MU Zhiying 穆志英

Par Alain Roux

Responsable syndicale à Shanghai dans les années 1920, anticommuniste et favorable au maintien de bonnes relations avec le patronat.

Mu Zhiying est très liée aux animateurs du mouvement ouvrier shanghaien de l’époque du 4 mai 1919, mal dégagés de la tradition des associations mixtes ouvriers-patrons et des amicales régionales ou des guildes. Ses sympathies vont au G.M.D, dans la mesure où ce dernier est anticommuniste. On la trouve ainsi souvent aux côtés de Chen Guoliang 陳囯梁, de Tong Lizhang, de Wang Guanghui (王光煇), de Shi Guangtao et de Xu Xilin, syndicalistes de droite fort actifs à Shanghai vers 1922-1923 : ainsi lorsqu’elle rend visite en leur compagnie durant l’été 1922 à Sun Yat-sen (孫逸仙) réfugié dans sa maison de la rue Molière à Shanghai ou lorsqu’elle célèbre avec eux, du haut de la même tribune, l’anniversaire du « Double Dix » (la révolution anti-mandchoue du 10 octobre 1911). Son influence est réelle parmi les ouvrières de la soie : lorsque la police a dissout, après une grève qui échoue en août 1922, l’« amicale des ouvrières de la soie » (appelée « Société féminine pour le progrès de la vertu »), Mu Zhiying contribue à sa reconstitution en octobre de la même année et prend la direction de la nouvelle organisation.
Elle parvient à tenir à l’écart du mouvement du 30 mai 1925 (voir Liu Hua (劉華)) les ouvrières de la soie, mais se trouve de plus en plus en difficulté devant la montée du mouvement ouvrier révolutionnaire. En juin 1926 le Syndicat général de Shanghai, animé par des militants communistes, annonce qu’il se prépare à constituer un Syndicat général des filatures de soie. Mu Zhiying, dont l’« amicale » est ainsi menacée, lance un ordre de grève « contre la violence du Syndicat général ». C’est un échec : 25 000 ouvrières déclenchent une contre-grève prouvant la représentativité toute nouvelle parmi les ouvrières de la soie du Syndicat général. Les grévistes exigent la fermeture du « syndicat patronal » de Mu Zhiying... et la police chinoise se voit dans l’obligation de poser les scellés sur les locaux de l’« amicale » et même d’arrêter pour quelque temps Mu Zhiying. Elle est libérée grâce à la caution fournie par la guilde patronale de la soie. Le North China Herald (qui s’affirme dans son bandeau de première page comme « le journal des intérêts britanniques en Chine ») précise (édition du 3-10 juillet 1926) que Mu Zhiying est « une sorte d’assistante sociale employée par les propriétaires des filatures pour y maintenir le bon ordre ». Il n’est pas sans intérêt de constater, dans ces conditions, que, dès l’automne 1926, l’« amicale » de Mu Zhiying, liée à la Fédération des groupements ouvriers de Shanghai (voir Wang Guanghui (王光煇)) est à nouveau très active et garde une certaine influence parmi les ouvrières de la soie.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article184372, notice MU Zhiying 穆志英 par Alain Roux, version mise en ligne le 14 décembre 2016, dernière modification le 10 octobre 2018.

Par Alain Roux

SOURCES : Chesneaux (1962). — North China Herald : 3-10 juillet 1926.

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