Né en 1901 au Hunan, étudie à Moscou. Un des premiers membres de la Ligue des Jeunesses socialistes, future L.J.C., puis un des premiers communistes. Dirige le mouvement syndical communiste de Shanghai en 1922.

Ancien élève de He Minfan (賀民範) à l’école secondaire Chuanshan de Changsha, Yuan Dashi appartient à la première génération de ceux qui suivent les cours de russe de Yang Mingzhai (楊明齋) à Shanghai, avant d’être envoyés dès le début de 1921 à l’Université communiste des travailleurs de l’Orient, à Moscou (voir Peng Shuzhi (彭述之)). Durant son bref séjour à Shanghai, Yuan Dashi emploie avec Li Qihan (李啓漢) et Chen Weiren tout le temps libre entre les cours à aller interviewer les ouvriers sur leurs conditions de travail et à tenter de les organiser. Les informations recueillies sont publiées dans Laodongjie (Le Monde du Travail), organe du mouvement ouvrier communiste, et diffusées parmi les travailleurs (voir Li Hanjun (李漢俊)). Le zèle déployé par Yuan Dashi est tel qu’il est dès cette époque autorisé à adhérer au P.C.C. (lequel n’aura d’existence officielle que quelques mois plus tard), alors que la plupart de ses camarades doivent d’abord faire leurs preuves en tant que membres de la Ligue des Jeunesses socialistes (future L.J.C., fondée par Chen Duxiu (陳獨秀) et Zhang Tailei (張太雷) en 1920).
A Shanghai, puis à Moscou, Yuan appartient au petit groupe de Hunanais (voir Bu Shiqi (卜世崎)) hostiles à Peng Shuzhi, plus instruit et soupçonné de vouloir devenir le leader des étudiants originaires du Hunan. Peng, quant à lui, les accuse de s’appuyer sur leur droit d’aînesse (quelques mois d’ancienneté de plus dans le mouvement) pour tenter de mettre sur pied une section des jeunes communistes chinois de Moscou, entièrement sous leur contrôle. L’entreprise échoue après l’incident du détournement de rations de pain (voir Bu Shiqi (卜世崎)) et c’est leur adversaire Peng Shuzhi qui devient secrétaire de l’organisation regroupant les membres du P.C.C. et de la Ligue des Jeunesses socialistes résidant à Moscou. Yuan Dashi rentre en Chine dès la fin de la première année scolaire. Comme Liu Shaoqi (劉少奇), rentré lui aussi au bout d’un an, il joue aussitôt un rôle actif dans le mouvement ouvrier. A l’issue du premier Congrès national du travail, réuni à Canton en mai 1922, des sections locales sont organisées et Yuan Dashi est chargé de diriger la section de Shanghai. Comme Liu Shaoqi également, Yuan déplore à cette même époque (1922) l’insuffisance des discussions politiques dans le Parti, qui vient de se laisser imposer par Maring la politique de coopération avec le Guomindang décidée par l’internationale communiste. L’activité et le destin ultérieurs de Yuan Dashi sont mal connus. Il aurait été affecté au comité provincial du Hubei au début de l’année 1928, afin de compenser le départ de Guo Liang (郭亮) et He Chang (賀昌). Petit et fluet, Yuan Dashi n’en était pas moins surnommé Tiehan (l’homme d’airain) dans le Parti.

SOURCES : Cadart/Cheng (1983) et interview de Peng Shuzhi. Voir aussi, outre KC, II, 814 (biographie de Deng Zhongxia) et 982 (biographie de Yang Mingzhai), Chang Kuo-t’ao (Zhang Guotao), I (1971) et Li Weihan in Social Sciences in China, no. 3, 1983. — Ishikawa (2013), p.168.

Lucien Bianco

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