METGE Pierre, François, Lucien, Alexandre

Par Olivier Dedieu

Né le 1er mars 1891 à Ganges (Hérault) ; instituteur, militant laïque, président de la FOL de l’Hérault.

Fils de Lucien Metge, bonnetier (faiseur de bas âge sur l’acte d’Etat-civil de son fils), Pierre Metge fut élevé dans un milieu laïque et protestant. Instituteur à Riols puis Castries, il fut directeur du cours complémentaire de Capestang depuis 1929. Pierre Metge fut un militant actif de la mouvance laïque dans le département. Membre et conseiller syndical du SNI, il fut aussi membre du groupe des maîtres de cours complémentaire. En 1927, il s’opposa à la position du SNI qui souhaitait interdire la double appartenance. Deux ans plus tard, opposé à la direction départementale du SNI, jugée trop ouverte à l’unité syndicale, il appuya, pour l’élection du conseil départemental, la candidature dissidente d’Antonin Trinquier, secrétaire du syndicat avant l’adhésion à la CGT. Après l’échec de ce dernier, il démissionna du conseil syndical et resta membre du SNI jusqu’en 1931, date de son exclusion pour avoir refusé de suivre le mot d’ordre de grève du syndicat.

Membre actif et cadre des Jeunesses laïques et républicaines, Pierre Metge en devint le président départemental en 1932 et le resta jusqu’en 1938. En 1935, il fut élu vice-président national de l’organisation. À la tête d’un mouvement volontiers anticlérical, Il fut l’un des promoteurs de la fête civique de l’Enfance créée dans l’Hérault puis de l’œuvre des camps de jeunesse et des auberges des Jeunesses laïques et républicaines de l’Hérault. Parallèlement, il fut aussi administrateur et trésorier de l’association départementale des pupilles de l’école publique, adhérent de la libre pensée et membre de plusieurs obédiences maçonniques, notamment la loge Les hommes de bonne volonté à Narbonne et la Auguste Comte de la Grande loge de France à Montpellier. Dans les années 1930, il se définissait comme « pacifiste intégral ». Ses engagements laïques l’amenèrent à jouer un rôle majeur dans la création et le développement de la fédération départementale des œuvres laïques de l’Hérault. Dès la création de la fédération à laquelle les JLR adhérèrent, il en devint vice-président et prit, en 1937, la direction de l’UFOLEP.

Lors de l’avènement du régime de Vichy, des notes de police lui reprochaient une forte proximité idéologique avec le maire de Caspestang, le SFIO Émile Casamia*. Il fut déclaré démissionnaire d’office pour son appartenance à la franc-maçonnerie le 3 octobre 1941 alors qu’il était en poste à Frontignan. En 1943, il fut l’objet d’une perquisition du SRPJ de Montpellier qui le soupçonnait de « menées antinationales ». Retiré à Saint Bauzille de Putois, résistant, il devint, en 1944, président du Comité local de Libération de la commune au titre du FN. Il fut, dès cette période, réintégré dans l’Éducation nationale et nommé directeur d’école à Ganges dès 1944 avant de prendre sa retraite l’année suivante.

À la Libération, il devint président de la fédération départementale des œuvres laïques et l’était encore en 1949. À son décès, en 1953, il en était encore vice-président et président d’honneur. Il fut aussi durant cette période administrateur des pupilles de l’école publique et membre de la commission départementale des foyers ruraux.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article184670, notice METGE Pierre, François, Lucien, Alexandre par Olivier Dedieu, version mise en ligne le 1er septembre 2016, dernière modification le 16 octobre 2016.

Par Olivier Dedieu

SOURCES : Arch. Dép. Hérault, 4 M 857, 1 R 1242 , 2 W 713, 18 W 9, 1000 W 172 — Arch. Fédération des Œuvres laïques de l’Hérault — Hérault enseignant, 1925-1932. — Le cri des jeunes, 1925-1938.

Version imprimable Signaler un complément