WANG Ruofei 王若飛

Par François Godement

Né dans le Guizhou en 1896 ; disparu dans un accident d’avion en 1946. Un des premiers adhérents du P.C.C. en France, négociateur à f Chungking auprès des autorités nationalistes à la fin de la guerre sino-japonaise.

Issu d’une famille aisée du Guizhou, titulaire de 1917 à 1919 d’une bourse à l’Université Waseda (Japon), Wang Ruofei se joignit au mouvement révolutionnaire lors du 4 mai 1919. Membre pendant trois ans du mouvement mi-étude mi-travail en France, il s’y signala par son activisme, écrivant notamment (en 1922) dans la revue Shaonian (Jeunesse) (voir Zhou Enlai (周恩來)). Après trois ans de formation complémentaire à l’Université d’Orient à Moscou (voir Peng Shuzhi (彭述之)), il revint en Chine en mars 1925, au lendemain du Ve congrès de l’I.C. Secrétaire du P.C.C. pour la région Henan-Shenxi, il accéda rapidement à une fonction plus importante encore : secrétaire principal du C.C., sous la protection du secrétaire général, Chen Duxiu (陳獨秀). Organisateur ouvrier à Shanghai, il devait continuer à mener activités clandestines et soulèvements dans la région en 1926 (de concert avec Zhao Shiyan (趙世炎) et Qu Qiubai (瞿秋白)) et au cours de l’été et de l’automne 1927. Mais en novembre de cette année, Qu Qiubai et le B.P. issu du renversement de Chen Duxiu rendirent un certain nombre de cadres responsables de l’échec des soulèvements des mois précédents : peut-être aussi en raison de ses liens passés avec Chen Duxiu, Wang Ruofei perdit son poste au C.C. Au cours des trois années qui suivirent, Wang fut un des délégués du P.C.C. auprès de l’I.C. à Moscou.
Son retour en Chine en 1931 ne fut guère heureux : au bout de quelques mois, il fut arrêté à Baotou par la police de Yan Xishan, gouverneur du Shanxi, et passa près de six ans en prison. La commutation de sa peine en assignation à résidence à Taiyuan (mai 1937), puis sa libération ont d’ailleurs été l’un des chefs d’accusation contre Liu Shaoqi (劉少奇) durant la Révolution culturelle : chargé du travail politique dans les zones blanches, Liu aurait autorisé les cadres communistes emprisonnés à répudier leurs opinions en échange de leur libération. Bo Yibo (薄一波) et An Ziwen (安子文) ont ainsi été accusés d’avoir trahi et il est probable que Wang Ruofei s’engagea à coopérer avec Yan Xishan afin d’être libéré. Sa captivité fournit pourtant matière à un récit officiel élogieux en 1961. Libéré, il reçut d’importantes fonctions à Yan’an : à nouveau secrétaire principal du C.C., voyageant entre les zones soviétiques, il figure sur la liste du VIIe C.C. de 1945.
Son passé et ses capacités le rendaient précieux pour la période de négociations qui s’ouvrait avec la victoire sur le Japon : Wang Ruofei parlait plusieurs langues étrangères, avait collaboré au premier Front uni (1923-1927) et s’intéressait de près aux problèmes internationaux. Accompagnant Zhou Enlai dans ses visites au gouvernement de Chungking, il devint l’un des principaux négociateurs après le printemps 1944. Une carrière brillante s’ouvrait sans doute à lui quand, revenant de Chungking à Yan’an au début de la guerre civile, son avion (qui transportait également Ye Ting (葉挺), Qin Bangxian (秦邦憲) et Deng Fa (鄧發)) s’écrasa le 8 avril 1946.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article184457, notice WANG Ruofei 王若飛 par François Godement, version mise en ligne le 24 janvier 2017, dernière modification le 24 janvier 2017.

Par François Godement

SOURCES : Outre KC, voir Cadart/Cheng (1983) et Harrison (1972).

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