticizing what its leaders considered to be the growing authoritarian tendencies of the SékouTouré-led PDG.
Following the PRA’s agreement with the PDG to advocate for a “no” vote in the 1958 referendum on the constitution of the Fifth French Republic, and Guinea’s independence in October 1958, the PRA dissolved and Barry III joined the Guinean government. Barry III served as the Secretary of State at the Presidency (Oct. 1958-April 1959), Head of Economic Affairs (April 1959-March 1960), Minister of Justice (March 1960-January 1961), Minister of Planning (January 1961-February 1964), Minister of Commerce (February 1964-November 1964) and Secretary of Government (1969). In 1964, he was dismissed from his post following the implementation of the Loi-Cadre, which banned all government officials from any ties with private economic concerns. Barry III had previously worked with Compagnie de financement du Commerce Extérieur (COFICOMEX), a Geneva-based commercial firm with business concerns in Guinea.
Shortly after the November 1970 Portuguese-backed attack on Conakry, Barry III was arrested for supposedly participating in the failed attempt to overthrow the Touré regime. He was hanged, without trial, in January 1971 from the “November 8th” bridge in Conakry along with three other “co-conspirators.”

SOURCES : Parisot to Gouverneur Général AOF, 21 June 1954, no. 265/Cab, Archives Nationalesd’OutreMer, 1AFFPOL/2143 ;
Sidiki Kobélé Kéïta, Les élections en Guinée Française (1945-1958), Paris, Anibwe, 2011.
“Renseignements a/s prochaines elections municipales,” no. 2072 C/PS.2 Archives Nationales de Sénégal 17G586 ;
Elizabeth Schmidt, Cold War and Decolonization in Guinea, 1946-1958 (Athens, OH : Ohio University Press, 2007) ;
“Renseignements a/s prochaines elections municipales,” no. 2072 C/PS.2, 9 October 1956, Archives Nationales de Sénégal 17G586 ;
Rapport Mensuel, Ambassade de France en Guinée, February 1965, Archives Nationales de France AG/5(FPU)/2279

John F. Straussberger, Céline Pauthier (trad.)

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