SU Dianxuan

Par Jean-Luc Domenach

Probablement né en 1897 et mort au début des années 1960 ; cadre modèle du district de Lushan au Henan.

De 1952 à 1961, la presse provinciale et même centrale a présenté ce vieux cadre rural du Henan comme un modèle (voir aussi Chen Yonggui (陳永貴) et Jiao Yulu). Il a compté pour beaucoup dans la réputation avant-gardiste que le comité du P.C.C. de Lushan s’est taillée et a conservée malgré quelques vilaines affaires (voir Wen Xianglan (文香蘭)).
Dès 1950, Su Dianxuan, peut-être déjà membre du Parti, fonde une équipe d’entraide dans le canton (xiang) de Malu. Elle se transforme deux ans plus tard en une coopérative dénommée « bonheur » (Xingfu) qui est bientôt louée pour son système de distribution et ses rendements (22,9 quintaux/hectare de blé, soit deux fois plus que les exploitations familiales du voisinage). En 1954, Su est élu à l’A.N.P. où il prononcera désormais de fréquents rapports sur sa localité et sa province. Ce vieux cadre respecté et autoritaire s’engage en première ligne dans le processus de collectivisation. Durant l’hiver 1955-1956, il organise le mouvement de coopérativisation dans le district voisin de Fugou. Lui-même change le nom de sa coopérative (qui prend celui d’« amitié sino-soviétique ») et l’agrandit à tout le canton de Malu, soit 5 000 foyers (taille que ne dépassèrent pas, ensuite, nombre de communes populaires). Bien qu’il se soit identifié à une politique radicale, il applique jusqu’à un certain point les mesures de libéralisation et de déconcentration qui suivent. Mais, avec 640 foyers et 2 700 habitants, sa coopérative demeure en 1957 l’une des 495 « grandes coopératives » (dashe) du Henan qu’une fraction « droitière » du comité provincial cherche à disperser (voir Pan Fusheng (潘復生)).
Su Dianxuan approuve avec un enthousiasme non feint le retournement antidroitier de l’automne et le Grand Bond en avant : dès le début de juillet 1958, il fonde une commune populaire rapidement fameuse qui deviendra à la fin de l’année une « sous-commune » (fenshe) de l’énorme commune populaire formée par l’ensemble du district de Lushan. Il proclame solennellement la « propriété du peuple tout entier » (et donc la nationalisation de la terre) avant de revenir, sur des directives d’en haut, à des mots d’ordre plus modérés et de ramener sa commune aux dimensions du xiang de Malu (les mêmes, donc, que celles de la coopérative du début de 1956). Malgré ces avatars, il demeure une figure célèbre : il assiste en décembre 1958 au congrès national des unités agricoles d’avant-garde et son exemple sera mis en avant lors de chaque campagne de masse jusqu’à celle qui, dans l’hiver 1961, accompagnera l’application de mesures d’assouplissement radicales.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article184417, notice SU Dianxuan par Jean-Luc Domenach, version mise en ligne le 20 janvier 2017, dernière modification le 11 janvier 2017.

Par Jean-Luc Domenach

SOURCES : Outre Hongqi (Le Drapeau rouge), nos 7-8, 1958. — Jingji yanjiu (Études économiques), n” 9, 1958. — RMRB, 26, 30 décembre 1958 ; 12 mars, 30 août 1959 ; 14 juin 1960 ; 9 décembre 1961. — Xinhua Banyuekan (Bimensuel de Chine nouvelle), n° 5, 1958 ; n° 10, 1960, voir : Nongye shengchan hezuoshe zenyang fenpei shouwu (Comment répartir les récoltes dans les coopératives agricoles) (1954). — Quanmian dayuejin zhong de liangshi gongzuo (Le travail céréalier au milieu du Grand Bond en avant total) (1958). — Zhongguo nongcun shehuizhuyi gaochao (La grande marée du socialisme dans les campagnes chinoises) (1956).

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