BARDOT Louis Victor [Dictionnaire des anarchistes]

Par Rolf Dupuy Dominique Petit

Né le 21 mars 1866 à Palise (Doubs), mécanicien demeurant Grand rue à Besançon. Militant anarchiste de Dijon et Besançon.

Bardot était arrivé à Dijon en mars 1891. Selon la police il recevait de nombreuses brochures socialistes et anarchistes et assistait à toutes réunions tenues par les anarchistes de la localité. Il fut inscrit sur une « liste des anarchistes de Dijon » en 1892 et avait été renvoyé de l’atelier où il travaillait à cause de ses « propos anarchistes ». Il était à cette époque membre du groupe anarchiste Les Résolus où il était plus particulièrement chargé de la correspondance avec les autres groupes anarchistes et diffusait notamment les brochures de S. Faure et le journal La Révolte. Il résidait 18 boulevard Voltaire. Comme de très nombreux compagnons, tant à Paris qu’en banlieue et en province, il avait été arrêté le 22 avril 1892 préventivement à la manifestation du 1er mai avec notamment Monod, Manière, Massoubre et Bell. Lors de la perquisition à son domicile, la police avait saisi un drapeau noir sur lequel était brodé en rouge Groupe des Résolus - Vivre en travaillant, mourir en combattant - A bas les frontières ! ainsi qu’une quinzaine d’exemplaires du journal L’Agitateur.

Bardot était arrivé à Besançon le 24 septembre 1893, venant de Dijon où il était considéré comme l’un des anarchistes les plus militants.
Il se serait occupé de « chimie » à ses moments perdus.
Il quitta furtivement Besançon le 3 novembre 1893, pour se soustraire à une condamnation de 5francs d’amende et un jour de prison, prononcée contre lui par le tribunal de simple police pour avoir crié dans la Grand rue : «  Vive l’anarchie » et avoir ainsi occasionné un scandale.
Arrêté le 1er janvier 1894, une perquisition eut lieu chez lui le 3 janvier dans le cadre d’une inculpation pour association de malfaiteurs. La police saisit une fiole contenant du mercure et une autre de l’acide fluorhydrique, des morceaux d’étain et une cuillère en fer pour faire fondre de l’étain, un moule à fabriquer des pièces de 5 francs en argent et une fausse pièce de 5 francs en aluminium ayant servi pour faire le moule. Un portrait de Bakounine, une brochure de lui intitulée « Dieu et l’état », une lettre du Père Peinard indiquant les moyens pour faire la polygraphie.
Le juge d’instruction n’ayant pu relever des charges suffisantes pour le traduire devant le tribunal, rendit une ordonnance de non lieu.
En 1894 il était en relation épistolaire avec Sébastien Faure lorsque ce dernier était emprisonné à Clairvaux.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article184745, notice BARDOT Louis Victor [Dictionnaire des anarchistes] par Rolf Dupuy Dominique Petit, version mise en ligne le 3 septembre 2016, dernière modification le 3 septembre 2016.

Par Rolf Dupuy Dominique Petit

SOURCES : AD Côte d’Or 20M242. — V. Bouhey « Le mouvement anarchiste à travers les sources policières… », op. cit. — Le Père Peinard, 8 mai 1892, 21 janvier 1894 — Arc. Nat. BB18/6449, F7/12508.

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