CHENET Marius [Dictionnaire des anarchistes]

Par Jean Maitron complété par Dominique Petit

Né le 15 juin 1838 à Saint-Étienne (Loire). Demeurait à Saint Étienne, Paris puis Douvaine (Haute-Savoie). Indicateur de police.

Marius Chenet habitait Saint-Étienne 7, rue de la Montat jusqu’en 1869, mécanicien, il y servait d’indicateur de police.
Secrétaire-correspondant de la section stéphanoise de l’Internationale fondée en octobre 1869 par A. Richard, il fut remplacé par P. Dupin.
Dans un rapport, Testut qualifia Marius Chenet d’« agent du commissaire central de Saint-Étienne » ; et le passementier Louis Martin, de Lyon, membre de l’Internationale, écrivait en mars 1870 à Varlin, au nom de la Société de prévoyance et de solidarité des ouvriers passementiers de Lyon : « Cessez toute correspondance avec Chenet. Nous avons toutes les preuves en main qu’il est vendu à la police. »
Sous la Commune, il était capitaine des fédérés. Arrêté en 1871, écroué à Versailles, il s’évada le 8 novembre 1871 et se réfugia à Genève où il résida jusqu’à l’amnistie ( un jugement par contumace du conseil de guerre de Versailles en date du 9 mars 1872 l’avait condamné à la peine de mort).
Il s’installa ensuite à Douvaine (Haute-Savoie) vers 1878 et s’y maria.
En 1888, il était inscrit au groupe anarchiste « Bordat » et servait d’indicateur à la police. Il était l’un des principaux actionnaires de l’imprimerie jurassienne de Genève et entra en relation avec tous les groupes anarchistes étrangers.
Il se serait mêlé au mouvement nihiliste.
Il faisait imprimer des brochures et des manifestes qu’il envoyait en France où la police prévenue en opérait la saisie.
Le procureur général de Chambéry le qualifiait de « capable de tout, agent provocateur, dénonçant ses compagnons anarchistes, il offre tous ses services moyennant finances ».
Vers 1890, il aurait été en relations avec les anarchistes de Genève : Steiger, Herzig, Héritier et autres.
Puis il rentra à Douvaine.
En 1892 on le retrouvait à Saint Julien (Haute Savoie) qu’il quitta à la suite d’une rixe vers 1893, pour revenir à Douvaine. Il disparaissait parfois de son domicile pendant deux ou trois mois et on ne lui connaissait aucun moyen d’existence.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article184808, notice CHENET Marius [Dictionnaire des anarchistes] par Jean Maitron complété par Dominique Petit, version mise en ligne le 5 septembre 2016, dernière modification le 23 janvier 2019.

Par Jean Maitron complété par Dominique Petit

SOURCES : Arc. Nat. BB18 6449 — Arch. PPo., Ba/439, pièce 5050

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