SAMUEL

Esclave noir révolté de la Grande-Anse (aujourd’hui Le Lorrain, Martinique) fin 1833.

En 1848 le vent tournait rapidement de sorte que le 7 décembre La Presse, ironisant, dressait la liste des « Pensionnaires de M. Cavaignac » que la Commission des Récompenses avait classés en 1ère catégorie (500 fr. de pension viagère). Et Samuel y figurait : « Samuel, cuisinier, condamné à mort, en 1834, à la Martinique, pour insurrection, peine commuée à 15 ans de travaux forcés et 5 ans de détention ».
Les 25, 26 et 27 décembre 1833 des échauffourées s’étaient produites à la Grande-Anse et la révolte n’avait cessé qu’après qu’un capitaine Montigny ait promis l’amnistie aux insurgés. Ils n’en furent pas moins jugés et lourdement condamnés le 30 juin 1834. Ils allèrent jusqu’en cour de cassation qui objecta que le capitaine Montigny n’avait pas eu qualité pour promettre une amnistie. Cependant, le pouvoir judiciaire ayant dit le droit, le pouvoir politique consentit une amnistie en date des 28 décembre 1834 et 1er janvier 1835. La peine de mort prononcée contre les nommés Pascal Denis (libre), Samuel, Monlouis, Jean Jolle (esclaves), fut commuée en celle de quinze années de travaux forcés. La peine de mort prononcée contre les nommés Jean-Bart Martine, Barthélemy fils, dit Bavitel, Volny (Céleste), Élisée Arc-en-Ciel, William, Richard, Jean-Baptiste Agricole, Jean-Philippe Cyriaque, Nicolas Robin, Raphael Galliot, Donatin dit Petit-Frère, Léandre Lucette (libres), fut commuée en celle de vingt années de travaux forcés. La peine de travaux forcés à perpétuité prononcée contre les nommés Sainte-Catherine Jérémie, Simon dit Jacob, Dumas, Symphor Labranche, Paul Joachim dit Popole, Salimin dit Laboulique (libres), fut commuée en celle de dix années de travaux forcés. La peine de cinq années de travaux forcés contre les nommés Jérémie (libre), Stanislas dit Tata, Joseph dit Zo (esclaves), fut commuée en cinq années de réclusion. Remise fut faite de la marque ainsi que du carcan (à la réserve de l’exposition), à tous les condamnés contre qui ces peines avaient été prononcées.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article184389, notice SAMUEL, version mise en ligne le 29 août 2016, dernière modification le 17 mai 2018.

SOURCES : La Presse, jeudi 7 décembre 1848, p. 1. — Généalogie et Histoire de la Caraïbe, n° 214, mai 2008, p. 5556. — Jurisprudence générale du Royaume… Dalloz, 1835, pp. 1, 431 et t. 3, Paris, 1846, p. 527.

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