Jeune officier communiste, participe à la Beifa (Expédition du Nord) en Chine centrale, puis à l’insurrection de la Moisson d’automne dans le Hunan. Connu surtout pour son désaccord stratégique avec Mao.

Cadet de la première promotion de l’Académie militaire de Huangpu (Whampoa : voir Blücher), Yu Sadu commande un petit groupe insurrectionnel qui contribue à la capture de Wuchang en octobre 1926. A Wuchang, Yu est adjoint au commandant d’un régiment de la Seconde Armée de front de Zhang Fakui contrôlé par les communistes (le commandant, Lu Deming (盧德明), est lui aussi membre du P.C.C.). Vers la fin de juillet 1927, Lu et Yu reçoivent l’ordre de quitter Wuchang pour aller prêter main-forte aux insurgés de Nanchang (voir He Long (賀龍), Ye Ting (葉挺)). A mi-chemin, ils apprennent l’évacuation de la capitale du Jiangxi par les rebelles. Tandis que Lu repart chercher des instructions auprès de la direction du Parti, Yu Sadu tâche de préserver ce qu’il peut de ses forces dans le nord-ouest du Jiangxi. Pour survivre, il chasse de la ville de Xinshui une bande de hors-la-loi, dont il se fera néanmoins des alliés pendant l’insurrection de la Moisson d’automne — des alliés qui trahiront au moment décisif. Cette trahison (15 septembre 1927) porte le coup de grâce au régiment commandé par Yu Sadu pendant ladite insurrection et il ne peut que reconduire les rescapés vers les montagnes des confins du Hunan et du Jiangxi. C’est là que, le 19 septembre à Wenjiashi, il s’oppose vivement à Mao Tse-tung (毛澤東), partisan de la retraite en direction des Jinggangshan. Conformément à la ligne offensive de la direction du Parti, Yu Sadu ne concède pas que l’insurrection est écrasée et propose une contre-attaque contre Changsha, refusée par Mao, secrétaire du comité de front (Yu est le chef militaire). L’avis de Mao prévaut et, aux dires de ce dernier, Yu Sadu aurait déserté aussitôt (le 13 octobre 1927) et collaboré plus tard avec le G.M.D. à Nankin.

SOURCES : Chang Kuo-t’ao (Zhang Guotao), I (1971), 11 (1972). — Hofheinz in CQ, no. 32, octobre-décembre 1967. — Hsiao Tso-liang in CQ, no. 30, avril-juin 1967 et (1970). — Rue (1966). — Schram (1966). — Snow (1938). — Roux (2009). — Short [1999], (2005).

Lucien Bianco

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