SHUI Xiangyun 水祥雲 (H.Y. Shui)

Par Alain Roux

Né en 1906 à Yinxian (Zhejiang). L’un des principaux responsables nationalistes du Syndicat général de Shanghai pendant la Guerre civile (1946-1949).

Shui apparaît dès le 3 mai 1927 comme l’un des syndicalistes occupés à « réorganiser » le Syndicat des employés des postes de Shanghai afin d’en extirper toute influence communiste. Comme Zhu Xuefan (朱學範) et Lu Jingshi (陸京士), autres dirigeants plus célèbres du Syndicat, il est également le « disciple » de Du Yuesheng (voir Zhu Xuefan). Une carrière sans surprise ni éclat de cadre syndical « loyal » à Chiang Kai-shek le conduit a la direction du Syndicat des employés des postes en 1933-1936 et (le 28 avril 1934) au bureau de la Commission Exécutive du Syndicat général de Shanghai, où il dirige le secteur de la propagande. Le 24 février 1935 il est un des fondateurs de l’Association chinoise du travail (voir Zhu Xuefan).
Au commencement de la guerre civile, il ne s’éloigne pas de Chiang Kai-shek comme Zhu Xuefan. Aussi, lors de la fuite à Hong Kong du président de l’Association chinoise du travail (15 novembre 1946), remplace-t-il celui-ci au bureau de contrôle des fonds envoyés à l’Association par les syndicats américains. Shui Xiangyun devient alors, au moins officiellement, le principal responsable du mouvement ouvrier pro-Guomindang à Shanghai : le 6 septembre 1946 il est élu président de la Commission Exécutive (Lishichang) du Syndicat général de Shanghai lors du Ve congrès de ce syndicat qui regroupe (en 1947) 503 syndicats et 547 000 adhérents. En diverses occasions, Shui négocie l’indice du coût de la vie à Shanghai avec la mairie. Il prend part à plusieurs démarches auprès de Nankin, notamment le 13 août 1947, lorsqu’il s’oppose à la reprise des relations commerciales sino-japonaises. L’un des huit délégués de Shanghai au congrès du Syndicat général pan-chinois qui se tient à Nankin en avril 1946, il est élu secrétaire général de cet organisme.
Mais le tour désastreux pris par la guerre civile et la désagrégation du régime nationaliste favorisent les extrémistes proches de la clique du C.C. au sein du mouvement ouvrier. De ces hommes regroupés autour de Lu Jingshi, Shui Xiangyun est loin d’avoir la trempe. Il est, suivant l’attaché consulaire britannique aux questions ouvrières, « un caractère faible et un homme sans grande influence ». Il s’efface donc au profit de Zhou Xuexiang (周学湘) lors du VIe congrès du Syndicat général de Shanghai le août 1948 : il n’est plus que membre permanent de la Commission de contrôle et simple membre du bureau du « Comité des ouvriers de Shanghai pour s’opposer à la rébellion communiste » (gongren fangong kanluan weiyuanhui) désigné le 1er octobre 1948. Il fuit à Taiwan où il est élu le 15 janvier 1950 secrétaire général de la Ligue des travailleurs de la Chine libre.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article184415, notice SHUI Xiangyun 水祥雲 (H.Y. Shui) par Alain Roux, version mise en ligne le 11 janvier 2017, dernière modification le 11 janvier 2017.

Par Alain Roux

SOURCES : Outre A.D. Barnett (1963) et Ma Chaojun (1959), voir : Gedi gonghui diaocha zongbaogao (Rapport central d’enquête sur tous les syndicats chinois), 1934. — North China Daily News, 13 juin 1947, 12 août, 18 octobre 1948. — Shanghai nianjian (Annuaire de Shanghai), 1936, et les documents d’archives suivants : FO 371/69592 et 69693 : rapports de Hunt (Labour News no. 1, 15 mars 1948 ; Labour reports no. 9, 30 avril et 8 mai 1948). — Rapport du Consulat Général des U.S.A. à Shanghai, no. 35, 4 décembre 1945. — Shanghai shi laogong nianjian (Annuaire du travail de Shanghai) (1948), p. 62 et 119 (biographie officielle et photographie).

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