Né en 1944 à Wuxi, fondateur de l’Alliance pour les droits de l’homme en Chine ; l’un des principaux dirigeants du « mouvement démocratique » (fin 1978-fin 1980).

Ren Wanding est issu d’une famille d’intellectuels : son père, économiste marxiste, est l’un des traducteurs du Capital. Titulaire d’un diplôme d’une école supérieure de métallurgie, Ren Wanding fut affecté à la Compagnie d’installation d’équipements de Pékin. La Révolution culturelle fait de lui un « rebelle révolutionnaire », mais aussi, lorsque le vent tourne, la cible de meetings de critique. Il reste emprisonné de 1968 à 1969 dans « l’étable » (niupeng) de son usine et n’obtient sa réhabilitation complète qu’en novembre 1978.
La Déclaration des droits de l’homme en Chine, qu’il affiche le 5 janvier 1979, lui vaut une célébrité instantanée. A la fin du mois, l’Alliance pour les droits de l’homme en Chine, constituée sur la base de ce manifeste en dix-neuf points, compte plus d’une centaine d’adhérents à Pékin et son influence se fait sentir en province. Ren Wanding, qui peut opportunément se consacrer à plein temps au mouvement démocratique (on lui a promis un poste d’ingénieur qui se fait attendre), participe à la « coordination » des groupes contestataires pékinois. A ce titre il joue un rôle important, aux côtés de Wei Jingsheng (魏京生), dans les diverses initiatives communes prises par le mouvement. L’Alliance pour les droits de l’homme, en revanche, est secouée par des crises internes qui aboutissent finalement à une scission ouverte. A l’heure de la répression, la police ne fait pas de distinction entre les partisans des droits de l’homme : Chen Lu, qui dirigeait la tendance « radicale » de l’Alliance, avait déjà été écroué le 29 mars lorsque Ren Wanding, le « modéré », est arrêté le 4 avril 1979 devant le Mur de la démocratie. Ren a été libéré dans le courant de l’année 1983.

ŒUVRE : « Zhongguo renquan xuanyan » (Déclaration des droits de l’homme en Chine). Voir : C. Widor, Documents sur le mouvement démocratique chinois 1978-1980, Paris- Hong Kong, 1981. Traduction in : V. Sidane, Le Printemps de Pékin, Paris, 1980, pp. 132- 137.

SOURCES : Voir ŒUVRE et interview recueillie à Pékin.

Claude Widor

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