YANG Fuzhen 楊富珍

Par Jean-Luc Domenach

Née en juillet 1932. Ouvrière modèle de Shanghai devenue, à la faveur de la Révolution cultuelle, vice-présidente du comité révolutionnaire et des syndicats de Shanghai ainsi que membre du C.C. du P.C.C. Mise à l’écart en 1979.

Dans sa première partie, la vie de Yang Fuzhen évoque celle d’un autre ouvrier modèle, Ni Zhifu (倪志福). Née en juillet 1932 dans une famine paysanne qu’elle voit périr très jeune, elle travaille quelque temps pour un propriétaire foncier puis arrive à Shanghai à l’âge de quatorze ans. Elle adhère au P.C.C. en 1949 et entre comme ouvrière à l’usine de cotonnades no. 1 de la ville. Elle figure bientôt parmi les « modèles du travail » (voir Yuan Kaili) de l’usine et de la ville. Cela lui vaut d’être déléguée au congrès national des jeunes activistes dans la construction socialiste (avril 1956) et d’être élue député de Shanghai aux deuxième (1959) et troisième (1964) A.N.P. En 1965, elle prend place parmi les membres du comité chinois pour la paix mondiale.
Comme d’autres symboles vivants, c’est à la faveur de la Révolution culturelle que Yang Fuzhen a atteint une véritable notoriété politique. Après avoir activement milité dans les organisations de masse pro-maoïstes (hiver 1966), elle a successivement reçu la direction politique de son usine et du quartier de Putao (1967), une place au comité révolutionnaire de Shanghai (mai 1968) puis sa vice-présidence (mai 1970). Elle a même été élue, en même temps que d’autres modèles du travail (voir Wang Xiuzhen (王秀珍)), membre à part entière du C.C. lors du IXe congrès du P.C.C. (avril 1969).
Aurait-elle déçu ses mentors de Shanghai, ou marqué quelque indiscipline ? En tout cas, à la différence d’autres vrais ou faux ouvriers modèles, son ascension politique s’interrompt rapidement. Yang n’entre pas au secrétariat du comité municipal du P.C.C. et le Xe congrès lia rétrograde au rang de membre suppléant du C.C. (août 1973). Ses supérieurs limitent son rôle au domaine syndical : vice-présidente du comité de Shanghai de la Fédération pan-chinoise des syndicats (avril 1973), Yang en est effectivement le principal responsable car Wang Hongwen (王洪文) et Wang Xiuzhen (王秀珍) sont absorbés par des tâches politiques.
Comme Yang Fuzhen n’était qu’un personnage secondaire dans la constellation maoïste, elle n’a pas été immédiatement atteinte par l’épuration qui a suivi la chute de la « Bande des Quatre » à Shanghai. Elle a été réélue membre suppléant du C.C. par le XIe congrès du P.C.C. et vice-présidente du comité révolutionnaire municipal en décembre 1977. La victoire des « pragmatiques » à la troisième session du XIe C.C : de décembre 1978 semble cependant avoir entraîné sa mise à l’écart au cours de l’année 1979. Elle a perdu sa place au C.C. ainsi que ses fonctions syndicales mais conserverait un siège au comité permanent du comité du P.C.C. de Shanghai (1982).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article184543, notice YANG Fuzhen 楊富珍 par Jean-Luc Domenach, version mise en ligne le 25 janvier 2017, dernière modification le 25 janvier 2017.

Par Jean-Luc Domenach

SOURCES : Outre WWCC et China Directory (1981 et 1983), voir : RMRB, 1971-1981. — Biographical Service, no. 1423.

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