ZHAO Shiyan 趙世炎

Par Jacques Manent

Né le 13 avril 1901 à Yuyang, dans le Sud-ouest du Sichuan ; exécuté le 19 juillet 1927 par le G.M.D. L’un des fondateurs de la section française du P.C.C. Dirigeant communiste du Syndicat général de Shanghai en 1927.

Zhao Shiyan
Zhao Shiyan

Après avoir été actif dès 1917 dans les milieux universitaires qui animent le mouvement du 4 mai, Zhao quitte l’institut de langue française de Pékin au printemps 1920 et s’embarque pour la France dans le cadre du programme mi-travail mi-étude (voir Li Shizeng (李石曾)). A Paris, où il séjourne jusqu’en 1922, Zhao fréquente le milieu particulièrement radical des étudiants hunanais et parmi eux Cai Hesen (蔡和森), influence déterminante, qui conduit Zhao Shiyan à devenir très vite l’un des premiers organisateurs du mouvement communiste chinois en France et notamment le rival de Zhang Shenfu (張申府) : en février 1921, il fonde à Paris, avec une poignée de compatriotes, une cellule qui fusionnera l’année suivante avec d’autres groupes pour donner naissance à la section française du P.C.C. (voir Chen Yannian (陳延年)). Il la dirige jusqu’à son départ pour l’U.R.S.S. à la fin de l’année 1922. Au cours d’un séjour de dix-huit mois, il se liera avec Li Dazhao (李大釗), les deux hommes assistant ensemble au Ve congrès du Komintern en juin-juillet 1924.
Son retour en Chine, à la fin de cette même année 1924, marque le début d’une carrière brève mais remarquablement active de cadre et de dirigeant syndical. Secrétaire du comité local du P.C.C. dès son arrivée à Pékin, il reçoit, à partir du printemps 1925, d’importances responsabilités au sein du comité régional de Chine du Nord animé par Li Dazhao : il y est responsable de la propagande et de la coordination du mouvement ouvrier. C’est vers cette époque qu’on rencontre, sous son pseudonyme Shi Ying, la plus grande partie des articles qu’il signera dans Zhengzhi shenghuo (La Vie politique), revue qu’il dirige, ou dans Zhongguo gongren (L’Ouvrier chinois) de Zhang Guotao (張囯燾).
Zhao est envoyé à Shanghai peu après la clôture du IIe congrès du Syndicat général pan-chinois (Canton, mai 1926). Il a pour mission de renforcer l’influence du P.C.C. sur les syndicats ouvriers de la ville. Il se consacre à cette tâche au cours de l’année 1926-1927, en tant que secrétaire de la section communiste du Syndicat général que Liu Hua (劉華) et d’autres ont contribué à mettre sur pied l’année précédente et que le P.C.C. contrôle en grande partie. Zhao Shiyan est ainsi, avec Qu Qiubai (瞿秋白) et Wang Ruofei (王若飛), l’un de ceux qui organisent la manifestation ouvrière du 30 mai 1926 marquant le premier anniversaire des grandes grèves de Shanghai. Quand l’Expédition du Nord arrive devant Shanghai et que le Syndicat général lance le mot d’ordre de grève générale (le 21 mars 1927), Zhao fait partie du quartier général de l’insurrection qui s’empare d’une grande partie de la ville (le 22). La volte-face du Guomindang à partir du 26 mars et après le « coup du 12 avril » contraint ceux des chefs du mouvement qui n’ont pas été massacrés à s’enfuir. Wang Shouhua (alias de He Songling (何松齡)) ayant été exécuté, Zhao Shiyan lui succède à la tête du Syndicat. Traqué à Shanghai par les troupes nationalistes, Zhao ne peut se rendre à Wuhan pour assister au Ve congrès du P.C.C., qui l’élit in absentia au C.C. (avril 1927). Il est arrêté le 2 juillet, quelques jours après Chen Yannian (陳延年), qui dirigeait le comité régional du Parti, et exécuté le 19.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article184598, notice ZHAO Shiyan 趙世炎 par Jacques Manent, version mise en ligne le 6 février 2017, dernière modification le 24 août 2017.

Par Jacques Manent

Zhao Shiyan
Zhao Shiyan

ŒUVRE : Nombreux articles dans Zhengzhi shenghuo (La Vie politique) et Zhongguo gongren (L’Ouvrier chinois).

SOURCES : Outre KC, voir : Brandt (1965). — Chang Kuo-t’ao (Zhang Guotao), I, 1971. — Chesneaux (1962). — Voir aussi le portrait de Zhao Shiyan dans le roman de Jiang Guangci, Duan gudang (Le Parti des sans-culottes), partiellement traduit par J. Pimpaneau in Asie Informations, no. 8, juillet-août-septembre 1966.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément