ZHANG Pinghua 張平化

Par Jean-Luc Domenach

Né en avril 1908 au Hunan, mort en juillet 2001. Dirigeant de la province du Hunan, critiqué pendant la Révolution culturelle, revenu en place en 1972 puis affecté au Guangdong (1975-1977) et à divers postes au Centre.

Zhang Pinghua est de ces cadres provinciaux qui, bien qu’engagés assez tôt dans les rangs communistes, ont atteint la notoriété bien après 1949. Il a été actif, au début des années 1930, dans la zone frontière Hunan- Hubei-Jiangxi puis a effectué dans l’A.P.L. une carrière de commissaire politique, notamment sous les ordres de He Long (賀龍). C’est à Wuhan (alors l’une des plus grandes villes chinoises avec 1,4 millions d’habitants) qu’il reçoit son premier poste civil stable : il y devient dès mai 1949 secrétaire du comité municipal du Parti.
Sa carrière a manqué de s’arrêter très tôt. En effet, au cours de la campagne dite des « trois Antis » (c’est-à-dire contre la corruption, le gaspillage et le bureaucratisme), le pouvoir central déclenche volontairement, à partir de décembre 1951, un certain nombre de scandales afin de raffermir la discipline du Parti. Le comité de Wuhan est compromis dans l’« affaire Song Ying » : au printemps 1952, la presse révèle plusieurs cas de malversation et de corruption impliquant des responsables locaux « couverts » par le comité municipal. Sur les instances répétées du Bureau du Centre-Sud, Zhang, après avoir temporisé, doit faire son autocritique en février 1952. Celle-ci paraît satisfaisante. Aussi Zhang est-il seulement rétrogradé au poste de secrétaire-adjoint du comité municipal.
L’incident ne semble pas avoir gêné sa carrière. En novembre 1954, Zhang Pinghua devient premier secrétaire de Wuhan. Il acquiert aussi une stature de dirigeant provincial en devenant, en octobre 1956, secrétaire du Parti du Hubei. La deuxième session du VIIIe congrès du P.C.C. l’élit (en mai 1958) membre suppléant du C.C. Son attitude favorable au Grand Bond en avant explique sans doute qu’en septembre 1959 il passe au Hunan afin d’y devenir premier secrétaire à la place de Zhou Xiaozhou, l’une des victimes de l’affaire Peng Dehuai (彭德懷) (voir Hua Guofeng (華囯鋒)). Jusqu’en 1966, il est, avec des hommes comme Wang Renzhong (王任重) et Zhao Ziyang (趙紫陽), l’un des collaborateurs de Tao Zhu (陶鑄) au Bureau du Centre-Sud, dont il est secrétaire. Aussi paraît-il un moment profiter de l’ascension soudaine de Tao Zhu à Pékin au début de la Révolution culturelle. En juin 1966, Zhang Pinghua devient membre du Groupe chargé de la Révolution culturelle, chef-adjoint du Département de la propagande (que dirige Tao Zhu) et chef du Groupe de la Révolution culturelle de ce département. Comme tel, il mène l’attaque contre Zhou Yang (周揚). Mais il est bientôt compromis à son tour (août) et rentre au Hunan, où il est éliminé en janvier 1967. Il restera pendant toute la Révolution culturelle l’un des dirigeants provinciaux fréquemment critiqués par la « gauche » (Jiang Qing (江青) l’a traité de « scélérat »).
Sa réapparition en avril 1971 comme secrétaire du comité provincial du Shanxi (elle coïncidait avec celle de Zhao Ziyang), a sans doute servi à contrebalancer, dans une période de transition, le pouvoir des partisans locaux de Lin Biao. La défaite de la faction militaire a en tout cas permis son retour (parallèle à celui de Zhao Ziyang et d’autres anciens subordonnés de Tao Zhu) au Hunan comme secrétaire (avril 1973) puis deuxième secrétaire (août) et commissaire politique du district militaire (octobre), ainsi que son accession à part entière au C.C. (août). Du fait que Hua Guofeng, le premier secrétaire, est occupé à Pékin par ses charges nationales, Zhang est en réalité le numéro un de la province.
Hua en prend-il ombrage ou veut-il étendre son influence vers le sud ? En tout cas, Zhang Pinghua est bientôt transféré au Guangdong où il devient premier vice-président du comité révolutionnaire provincial (janvier 1975) et commissaire politique de la région militaire de Canton (avril 1976). Le soutien qu’il semble avoir accordé, tout au long de l’été 1976, aux préparatifs contre la « Bande des Quatre » lui a valu, en novembre 1977, la direction de l’important Département de la propagande du C.C. Mais Zhang Pinghua passait pour un partisan de Hua et on lui reprocha d’avoir freiné la campagne sur le « critère de vérité » dont Deng Xiaoping se servit en 1978 pour mettre en question l’hégémonie idéologique du maoïsme : il a perdu cette direction en janvier 1979 pour recevoir des postes moins importants, ceux de directeur-adjoint de l’École centrale du Parti (janvier 1979) et de premier vice-ministre de la Commission agricole d’État. Cette éclipse s’est confirmée par la suite. Zhang Pinghua a bientôt perdu ces postes et même, à l’issue du XIIe congrès du P.C.C., sa place au C.C. : il a simplement été élu au poste de membre de la nouvelle Commission des conseillers du C.C. (septembre 1982).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article184590, notice ZHANG Pinghua 張平化 par Jean-Luc Domenach, version mise en ligne le 2 février 2017, dernière modification le 1er février 2017.

Par Jean-Luc Domenach

SOURCES : Outre WWCC, China Directory (1981 et 1983) et RMRB 1971-1981, voir : Current Background, no. 256. — Issues and studies, août 1973.

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