WANG Guanghui 王光煇

Par Alain Roux

Syndicaliste du Hunan, l’un des principaux adversaires de la pénétration communiste dans le mouvement ouvrier au cours des années 1920.

Fondateur avec Huang Ai (黃愛) et Pang Renquan (龐人銓) de l’Association des travailleurs du Hunan, Wang Guanghui représente l’Association à Irkoutsk en novembre 1921 lors de la réunion préparatoire au congrès des Travailleurs d’Extrême-Orient. Il est très frappé par la misère de l’Union soviétique. De retour en Chine, il doit fuir à Shanghai la persécution qui frappe les militants de l’Association au lendemain de l’exécution de Huang et Pang. Il s’y rapproche des éléments les plus modérés au sein du mouvement ouvrier shanghaïen. Employé à la firme chinoise de cigarettes Nanyang, il utilise habilement le souvenir des deux « martyrs du Hunan » (Huang et Pang) en s’improvisant responsable d’un « bureau de Shanghai de l’Association des travailleurs du Hunan ». Durant l’été 1922, il rend visite à Sun Yat-sen (孫逸仙) (dans la résidence de la rue Molière où Sun a trouvé refuge après avoir été chassé de Canton par le seigneur de la guerre Chen Jiongming) en compagnie des principaux responsables des associations semi-ouvrières (hostiles au syndicalisme révolutionnaire du P.C.C.).
Conformément à ces orientations, il devient en 1924 l’un des animateurs de la Fédération des groupements ouvriers de Shanghai (voir Li Henglin (李恒林)), ce qui lui vaut d’être dénoncé comme « bandit ouvrier » par le Congrès du travail réuni à Canton le 1er mai 1925. Puis un communiqué du Syndicat général de Shanghai (voir Liu Hua (劉華)) l’accuse nommément d’avoir participé à une opération terroriste contre le siège du syndicat à Zhabei le 22 août 1925. Ce raid motorisé avait abouti à la mise à sac des locaux, au bris du matériel et au matraquage d’une dizaine de militants.
En janvier 1926, la Fédération, une vingtaine d’associations et de syndicats conservateurs, les amicales régionalistes du Hunan et du Hubei, des groupements d’artisans et des délégués du G.M.D. organisent une manifestation en l’honneur des « martyrs Huang et Pang ». Au cours de la réunion (qui se tient au siège du « club patronal » de la firme Nanyang), Wang Guanghui s’en prend aux communistes en accusant le Syndicat, général d’avoir capitulé après le 30 mai 1925 (voir Liu Hua) « alors que Huang et Pang n’avaient pas reculé devant la mort ».
Lors de l’Expédition du Nord (Beifa), Wang semble reprendre les efforts ébauchés par les dirigeants anticommunistes de la Fédération des groupements ouvriers au début de l’année 1925 afin de fonder une Fédération pan-chinoise des syndicats des diverses régions et provinces. En effet, de retour au Hunan, il cherche (avec Shen Xiaocen) à remettre sur pied la vieille Association des travailleurs afin de s’opposer à l’essor du syndicalisme communiste dans la province. Les autorités mises en place par le gouvernement de Wuhan (G.M.D. de gauche — P.C.C.) s’opposent à cette tentative.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article184441, notice WANG Guanghui 王光煇 par Alain Roux, version mise en ligne le 18 janvier 2017, dernière modification le 18 janvier 2017.

Par Alain Roux

SOURCES : Chang Kuo-t’ao (Zhang Guotao), I (1971). — Chesneaux (1962).

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