REINERT Charles, Albert (pseudonyme de Résistance : Pierre)

Par Jean Quellien, Jean-Paul Nicolas

Né le 28 décembre 1910 à Belfort (Territoire de Belfort), décédé le 10 octobre 1997 à Pignan (Hérault) ; cheminot à la gare de Caen (Calvados) en 1942 ; résistant du Front National ayant pris part aux deux déraillements d’Airan (Calvados).

Charles Reinert
Charles Reinert

Né de père inconnu, Charles portait le nom de sa mère Hélène Reinert qui fut cantinière, bonne, cuisinière à Belfort.
En 1940, Charles Reinert travaille à la gare de Caen (Calvados) au service voies et bâtiment. En juillet 1941, à la suite de conversations échangées dans un restaurant de la rue Ecuyère où il prend ses repas, il est contacté par la Résistance.
Après une rencontre organisée avec Germaine Piveteau, il adhère bientôt au Front national et prend le pseudonyme de « Pierre ». Il ne tarde pas à entrer en contact avec d’autres responsables du Parti Communiste clandestin tel que Louis Canton ou Henri Messager. Il est d’abord chargé de distribuer des tracts et de recruter dans le milieu des cheminots. Il accepte également d’accueillir à son domicile des dirigeants clandestins de passage.
Le 15 avril 1942, il fait partie du commando de quatre hommes responsable du sabotage meurtrier commis à Airan (Calvados) contre un train de permissionnaires de la Wehrmacht. C’est lui qui, grâce à son métier, a indiqué l’heure du passage du convoi. Un second attentat est réitéré par son groupe quinze jours après au même endroit, causant la mort d’une quarantaine de soldats et des représailles massives à Caen, en Normandie et dans des prisons parfois lointaines de la France occupée. De nombreux otages prisonniers politiques sont fusillés au Mont-Valérien, à Compiègne et jusqu’à Clairvaux (Aube).
Devenu le compagnon de Germaine Piveteau, il s’installe avec elle dans un appartement de la rue Saint-Pierre qui servira désormais de boîte aux lettres. Une ronéo y est installée pour tirer les tracts rédigés par son amie.
Pour échapper à la vague d’arrestations déclenchée fin 1942 contre la Résistance communiste dans le Pays d’Auge et à Caen, Charles Reinert et Germaine Piveteau quittent le Calvados en janvier 1943 pour se réfugier dans le sud de la France, à Aix-en-Provence, où ils resteront jusqu’à la fin de l’Occupation.
Après la Libération, Charles Reinert doit justifier les raisons de force majeure qui l’ont amené à quitter son poste de cheminot en janvier 1942. Il peut ainsi réintégrer la SNCF où il finira sa carrière de cheminot non roulant du réseau des chemins de fer, au grade de maître-ouvrier de signalisation.
De son mariage avec Germaine Piveteau naîtront deux garçons : Max en 1944 et Jean en 1947. Le couple se séparera en 1952.
Après la guerre, Charles Reinert ne milite dans aucune organisation politique. Il garde cependant le contact avec les deux rescapés caennais ayant provoqué le double attentat d’Airan : Joseph Etienne et Emile Julien.
L’équipe des saboteurs de Caen comptait notamment Marius Sire, fusillé au Mont-Valérien. Ce groupe du Front national comprenait une femme particulièrement courageuse, institutrice à Saint-Aubin-sur-Algot : Edmone Robert qui, arrêtée en décembre 1942, périra en déportation.
Des années plus tard, Jean Reinert, le deuxième fils de Germaine Piveteau et Charles Reinert, signera une pièce de théâtre intitulée La geste d’Edmone, traitant de la problématique liée à l’engagement et l’action des partisans durant l’Occupation.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article185116, notice REINERT Charles, Albert (pseudonyme de Résistance : Pierre) par Jean Quellien, Jean-Paul Nicolas, version mise en ligne le 12 septembre 2016, dernière modification le 16 octobre 2019.

Par Jean Quellien, Jean-Paul Nicolas

Charles Reinert
Charles Reinert

SOURCES : Archives de Jean Quellien. — Témoignage de Jean Reinert (Montpellier) fils de Charles Reinert (été 2016) recueilli par Jean-Paul Nicolas. — Jean Quellien Résistance et sabotages en Normandie. Le Maastricht-Cherbourg déraille à Airan ! Charles Corlet Editions (août 2000). — Jean Reinert La geste d’Edmone Editions de théâtre Espaces 34. — Etat-civil.

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