WANG Renzhong 王任重

Par Jean-Luc Domenach

Né en 1917 au Hebei. Dirigeant du Hubei de 1954 à 1967. Après une brève ascension au Centre en 1966, a été éliminé en 1967. Réhabilité en 1977, il occupe diverses fonctions au Centre avant d’être mis à l’écart en 1981. Demeure néanmoins membre du C.C. et vice-président du comité permanent de l’A.N.P.

Entré au P.C.C. à l’époque du Jiangxi, Wang Renzhong n’a détenu que des postes secondaires jusqu’en 1949. Après la Longue Marche, il a servi sous Li Xiannian (李先念) dans la base du Hubei-Hunan. Dans les années 1940, il a dirigé le bureau administratif du Hubei méridional que contrôlait la guérilla communiste. En mai 1949, il participe à la prise de Wuhan. Il continue à collaborer avec Li Xiannian comme vice-gouverneur du Hubei de 1949 à 1952 et surtout, à partir de février 1952, comme maire adjoint de Wuhan. Cette ville vient alors d’être secouée par un scandale majeur, l’« affaire Song Ying » (voir Zhang Pinghua (張平化)). Wang reprend en mains les organes municipaux. Il devient au début de 1953 maire et secrétaire du P.C.C. de Wuhan puis, après la promotion de Li Xiannian au Centre, premier secrétaire du comité du Parti du Hubei (automne 1954).
Durant les douze années suivantes, Wang va conserver ce poste et gagner la double réputation de féal de Tao Zhu (陶鑄), le « patron » du Centre-sud, et d’homme de caractère. Au VIIIe congrès du P.C.C. il prononce une intervention remarquée sur le renforcement des comités du Parti dans les entreprises industrielles (septembre 1956). L’activité qu’il déploie dans la campagne anti-droitière (1957) et le lancement du Grand Bond en avant (1958) lui vaut d’être élu membre suppléant du C.C. en mai 1958, lors de la deuxième session du VIIIe congrès du P.C.C. Il s’efforce ensuite de limiter les effets de la crise économique dans sa province (1959-1961). Son action est appréciée : il est nommé en 1961 second secrétaire (après Tao Zhu) du Bureau du Centre-Sud du C.C. et, en 1963, commissaire politique de la région militaire de Wuhan (qui comprend les provinces du Hubei et du Henan).
Sa réputation de fidélité à Mao Tse-tung (毛澤東) et, plus encore, ses liens avec Tao Zhu, expliquent apparemment sa brusque ascension au début de la Révolution culturelle. Le 16 juillet 1966, Wang participe à la fameuse nage du Président dans le Yangzi. Peu après, il devient l’un des chefs adjoints du Groupe central de la Révolution culturelle (voir Chen Boda (陳伯達), Jiang Qing (江青)). A l’issue du 11e plénum du VIIIe C.C. (août), il entre, semble-t-il, au B.P. du P.C.C. En septembre, Tao Zhu lui laisse le poste de premier secrétaire du Bureau du Centre-Sud. Mais il suit bientôt son chef dans la disgrâce : éliminé du Groupe central de la Révolution culturelle au début de 1967, Wang Renzhong a été très violemment critiqué par il les Gardes rouges dans l’été 1967.
Réhabilité assez tardivement, Wang a entamé après le retour de Deng Xiaoping (鄧小平) aux affaires une deuxième carrière d’abord brillante puis étrangement ralentie. Nommé en décembre 1977 premier secrétaire du Shenxi — une province où les influences maoïstes étaient entretenues par Chen Yonggui (陳永貴) — il bénéficie d’une surprenante ascension politique à l’issue de la fameuse troisième session du XIe C.C. de décembre 1978 (voir Deng Xiaoping) : non seulement il est coopté au C.C., mais il est bientôt nommé vice-premier ministre chargé des questions agricoles (un domaine dans lequel le nouveau régime vient de prendre de premières mesures libérales, et d’abord le relèvement des prix agricoles : voir Wan Li (萬里)). En février 1980, Wang Renzhong accède au secrétariat du C.C En mars, il prend la direction du Département de la propagande du C.C. Ses activités se déplacent donc du gouvernement vers le Parti, et des questions, agricoles vers les problèmes de politique générale : on peut penser qu’il n’approuvait pas complètement les mesures plus drastiques de libéralisation de la politique rurale que Zhao Ziyang (趙紫陽) voulait appliquer. Mais il ne réussit apparemment pas mieux dans son nouveau domaine : anormalement absent de plusieurs réunions, Wang Renzhong perd à la fin de 1981 la direction du Département de la propagande. Le XIIe congrès du P.C.C. (septembre 1982) le réélira au C.C. mais ne lui offrira pas de nouvelle affectation : à l’évidence, Wang ne figure pas au nombre des collaborateurs de Hu Yaobang (胡燿邦) — ce qui ne signifie pas qu’il ait perdu toute influence. Il recevra seulement, en juin 1983, le poste essentiellement honorifique de vice-président de l’A.N.P. : épilogue temporaire pour une carrière en ligne brisée.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article184456, notice WANG Renzhong 王任重 par Jean-Luc Domenach, version mise en ligne le 24 janvier 2017, dernière modification le 24 janvier 2017.

Par Jean-Luc Domenach

ŒUVRE : Parmi les nombreux articles de circonstance, on pourra consulter ceux que Wang Renzhong a publiés dans RMRB, 15 février, 6 mai, 3 novembre 1958, 9 avril 1959, 1er juillet 1982 ; et dans Hongqi (Le Drapeau rouge), 1958, no. 1 ; 1961, no. 1 ; 1964, no. 16 et 1966, no. 6.

SOURCES : Outre WWCC, voir : Œuvre, China Directory (1981 et 1983), A.F.P. Pékin 11 mars et 11 septembre 1980 et Mingbao (Les Lumières), 21 novembre 1981.

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