XIA Xi 夏曦

Par Jacques Manent et Yves Chevrier

Né vers 1900 (ou en 1886 suivant une autre source : Nym Wales, op. cit., p. 346) à Yiyang, Hunan ; mort pendant la Longue Marche. L’un des fondateurs du mouvement communiste hunanais, membre du groupe des Vingt-huit Bolcheviks, principal responsable politique de la base du Hunan-Hubei (Xiang’exi) entre 1930 et 1934.

Le nom de Xia Xi est souvent associé à celui de He Long (賀龍), avec lequel il organisa une « base rouge » aux confins occidentaux du Hunan et du Hubei, mais comme l’ombre l’est à la lumière : les historiens maoïstes dépeignent sous un jour peu favorable l’action d’un homme qui eut le grand tort d’appartenir au groupe « anti-Mao » des Vingt-huit Bolcheviks (voir Mif)... Lié depuis 1917 à Mao Tse-tung (毛澤東), son condisciple à la première École normale de Changsha, Xia Xi fait partie du petit groupe d’étudiants radicaux qui fondent, en avril 1918, la Société d’étude des hommes nouveaux (Xinmin xuehui) (voir Mao Tse-tung et Cai Hesen (蔡和森)). L’association fait ses premières armes à l’époque du 4 mai 1919 en mobilisant les étudiants de Changsha. Puis Xia prend part à la mise sur pied du « petit groupe » marxiste de la capitale du Hunan. S’il ne figure pas dans la délégation qui assiste au premier congrès du P.C.C. en juillet 1921, il adhère immédiatement au nouveau Parti. Déjà, en 1920, il avait eu un premier contact avec le prolétariat en animant à Changsha une grève des tireurs de pousse-pousse. A partir de 1924 sa carrière se déroule au sein du G.M.D., où il est entré, comme les autres membres du P.C.C., en vertu du premier Front uni (voir Maring). Les Nationalistes le chargent de réorganiser le syndicat des mineurs d’Anyuan (Jiangxi) puis, dans la même région, celui des ouvriers du chemin de fer Zhuzhou-Pingxiang. Xia Xi fait partie, en janvier 1924, de la délégation hunanaise au premier congrès du G.M.D. à Canton. En mars, il devient représentant officiel du G.M.D. pour le Hunan. Il y coordonne l’action clandestine du parti, en particulier dans les campagnes. Cette action est précieuse en 1926 lorsque l’Expédition du Nord (Beifa) part à la conquête du Hunan. Xia Xi facilite la prise de Changsha par les troupes de Ye Ting (葉挺) en mobilisant les associations paysannes des xian environnants. En avril 1927, cependant, il doit fuir la répression qui s’abat sur le mouvement révolutionnaire au Hunan. Il prend part en juillet au soulèvement de Nanchang (voir He Long (賀龍) et Ye Ting (葉挺)) puis se rend à Moscou, où il assiste au VIe congrès du P.C.C. (qui l’élit au C.C.) et entre à l’Université Sun Yat-sen (voir Mif). Il y devient l’un des protégés de Pavel Mif, sous la houlette duquel se constitue le groupe des Vingt-huit Bolcheviks autour de Wang Ming (王明) et d’autres.
Rentré en Chine en 1930, il prend part à la victoire des « retours de Moscou » sur Li Lisan (李立三) et sur les adversaires de Li Lisan — tels les dirigeants des guérillas rurales. Lorsque la nouvelle équipe, dominée par Wang Ming, Qin Bangxian (秦邦憲), Zhang Wentian (張聞天), Zhou Enlai (周恩來) et Xiang Ying (項英), renforce l’emprise du Centre shanghaïen sur les soviets ruraux en y dépêchant des représentants, Xia Xi est affecté au soviet que He Long (賀龍) vient d’organiser à la frontière occidentale du Hunan et du Hubei (Xiang’exi).
Il y parvient au printemps 1931 et (à la tête du bureau régional du Bureau central pour les régions soviétiques que préside Xiang Ying) y représente le pouvoir politique de concert avec Deng Zhongxia (鄧中夏), puis Guan Xiangying (関向應), commissaires politiques successifs de He Long. Lorsque Deng est mis en cause à la fin de l’année 1931, il échappe à tout blâme. Élu au comité exécutif du congrès des soviets chinois en novembre 1931, il consacre toute son activité jusqu’en 1934 à défendre la base de Xiang’exi contre les forces du G.M.D. Lorsque la position devient intenable, c’est lui, plus que He Long, qui décide d’entreprendre une « Longue Marche » avant la lettre en direction du Sichuan (automne 1932). Le soviet initial est réoccupé au début de l’année 1933, mais six mois plus tard la pression nationaliste impose un nouvel exode, en direction cette fois du Guizhou. C’est là, en octobre 1934, qu’une avant-garde de la Longue Marche (celle des fuyards du Jiangxi), conduite par Xiao Ke et Ren Bishi (任弼時), rejoint les troupes de He Long et de Xia Xi. Celui-ci disparaît à cette époque. Il est remplacé par Ren Bishi auprès de He Long, dont l’armée finira par rejoindre en 1936 celle que Mao Tse-tung conduit au Shenxi en 1935.
Xia Xi avait été critiqué à plusieurs reprises par le Centre. On lui a reproché notamment d’avoir utilisé des méthodes brutales contre ses adversaires (de même, lors de la reprise en main des soviets en 1931, l’incident de Futian (voir Chen Yi (陳毅)) fut reproché à Mao). Plus tard, l’historiographie maoïste l’a rendu responsable des « erreurs gauchistes » qui y auraient ponctué l’histoire du soviet de Xiang’exi, He Long ayant constamment œuvré en faveur de la « ligne juste »...

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article184508, notice XIA Xi 夏曦 par Jacques Manent et Yves Chevrier, version mise en ligne le 24 janvier 2017, dernière modification le 24 janvier 2017.

Par Jacques Manent et Yves Chevrier

SOURCES : Outre KC, voir : Harrison (1972). — Nym Wales (1972).

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