Ajusteur-mécanicien né le 7 décembre 1858 à Beaune (Côte-d’Or). Auteur de chanson, gérant de journal anarchiste. Militant anarchiste à Dijon, Bordeaux, Agen, Lyon.

A Dijon, il aurait été plusieurs fois condamné. Il récitait des tirades anarchistes aux clients des cabarets dans lesquels il passait le plus clair de son temps. Ajusteur, il a été chassé de son emploi en raison de ses théories violentes. Il a quitté Dijon pour Beaune le 29 mars 1891, après avoir essayé de provoquer une grève dans une fabrique de Dijon.
Il était inscrit sur une « Liste des anarchistes de Dijon » en 1892.
Pour les élections législatives de 1893, un certain Martenot, ouvrier mécanicien, se joignait aux « Indépendants d’Agen » et publia plusieurs manifestes anarchistes. Il posa sa candidature et recommanda l’abstention, il était candidat « pour la forme » et s’attacha surtout à combattre la candidature de M. Daujon, député de l’arrondissement d’Agen. Il le suivit dans la plupart des réunions, critiqua son programme et exposa ses propres théories anarchistes. Martenot était accompagné par Costes et souvent aussi par Chavinier et Murat.
Il vivait avec une femme qui vendait sur la voie publique des chansons contre M. Dauzon.
Un mois après les élections, Martenot quittait Agen pour Bordeaux.
Le 14 novembre 1893, le bordelais Martenot envoyait une chanson au journal l’Insurgé de Lyon, elle ne sera jamais publiée à cause de sa violence, il s’agissait de La dynamite dont il écrivit paroles et musique.
Il s’installa à Clermont Ferrand en 1894.
Baptiste Martenot fut gérant du Quotidien, organe de revendication ouvrière, dont le rédacteur était Sébastien Faure et qui parut à Lyon du 26 mai 1901 au 15 mars 1902 et eût 294 numéros. Il fut à ce titre condamné à deux ans de prison pour délit de presse. Il se réfugia à Genève d’où il fut expulsé et ne fut arrêté qu’en mai 1903. Il semblerait que sa peine fut ramenée à trois mois de prison comme l’indiquait Les Temps nouveaux du 2 mai 1903.
En juillet 1904, il organisait des cours d’espagnol pour le groupe d’art social de Lyon, au café Bordat.
Compte-tenu de la diversité géographique des lieux de vie, il est possible qu’une homonymie soit envisageable.

OEUVRE : La Dynamite, parole et chanson. Interprétée par Les Quatre Barbus à la fin des années 1960.Une reprise fut faite par le groupe belge René Binamé sur leur album 71.86.21.36

SOURCES : Arch. Dép. Côte-d’Or, 20 M 242. — Arch. Nat. F7/12504 et BB18/6449. — BOUHEY, Vivien. "Le mouvement anarchiste à travers les sources policières de 1880 à 1914". L’exemple de la Côte-d’Or : poursuite d’un débat sur le terrain des sources départementales. — La Justice, Les Temps nouveaux sur Gallica. — Bianco : 100 ans de presse anarchiste.

Dominique Petit

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