REUGE Charles Alfred [Dictionnaire des anarchistes]

Par Dominique Petit

Né le 15 décembre 1872 à Besançon. Graveur en horlogerie demeurant 5 rue de Vignier à Besançon (Doubs). Militant anarchiste à Besançon.

Reuge né de père suisse et de mère française avait tiré au sort en 1893 mais désirant arguer de sa situation de fils d’étranger pour répudier la nationalité française, il ne s’était pas fait incorporer avec les conscrits de sa classe.
Dans les réunions du groupe anarchiste de Besançon, il était un de ceux qui prenaient la parole le plus souvent.
Il était un des correspondants du Père Peinard.
Le 24 avril 1892, lorsque des perquisitions furent faites partout en France chez les anarchistes, on découvrit dans la chambre qu’il occupait en commun avec son frère Reuge Eugène Albert, une grande quantité de documents. Les deux frères furent écroués à la suite de cette perquisition.
Le 1er janvier 1894, la police perquisitionna chez lui, il était alors sous le coup d’une inculpation pour association de malfaiteurs. La perquisition amena la découverte d’une quantité de journaux anarchistes, notamment le Père Peinard, l’Avenir social, la Revue sociale, l’Agitateur, la Révolte, d’un placard ayant pour titre : « Elections municipales du 16 avril 1893, la Père Peinard au populo » ainsi que d’une lettre son ami Termelet.
Ruge déclara aux policiers : « Je tiens à faire connaître que les journaux et les écrits que vous avez saisis chez moi ne m’appartiennent pas, ils sont à mon frère, sauf la lettre dont il s’agit qui a été écrite par moi à Termelet, actuellement soldat d’infanterie à Vitrey. Je tien également à vous dire que je n’ai aucune opinion politique, que depuis l’expulsion de mon frère et de mon père, je suis seul soutien de ma mère, de mes deux sœurs et d’un frère, âgés de 22, 6 et 4 ans qui sont restés avec moi à Besançon, ce qui me donne assez de tracas pour les faire vivre et quand même j’aurais le temps et moins de soucis, je ne m’occuperais pas de politique ».
Mais la lettre adressée à son ami expliquait qu’à la suite de l’expulsion de son père et de son frère : « je tombe seul soutien de famille, alors tu comprends qu’il fallait assurer le bricheton à tous et même envoyer des ronds en Suisse car ce n’est qu’au bout de huit jours qu’ils ont trouvé une boite où je ne sais pas seulement s’ils seront payés... Je ne m’occupe plus de rien pour le moment, je suis tout entier à mon turbin mais lorsque les choses auront un peu changé, je repiquerai au truc ».
Reuge fut arrêté le jour de la perquisition et conduit à la prison de la Butte.
Le 10 janvier 1894, le juge rendait une ordonnance de non lieu et Reuge était libéré à 11h30.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article184730, notice REUGE Charles Alfred [Dictionnaire des anarchistes] par Dominique Petit, version mise en ligne le 2 septembre 2016, dernière modification le 2 décembre 2016.

Par Dominique Petit

SOURCES : Arch. Nat. F7,12508 BB18 6449

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