SHEN Maogong 申茂功

Par Jean-Luc Domenach

Ouvrier devenu après la Révolution culturelle président du comité des syndicats du Henan et membre de plein droit (1969) puis suppléant du C.C. (1973). Arrêté en 1979.

Shen Maogong fait partie de l’élite ouvrière qui est parvenue au premier rang à la faveur de la Révolution culturelle. Issu d’un milieu prolétarien, c’était en 1966 un ouvrier qualifié (probablement encore assez jeune) de la filature no. 6 de Zhengzhou. L’année suivante, il prend la tête des groupes d’ouvriers qui bataillent contre les Gardes rouges les plus radicaux du Henan. Il est élu en octobre 1967 président du congrès des ouvriers de Zhengzhou (ces congrès, ou congrès des représentants des ouvriers, semblent avoir assuré, dans certains grands centres industriels, une transition mal connue entre les factions rebelles du début de la Révolution culturelle et les syndicats reconstitués). En janvier 1968, il devient président du congrès provincial des ouvriers et entre au comité permanent du comité révolutionnaire du Henan.
Shen Maogong fait ensuite partie de la fournée des modèles ouvriers que le IXe congrès élit, parfois à titre purement symbolique, au C.C. (avril 1969) (voir Wang Xiuzhen (王秀珍) et Wu Guixian (吳桂顯)). Shen paraît avoir été un symbole éloquent ou prétentieux : dans Hongqi (le Drapeau rouge) de décembre 1969, il vanta ses liens avec les masses, assurant notamment qu’il travaillait encore deux jours par semaine dans son ancien atelier — ce que d’ailleurs contredisent des témoignages ultérieurs.
Par la suite, bien qu’il accède en 1971 au comité permanent du comité provincial du P.C.C. (voir Liu Jianxun (劉建熏)) et participe à des délégations en Albanie et en Roumanie, son ascension paraît s’interrompre. Cela peut s’expliquer par des inimitiés datant de 1967 et des liens compromettants avec Wang Xin, dirigeant provincial éliminé après l’affaire Lin Biao (林彪). Quand en septembre 1973 il reçoit la présidence du comité provincial des syndicats, le Xe congrès du P.C.C. vient de le rétrograder au rang de membre suppléant du C.C. A Zhengzhou, ses ennemis profitent du lancement de la campagne contre Lin Biao et Confucius pour l’attaquer : en mars 1974, d’énormes affiches murales l’accusent de révisionnisme et le somment de « revenir dans son usine pour se corriger ». Il restera au centre de luttes factionnelles mal connues jusqu’à l’automne 1976.
La chute de la Bande des Quatre (voir Jiang Qing (江青)), dont il était proche par plusieurs côtés, n’a pas immédiatement interrompu sa carrière. Peut- être protégé par Ji Dengkui (紀登奎) et Liu Jianxun, Shen Maogong a été réélu en août 1977 membre suppléant du C.C. Mais il a perdu toute influence après l’élimination de ses protecteurs et a été finalement arrêté le 26 septembre 1979.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article184409, notice SHEN Maogong 申茂功 par Jean-Luc Domenach, version mise en ligne le 20 janvier 2017, dernière modification le 10 janvier 2017.

Par Jean-Luc Domenach

SOURCES : RMRB 1971-1979. — Biographical Service, n° 1910. — Zhonggong Yanjiu (Études sur le communisme chinois), avril 1971. — Karnow (1972). — Témoignage de voyageurs qui se trouvaient à Zhengzhou en mars 1974.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément