Né le 26 décembre 1893 à Shaoshan (Hunan), mort à Pékin le 9 septembre 1976. Chef du P.C.C. depuis 1935, fondateur et principal dirigeant de la R.P.C. A mis au point à partir de 1927 la stratégie paysanne et militaire qui a contribué de façon décisive à la victoire de la révolution chinoise.

Le plus illustre révolutionnaire de notre temps s’est imposé et a trouvé sa voie assez tard. En Chine même, plusieurs de ses cadets sont parvenus avant lui au sommet du Parti communiste. Mao est devenu marxiste à l’âge de vingt-sept ans, s’est engagé dans l’expérience décisive de sa carrière et de la révolution chinoise à l’âge de trente-quatre ans et s’est assuré la direction du Parti communiste passé la quarantaine. Son origine paysanne explique en partie la lenteur de ce cheminement. Shaoshan, le village natal de Mao Tse-tung, ressemble à beaucoup d’autres au sein de l’immense rizière qui recouvre la plaine fertile située à l’est de la province du Hunan. Aîné de deux frères et d’une sœur destinés, de même que sa première femme, à donner leur vie à la révolution, le jeune Mao Tse-tung aimait sa mère, une paysanne illettrée, superstitieuse et douce, et détestait son père, un cultivateur et marchand de céréales âpre au gain et autoritaire. Possesseur de plus d’un hectare de bonne terre à riz, patron de plusieurs ouvriers agricoles et de surcroît commerçant, le père de Mao eût à coup sûr mérité d’être classé parmi les paysans riches par le futur auteur de « Comment déterminer l’appartenance de classe à la campagne » (article écrit par Mao en 1933). Mais en ces dernières années de l’Empire, c’était encore trop peu pour assurer à ses fils une éducation solide et surtout moderne. A treize ans, Mao dut abandonner l’école primaire, où il avait reçu cinq années durant un enseignement on ne peut plus traditionnel, pour le travail agricole et la tenue des comptes de son père. Après maints éclats, il se rebella et s’en fut, à seize ans, suivre les cours d’une école primaire supérieure du voisinage, où l’on n’enseignait pas seulement les Classiques. Il y fut en butte aux sarcasmes des autres élèves, plus jeunes et d’allure moins rustique, mais son horizon s’y élargit. En 1911, il gagna la capitale provinciale, Changsha, où la révolution le surprit quelques mois plus tard. Il l’accueillit avec enthousiasme et la servit même quelques mois comme soldat. A partir du printemps 1912, Mao tâta de diverses écoles, se fit seul un programme de lectures dans la bibliothèque de Changsha (comme Lénine au British Muséum ou à la Bibliothèque nationale, mais de nombreuses années d’étude avaient précédé la studieuse et militante émigration de l’« autodidacte » bolchevik) et il finit par entrer, à près de vingt ans, en 1913, dans une école normale de la ville. Il en sortit cinq ans plus tard : diplômé d’une école normale primaire dans sa vingt-cinquième année, Mao n’avait pas encore surmonté le handicap de son origine paysanne. Du moins cette école, l’une des plus renommées du Hunan, était-elle assez ouverte à la vie intellectuelle du pays pour que Mao ait pu y être exposé à l’influence de Xin Qingnian (« La Nouvelle Jeunesse »), où il publia même un article en 1917. Nationaliste gagné aux idées nouvelles (voir Chen Duxiu (陳獨秀)), il fonda avec une poignée de futurs dirigeants du mouvement communiste et quelques autres une Société d’étude des hommes nouveaux qui voulait « rendre la Chine forte en fortifiant sa jeunesse ». A l’automne 1918, nouvelle étape : le Hunanais découvrit la capitale et y obtint de Li Dazhao (李大釗) un emploi à la bibliothèque de l’Université de Pékin. L’influence de Li, puis celle de Chen Duxiu avec qui il eut des conversations décisives à Shanghai en 1920, gagnèrent Mao au marxisme. Dès l’automne de cette même année, revenu dans sa province natale où il dirigea une école primaire et épousa la fille d’un de ses anciens professeurs, Mao participa à la fondation du groupe (xiaozu) communiste de Changsha (voir He Minfan (賀民範)). En juillet 1921, il fut l’un des deux représentants du Hunan et l’un des treize délégués du pays entier au congrès de fondation du P.C.C.
Sans abandonner son poste d’enseignant, Mao milita dans sa province natale jusqu’en 1923 en soutenant les politiciens réformistes contre le seigneur de la guerre local et en participant au mouvement ouvrier de Changsha. A l’échelle nationale, Mao semble avoir été l’un des communistes les plus enclins à collaborer avec les « révolutionnaires bourgeois » du G.M.D. Bien qu’il ait partagé ou détenu certaines responsabilités importantes à l’intérieur du G.M.D. et qu’il fût un temps membre du C.C. de son propre parti (après le IIIe congrès du P.C.C., réuni en juin 1923), Mao n’était pas encore un dirigeant de premier plan. Il fallut les Soviets du Jiangxi pour l’imposer, mais déjà il avait trouvé sa voie : directeur en 1926 à Canton de l’institut des cadres du mouvement paysan, Mao y apprécia l’activité pionnière de Peng Pai (澎湃) à Hailufeng et quelques mois plus tard sa conviction se renforça dans sa province natale que la révolution chinoise serait paysanne ou ne serait pas.
C’est ce qu’il exposa avec passion dans la célèbre Enquête sur le mouvement paysan dans le Hunan, publiée en mars 1927. Ne s’embarrassant pas de considérations théoriques, Mao y exaltait le potentiel révolutionnaire de la paysannerie déchaînée. Y justifiant la violence dans un passage fameux (« la révolution n’est ni un dîner de gala ni une œuvre littéraire... »), Mao concluait qu’un révolutionnaire ne devait ni critiquer ni combattre les « fureurs paysannes », mais les soutenir et les diriger. Jusqu’à la victoire finale, il s’en est tenu à cette attitude et non content de diriger d’épisodiques fureurs, il s’est employé à les susciter lorsque les masses rurales s’abandonnèrent au désespoir ou à la résignation. C’est ce qu’il fit à plusieurs reprises entre 1927 et 1934 dans le Jiangxi ; mais lors même que l’impérialisme japonais eut conféré au mouvement révolutionnaire chinois une dimension et des perspectives nouvelles, la mobilisation et l’encadrement des villageois par des milliers et des milliers de cadres communistes disséminés dans les campagnes demeurèrent la marque distinctive d’une révolution qui s’identifia de plus en plus nettement à la direction de Mao. En dépit des événements dramatiques survenus entre 1927 et 1949, en dépit — ou à cause — du contraste entre les fuyards hagards que Mao entraînait en octobre 1927 à l’assaut de sommets (les célèbres Jinggangshan) que personne ne songeait à lui disputer et l’assurance majestueuse des défilés conduits par l’Armée rouge en octobre 1949 dans la plupart des grandes villes du pays, on peut donc regrouper ces vingt-deux années en une seule étape de la carrière révolutionnaire de Mao : celle de la maturité féconde (de trente-quatre à cinquante-six ans). Féconde grâce à l’ensemencement de la conscience révolutionnaire dans la « bonne terre » paysanne, mais grâce aussi à d’autres germes conçus très tôt par la stratégie maoïste et qui n’ont cessé de fructifier jusqu’à la guerre civile victorieuse : l’Armée rouge d’une part, autrement dit le caractère militaire de cette révolution prolongée ; les « bases révolutionnaires » d’autre part, c’est-à-dire l’enracinement local dans des zones dissidentes que l’on administre, contrôle et mobilise. Dès 1928, Mao maintenait que cette stratégie était adaptée à un pays « semi-colonial » arriéré (« Pourquoi le pouvoir rouge peut-il exister en Chine ? »).
Mao Tse-tung et la révolution chinoise ne se sont néanmoins confondus de façon officielle qu’à partir de la Longue Marche. Avant 1935, Mao était un minoritaire au sein du Parti, d’abord dédaigné, puis contenu, sinon combattu et peut-être même un instant détenu (à Yutu, au cœur de cette « République Soviétique » dont il était le vrai père et demeurait le Président en titre) au cours de l’été critique qui précéda le départ de la Longue Marche. La direction du P.C.C demeura longtemps à Shanghai, distribuant remontrances autant qu’éloges à un Mao dont les responsabilités se situaient à l’échelle provinciale et lui intimant à l’occasion l’ordre de conduire ses armées paysannes à l’assaut des capitales provinciales du voisinage. L’échec désastreux de la première insurrection paysanne que Mao ait dirigée (le « soulèvement de la Moisson d’automne », déclenché et écrasé au cours du seul mois de septembre 1927 dans sa province natale du Hunan, Mao lui-même échappant de peu à l’exécution) lui avait jadis valu blâme officiel et rétrogradation au sein du Parti. Mais une fois que s’affirma le succès de son installation dans la province voisine du Jiangxi, amère fut la récompense : car « son » territoire offrit un refuge aux dirigeants du parti pourchassés à Shanghai, comme aux jeunes formés en U.R.S.S. et impatients d’appliquer leur science neuve, avec la bénédiction de Staline. Les uns et les autres (un Zhou Enlai (周恩來) pour les premiers, un Bo Gu pour les seconds) entamèrent, voire ébranlèrent entre 1932 et 1934 l’influence et l’autorité de Mao à l’intérieur de la zone soviétique qu’il avait créée (voir Luo Ming (羅明) et Otto Braun).
A partir de la Longue Marche au contraire et plus précisément de la conférence de Zunyi, tenue lors d’une pause dans le sud-ouest du pays en janvier 1935, Mao s’imposa comme chef de moins en moins contesté du parti tout entier. Il lui arriva encore de combattre des rivaux comme Zhang Guotao (張囯燾)ou Wang Ming, mais désormais c’était plutôt à lui de profiter des exploits et sacrifices de ses camarades (et aussi des idées de son secrétaire personnel, l’historien Chen Boda (陳伯達)). Non que l’action propre de Mao n’ait pas contribué au premier chef aux succès fantastiques de la période : témoin la « ligne de masse », concept maoïste par excellence appliqué avec succès pendant le « mouvement de rectification » (zhengfeng) des années 1942-1944. Mais cette action s’exprimait désormais de plus en plus dans des rapports, des directives, des discours, des livres même, rédigés dans le calme de l’arrière, à Yan’an. Un « arrière » Spartiate et précaire, qu’il fallut même évacuer en hâte au printemps 1947, pendant la guerre civile. Néanmoins le chef reconnu et prestigieux d’un mouvement en rapide expansion y avait l’esprit plus libre qu’auparavant pour définir la stratégie politique et militaire adaptée à chaque phase de la lutte contre l’ennemi impérialiste ou l’adversaire intérieur, pour mûrir même des essais théoriques (De la pratique, De la contradiction) et préparer déjà l’étape suivante en cherchant à rallier l’énorme majorité de la population chinoise à un programme de « Démocratie nouvelle » . Les années de Yan’an ont sans doute été les plus prolifiques dans la carrière de Mao écrivain. On peut (c’est notre cas) estimer qu’aucun des écrits les plus fameux de l’époque ne justifie le renom du théoricien marxiste et le cas fait sous diverses latitudes de la « pensée-mao-tse-tung », mais plusieurs d’entre eux confirment la perspicacité de l’analyste politique et l’astuce du chef révolutionnaire.
Dès l’époque de Yan’an, Mao est entré dans la légende. Hors de Chine, les descriptions et récits des Américains admis à le rencontrer (Edgar Snow, Agnes Smedley, Robert Payne, etc.) contribuèrent à imposer l’idée d’une personnalité aussi énigmatique qu’exceptionnelle : calme et énergie du chef à la hauteur de sa tâche de géant, simplicité d’allure et de goûts du paysan hunanais, délicatesse et sensibilité de l’artiste, etc. Après 1949, le portrait s’est fait encore plus favorable, encore plus éloigné de l’être de chair et d’os qui lui sert de prétexte. Les rares témoignages personnels dissimulés sous la masse des représentations officielles du souverain (du sage couronné) ne réussissent qu’exceptionnellement à saisir Mao dans l’instant, indépendamment de ce qu’il a accompli : c’est un Lénine qui aurait survécu. De ce point de vue, après les vingt-deux années de maturité féconde, la période postérieure à 1949, ce serait en première approximation celle de la vieillesse triomphale.
Si cependant on s’aventure à essayer de découvrir, derrière l’écran de la figure publique, l’empreinte personnelle du Mao vivant sur le régime qu’il a fondé, on est aussitôt frappé par ce qu’a de trompeur et même d’irréel la sérénité a-historique de cette image : le déroulement majestueux d’une vieillesse triomphale. Les vingt-sept dernières années de l’existence de Mao ont, comme on pouvait s’y attendre, connu leur lot de conflits, de retournements, de tragédies. Mao lui-même n’est pas resté au-dessus de la mêlée, il a pris parti, il a changé à plusieurs reprises de tactique ou de politique, il n’est demeuré à l’abri ni des coups (fourrés de respect, certes), ni des échecs. Il semble avoir tant bien que mal réussi à imposer l’essentiel de ses vues pendant les neuf premières années du régime, jusqu’au lancement du Grand Bond en avant, dont il porte la responsabilité. Même pendant cette première période (surtout à partir du VIIIe congrès du P.C.C., réuni en 1956), Mao Tse-tung n’a sans doute pas suivi de manière quotidienne le détail des affaires, dont la gestion était laissée à des hommes comme Liu Shaoqi (劉少奇), second personnage du régime, Deng Xiaoping (鄧小平), secrétaire général du C.C., ou Zhou Enlai, chef du gouvernement. Mao a dû se contenter de définir les grandes orientations, de secouer de temps à autre la bureaucratie du Parti (comme par exemple lorsqu’il imposa, en juillet 1955, une accélération de la collectivisation agraire ou relança, dix-neuf mois plus tard, une campagne des Cent Fleurs languissante) et d’intervenir de façon plus suivie dans le « domaine réservé » de la politique extérieure. Dès la fin de l’année 1949, il était allé négocier avec Staline à Moscou et il est retourné dans la capitale soviétique à l’automne 1957 pour y affirmer que le vent d’Est l’emportait désormais sur le vent d’Ouest et recommander une stratégie planétaire plus militante que la coexistence pacifique khrouchtchévienne.
Soudain, à la fin de l’année 1958, peu après qu’on se fut aperçu que le Grand Bond ne donnait pas les résultats escomptés, Mao annonça son intention d’abandonner la présidence de la République populaire. En juillet 1959, trois mois après que Liu Shaoqi eut effectivement remplacé Mao à la direction de l’État, la politique maoïste fit l’objet d’une critique en règle, conduite par l’un des premiers compagnons de lutte de Mao, Peng Dehuai (彭德懷), le prestigieux ministre de la Défense. Bien que Peng eût été aussitôt écarté du pouvoir et ne l’ait jamais recouvré, l’autorité de Mao a connu une sérieuse éclipse entre 1959 et 1962. Des publicistes s’en prirent même à mots couverts à son personnage ; il est douteux qu’ils aient pu le faire sans de très hauts appuis (voir Wu Han (吳晗)). A partir du 10e plénum du VIIIe C.C., réuni en septembre 1962, Mao Tse-tung amorça une reconquête du Parti. Mais celle-ci rencontra — sauf dans l’armée, que le successeur de Peng Dehuai, Lin Biao (林彪), autre vétéran chevronné, transforma en un corps « maoïste » — de sérieux obstacles et c’est l’échec de moyens moins coûteux qui a pu décider Mao à déclencher la Révolution culturelle. Dès 1966, celle-ci élimina des personnages aussi considérables que le président de la République Liu Shaoqi et le secrétaire général Deng Xiaoping qui avaient joué un rôle de premier plan au cours de la décennie précédente et mené une politique de gestionnaires pragmatiques de plus en plus mal tolérée par Mao. La Révolution culturelle rétablit avec éclat Mao au premier rang, applaudit la vigueur du septuagénaire qui franchit le Yangzi à la nage, encensa l’idole exposée à des millions de
Gardes rouges venus tout exprès à Pékin, psalmodia la vulgate maoïste diffusée par les trois cent cinquante millions d’exemplaires du Petit Livre Rouge. Les proches du Président Mao ont joué un rôle décisif dans le déclenchement et la direction ou du moins l’orchestration de la Révolution culturelle : son épouse Jiang Qing (江青), un publiciste au service de cette dernière, Yao Wenyuan (姚文元), et le Yao Wenyuan de Mao, Chen Boda. Ce dernier accéda même au comité permanent du B.P. et devint le numéro quatre dans la hiérarchie du régime. Au-dessus de lui, le premier artisan du retour de Mao, le ministre de la Défense Lin Biao, devint le dauphin officiel, aux termes de la Constitution adoptée en avril 1969 par le IXe congrès du parti.
Après l’élimination successive de Chen Boda (dès 1970) et de Lin Biao (en 1971), l’application sous l’égide de Zhou Enlai, puis de Deng Xiaoping revenu au pouvoir d’une politique pour le moins infidèle aux idéaux de la Révolution culturelle incita, dans les dernières années de la vie de Mao, à poser la question du rôle qu’il continuait d’exercer. Acceptait-il de se renier en donnant son aval à une ligne proche de celle qui prévalait dix ans plus tôt et à laquelle il avait mis un terme en déclenchant la Révolution culturelle ? Ou combattait-il en sous-main Zhou, puis Deng, en soutenant les campagnes menées contre eux par Jiang Qing et ses associés du « groupe de Shanghai » ? La mise à l’écart, au lendemain de la mort du premier ministre Zhou en janvier 1976, de son héritier naturel, le premier vice-premier ministre Deng, fournit une première réponse (Deng n’aurait pu être écarté sans le consentement de Mao), confirmée trois mois plus tard par l’élimination officielle de Deng Xiaoping, rendu responsable des « incidents contre-révolutionnaires » de la Place Tian’anmen (Pékin, 5 avril 1976). Ces incidents (une manifestation qui tourna à l’émeute) constituaient un désaveu sans précédent du vieux lion : la Révolution culturelle n’avait pas été complètement inutile après tout, les masses y avaient appris à bousculer le jeu politique des bureaucrates, mais elles dirigeaient leur coup d’essai contre le super-bureaucrate (qu’elles comparaient au despote Qinshi Huangdi), Mao Tse-tung lui-même. Six mois plus tard, elles manifestaient à nouveau... à l’appel des bureaucrates, qu’elles soutenaient pour la première fois de bon cœur. Ne venaient-ils pas d’éliminer Jiang Qing et ses partisans à la faveur d’un coup d’État, que chacun tenait pour l’heureux corollaire d’une heureuse délivrance : la disparition de Mao, survenue quelques semaines plus tôt (9 septembre 1976) voir Hua Guofeng (華囯鋒)) ? La survie d’un octogénaire entêté en était venue à bloquer l’adaptation trop longtemps retardée du régime issu de la révolution. Débarrassé du Père fondateur, celui-ci a évolué depuis 1976 dans un sens diamétralement opposé au cap que Mao Tse-tung s’acharnait à maintenir. Et c’est le revenant Deng Xiaoping qui préside à cette démaoïsation, devenue pratiquement officielle depuis qu’une résolution du C.C. a solennellement déploré, en juin 1981, les funestes erreurs d’un grand révolutionnaire dévoyé...
Cette chronique au ras du sol de la fortune politique de Mao dans le régime qu’il a fondé soulève trop de questions pour qu’on puisse non pas même les épuiser, mais seulement les poser ici. Contentons-nous de deux questions : qu’a-t-il voulu faire et pourquoi ? Laissons de côté les premières années, durant lesquelles Mao Tse-tung paraît avoir soit gouverné en accord avec ses vieux compagnons, soit ne pas les avoir empêchés de gouverner en prétendant leur imposer ses vues : les succès de cette période initiale semblent ceux d’une équipe soudée, qui suivait une voie peu originale. L’originalité (et les échecs) sont venus ensuite, ils donnent leur unité aux deux dernières décennies (1956-1976) de la vie de Mao, dominées par ce qu’on a appelé tantôt la « voie chinoise », tantôt le « maoïsme ». Que cette voie ait été une impasse et que les politiques « radicales » aussi vainement qu’obstinément imposées par Mao aient été impraticables ou utopiques ne les empêchaient pas de s’attaquer — ou de paraître s’attaquer à des fléaux très réels, tels que le pouvoir sans contrôle de la bureaucratie et l’émergence d’une caste ou d’une classe privilégiée. La vogue de la « pensée-mao-tse-tung » hors de Chine et l’aura d’universalisme dont elle a très tôt bénéficié devaient beaucoup au fait que les maux dénoncés (plus que combattus) par Mao n’étaient pas propres à la Chine : la même année (1957) a vu la parution de La Nouvelle Classe de Djilas et le déclenchement de la première grande offensive de Mao en vue de « corriger » la bureaucratie communiste. La critique de la bureaucratie n’était pas neuve (anarchistes, libéraux, trotskystes l’avaient précédée, souvent avec plus de cohérence), mais il était émouvant (et, pour les jobards, de bon augure) de la voir reprise ou redécouverte par celui-là même qui trônait au sommet de la hiérarchie bureaucratique.
La position occupée par Mao eût dû, au contraire, inciter au scepticisme. De fait, sa solidarité avec le régime qu’il soumettait à une critique impitoyable (mais partielle) l’a incité à interrompre brutalement les campagnes qu’il avait lui-même déclenchées, chaque fois qu’elles se révélaient, comme c’était d’emblée prévisible, dangereuses pour l’ordre établi, autrement dit pour la perpétuation du système auquel il présidait tout en l’accablant (et le minant) de ses sarcasmes. Responsable du régime né de ses œuvres, Mao Tse-tung a éludé les servitudes du gestionnaire, solidaire des imperfections et des iniquités afin de transformer et de construire. Plus conscient que la plupart de ses collaborateurs des contradictions et des vices du système communiste, il n’a pas pour autant sérieusement entrepris de le réformer : mesurés à l’aune des maux qu’il dénonçait et des condamnations qu’il proférait, les remèdes qu’il préconisait étaient tantôt dérisoires (comme lorsqu’il prétendait contrôler les bureaucrates en leur inculquant une morale qu’ils s’empressaient d’afficher, à défaut de la pratiquer), tantôt périphériques (comme lorsqu’il pourchassait les inégalités symboliques en laissant subsister l’essentiel des inégalités matérielles). Ni gestionnaire, ni réformiste conséquent, Mao a par moment donné l’illusion d’emprunter la troisième voie théoriquement possible (celle qu’on attendait le moins d’un chef d’État en exercice) : la révolution. Il ne s’agissait, bien sûr, que d’une tentation, puisqu’il n’était, on l’a vu, pas question pour lui d’assumer les risques qu’il prenait.
Cette tentation, c’est celle de la révolution permanente, mais une révolution permanente défensive et inquiète, alors que celle qu’avait conçue Trotsky était offensive et conquérante. Aux yeux de Trotsky, la faiblesse objective de la bourgeoisie dans les pays comme la Russie tsariste où le capitalisme était encore peu développé devait permettre aux représentants auto désignés du prolétariat d’avancer sans solution de continuité d’une étape historique (celle de la révolution démocratique-bourgeoise) à la suivante (celle de la révolution socialiste). Pour Mao, les faiblesses subjectives dans « nos » rangs (nos camarades sont faillibles) menacent sans cesse un acquis fragile : une révolution déjà établie mais constamment guettée par la dégénérescence, porte ouverte à la restauration du capitalisme. D’où la nécessité de nouvelles révolutions destinées à revigorer une révolution en train de perdre son âme (c’est ce que prétendait faire la Révolution culturelle, que devaient suivre beaucoup d’autres). Comme des cures de rajeunissement aussi drastiques risquent d’être fatales à l’organisme et que Mao jugeait en fin de compte encore plus impérieux de perpétuer un régime qui avait failli que de lui ré-insuffler un esprit révolutionnaire, il n’a pas laissé se développer jusqu’à leur terme les remises en question qu’il avait lui-même suscitées. Résultat : un beau gâchis (luttes sanglantes, quasi-anarchie et répression, suivie d’un retour à la case-départ). Les problèmes demeurent, les habitudes, les abus et les privilèges de la bureaucratie se perpétuent (seule vraie nouveauté : la soif de vengeance des cadres communistes réhabilités, après avoir été maltraités).
Avec l’âge, le révolutionnaire s’est mué en rebelle, mais un rebelle qui ne renonçait pas aux prérogatives du pouvoir. Le rebelle rêvait de nouvelles prises de pouvoir qui résoudraient, comme par miracle, les difficultés de la gestion du pouvoir ; et le détenteur d’un pouvoir demeuré considérable (en dépit d’une autorité amoindrie par ses bévues répétées : Cent Fleurs, Grand Bond, etc.) manipulait dans la meilleure tradition des gestionnaires qu’il abhorrait, par exemple en exploitant contre eux la frustration de jeunes expédiés au fin fond des campagnes en application de ses propres directives. Précisément l’excès de pouvoir (... ce pouvoir absolu qui corrompt absolument) a précipité la dégradation d’une personnalité qui n’avait jamais été celle d’un saint, ni même, contrairement à la légende, d’un sage, mais d’un lutteur avisé. L’admirable persévérance des années 1930 est devenue entêtement, l’audace témérité, la fierté présomption.
La présomption n’excluait pas le doute sur soi, comme l’a confirmé la réaction excessive de Mao Tse-tung aux critiques de Peng Dehuai. Mao s’est à la fois disculpé et accablé, chargeant autrui et se dénigrant soi- même. Et surtout il n’a jamais pardonné à Peng (mort faute de soins comme Liu Shaoqi) son crime de lèse-majesté et encore moins d’avoir eu raison contre lui. Lushan (le plénum du C.C. à la veille duquel Peng émit ses respectueuses remontrances en juillet 1959) a marqué un tournant dans le style politique de Mao et les relations entre oligarques. C’est à partir de ce moment-là que les « règles du jeu » qui avaient tant bien que mal prévalu pendant les dix premières années du régime (d’autres diraient : les normes léninistes) ont commencé à être bafouées, Mao donnant l’exemple de l’indiscipline et des coups bas. Plus important : persuadé d’avoir raison contre la majorité des membres du B.P., Mao a prétendu imposer sa volonté à ses collègues réticents (conviction et comportement eux aussi léninistes, après tout)... jusqu’au jour où lesdits collègues ont fini par juger plus économique (et moins risqué) de feindre l’assentiment et de n’en faire qu’à leur tête.
Ces idées minoritaires chez les oligarques de la R.P.C., Mao ne les a pas soudainement développées en réponse aux difficultés et à la mise en cause de sa politique : il semble les avoir conçues dès 1956, avant les premières graves déconvenues (mais après les déboires posthumes de Staline), à partir d’une réflexion sur les limites — ou les tares — du modèle soviétique. On ne peut pour autant exclure l’hypothèse d’un lien psychologique entre les frustrations du dirigeant jusqu’alors peu habitué à l’échec (et encore moins à un désastre provoqué par ses propres bévues, comme le Grand Bond en avant) et son investissement croissant dans la quête d’une légitimité de rechange... ou plus simplement dans le rappel lancinant de sa légitimité ancienne, forgée un quart de siècle plus tôt dans les collines désolées du Jiangxi et du Shenxi. Une fois mises en lumière son incompétence en matière de développement économique et, de façon plus générale, son incapacité et son impatience face aux savoirs spécialisés requis et aux problèmes complexes posés par l’entreprise de modernisation, Mao a agi comme s’il redoutait que la stabilisation de la révolution n’accélère l’érosion de son charisme. Ses diatribes contre la bureaucratie, instrument naturel de la routinisation du régime, ont pu être dirigées, consciemment ou non, contre la rivale porteuse d’un ordre qui mettrait fin à l’ère du chef charismatique. Pour ce dernier, il était tentant de redistribuer les cartes, d’en revenir à la donne initiale, autrement dit de réveiller, l’heure venue des tâches mondaines qui le rebutaient et le déroutaient, la mauvaise conscience révolutionnaire des modernisateurs. Rappeler à ses compagnons la nécessité de demeurer fidèle aux idéaux égalitaires qu’ils avaient professés, prôner le sacrifice aux dépens de la compétence (le « rouge » prime sur l’« expert »), c’était peut-être aussi le moyen de remettre en selle le héros légendaire, de rendre indispensable derechef celui qui avait déjà dirigé l’ascétique et féconde « Longue Marche » de la révolution vers la victoire. Derrière la conception défensive d’une révolution permanente visant à empêcher la révolution de prendre du ventre en prenant de l’âge, à l’instar de la soviétique (le « communisme du goulash ») se profile la nostalgie de l’âge d’or yan’anais, transfiguré dans la mémoire complaisante du vétéran. Après y avoir lui-même succombé, Staline avait mis en garde ses camarades contre le « vertige du succès ». Il semble que les premières difficultés et mises en cause aient inspiré à Mao Tse-tung un vertige de l’échec, qui l’a jeté dans une fuite en avant-bond en arrière tendant à ressusciter une Yan’an Spartiate (et mythique) et à y trouver des recettes de développement (ou, à défaut, un modèle de vie primitive) pour la nation la plus peuplée de la planète.
Évoquer le précédent stalinien fournit l’occasion d’une mise en perspective de la critique de Mao que nous venons d’esquisser. Staline pouvait commettre les erreurs les plus colossales sans risquer de s’en voir attribuer la responsabilité, fût-ce à mots couverts, comme cela est arrivé à Mao au lendemain du Grand Bond : signe que ce dernier avait établi un régime fort différent de celui de Staline, dont les méthodes de gouvernement prévenaient avec autrement d’efficacité ne serait-ce que la perte partielle et temporaire de pouvoir éprouvée par Mao. Même dans la seconde période, durant laquelle la tentative de Mao en vue de recouvrer l’intégralité d’une autorité entamée a préludé à une relance révolutionnaire qui comporta mainte analogie avec la Grande Terreur stalinienne, l’échec de la Révolution culturelle souligne encore la différence persistante des méthodes. Car si Mao n’a pas réussi, comme Staline, à assurer durablement son despotisme personnel, c’est entre autres choses parce qu’il a répugné aux moyens expéditifs qui avaient permis à son prédécesseur de rendre définitive l’élimination des épurés. Les effets de cette différence se font encore sentir une fois les dictateurs momifiés dans le mausolée (ou relégués dans le mur du Kremlin), puisque la survie de l’adversaire épargné (Deng Xiaoping) dispense de confier l’indispensable démaoïsation à un ancien complice comme Khrouchtchev.
Plus important encore et plus banal : Mao Tse-tung a été le Lénine de cette révolution avant de s’essayer maladroitement à en devenir le Staline. Il a manqué le second rendez-vous de l’histoire (non pas certes une imaginaire injonction de (ou fatalité à) devenir l’émule de Staline, mais tout simplement le rôle que personne ne lui disputait de faire fructifier sa victoire en construisant une Chine moderne au lieu de regarder en arrière) ; il n’avait pas manqué le premier. Il est exceptionnel qu’un même individu soit l’homme de deux situations historiques : d’avoir su faire face à la première suffirait à la gloire de beaucoup.

ŒUVRE : Les « œuvres choisies » publiées à Pékin (Xuanji, 5 vols., 1960-1977) traduction française, Œuvres choisies de Mao Tse-tung, vols. 1 et 2, 1967 ; vol. 3, 1968 ; vol. 4, 1969, vol. 5, 1977) donnent une version souvent édulcorée ou remaniée des textes originaux. On trouvera ceux-ci dans l’édition exhaustive (pour la période antérieure à 1949) de Takeuchi Minoru, Mo Takuto shû (Œuvres de Mao Tse-tung), Tokyo, 10 vols., 1970-1972. S. Schram (Mao Tse-tung, Paris, 1963), donne la traduction des textes originaux et confronte les différentes versions, mais l’anthologie est partielle. L’établissement des textes suscite d’innombrables difficultés, dont le lecteur pourra se faire une idée à propos du fameux Rapport d’enquête sur le mouvement paysan dans le Hunan en se reportant à l’ouvrage de R. Hofheinz, The Broken Wave, Cambridge (U.S.A.), 1977, p. 310-312. En attendant les œuvres complètes, seul le cinquième volume des Xuanji couvre la période postérieure à 1949 (Pour une bibliographie générale des écrits postérieurs à 1949, voir Starr et Dyer (1976)). Plusieurs recueils parus au cours de la Révolution culturelle permettent de combler cette lacune. MacFarquhar (1974), p. 407-411, en donne une bibliographie commentée, récemment complétée par Mac Farquhar (1983), p. 442-444. Signalons les trois principaux : 1) Mao Zedong sixiang wansui ! (Vive la pensée de Mao Tse-tung !), sans lieu d’édition, 1967. 2) Même titre, 1969. 3) Le troisième recueil, portant le même titre, sans lieu ni date d’édition, est traduit intégralement in Current Background, n° 891. La plupart de ces documents sont maintenant accessibles en langues occidentales. Citons les principales de ces anthologies : J. Ch’en, Mao Papers : Anthology and Bibliography, Londres, 1970 ; K.H. Fan, Mao Tse-tung and Lin Piao’s Post-revolutionary Writings, New York, 1972 ; S. Schram, Mao Tse-tung Unrehearsed, Tajks and Letters, 1956-1971, Harmondsworth : Penguin Books, 1974. Mentionnons deux traductions françaises : Mao Tse-tung, édition intégrale 1949-1958. De la réforme agraire aux communes populaires, Paris : Éditions du Cerf, 1976, et : Mao Tse-tung, « Le grand livre rouge : Écrits, discours et entretiens 1949- 1971 », Paris, 1975, version française d’une anthologie plus succincte établie en allemand par Helmut Martin. Les poèmes sont traduits par G. Brossollet, éd. de l’Herne, 1969.

SOURCES : Cette liste, nécessairement sommaire, se borne aux ouvrages essentiels, ainsi qu’à quelques articles récents consacrés au maoïsme ou à l’exercice du pouvoir par Mao en Chine populaire. Tout d’abord, après BH et KC, deux biographies remarquables par leur clarté et leur probité : Ch’en (1965) ; Schram (1966). — Rice (1972) est plus ambitieux et moins sûr. — Terrill (1980) et Wilson (1979) sont plus anecdotiques et parfois complaisants. L’ouvrage collectif édité par Wilson (1977), qui se veut un bilan de l’œuvre de Mao, est très inégal. — Starr (1979) représente une analyse bienveillante, mais perspicace, du maoïsme. Pye (1976) et Solomon (1971) tentent d’interpréter l’œuvre du révolutionnaire â la lumière des structures politiques et des mentalités traditionnelles de la Chine. — Wakeman (1973) rattache le maoïsme aux philosophies politiques chinoises traditionnelles, tandis que Meisner explore la filiation populiste (in CQ, n° 45, janvier-mars 1971) et utopiste (in Lewis, 1974). — Wylie (1980) étudie le rôle de Chen Boda dans la formation du maoïsme comme idéologie d’un communisme « national » au pouvoir. — Le meilleur avocat de l’orthodoxie léninienne du maoïsme demeure Wittfogel in CQ n° 1, janvier-mars 1960, et n° 2, avril-juin 1960. A l’opposé, Schwartz (1951 et réplique à Wittfogel in CQ n° 2, avril-juin 1960) conclut à l’hérésie mais « en acte », par la ruralisation et la militarisation de la stratégie révolutionnaire plutôt que par la naissance d’une idéologie « paysanne ». Le débat a progressé en précisant la position de Mao non seulement dans la tradition marxiste, mais à l’intérieur du communisme chinois et vis-à-vis de l’internationale. Voir à ce sujet Hsiao Tso-liang (1961) ; Hu Chi-hsi (1982) ; Rue (1966) ; Schram in CQ , n° 18, avril-juin 1964, et Thornton (1969). — Sur la jeunesse de Mao, voir l’autobiographie in Snow (1938), le témoignage de Siao Yü (1959), les études de Li Rui (1957) et de Scalapino in Journal of Asian Studies, XL11, 1, novembre 1982. — Sur le soutien apporté par le jeune Mao au mouvement ouvrier de sa province natale, voir Shaffer (1982). — On doit quelques aperçus pénétrants sur la personnalité de Mao à des adversaires que l’hostilité a rendus perspicaces, à défaut d’être toujours équitables (Chang Kuo-t’ao, T II, 1972 ; Lin Biao in Kau 1975), des observateurs nullement malintentionnés (Agnes Smedley 1944, p. 121-2) et des historiens (Alitto, 1979, p. 2-3). — Le rôle de Mao dans la Révolution culturelle, son style politique, les limites de son égalitarisme, ses idées et son influence posthume ont été analysés par Bianco (1982) ; Chang (1975, 2e édition 1978 ; Problems of communism, XVIII-2, mars-avril 1969, et XXV-4, juillet-août 1976) ; Dittmer (1974 ; CQ n° 72, décembre 1977 ; Asian Survey, XX-5, mai 1980) ; Goldman (1981) ; Gupta (Problems of communism, XXXI-1, janvier-février 1982) ; Kraus (Asian Survey, XVI-II, novembre 1976) ; Lôwenthal (1976) ; Oksenberg (Problems of communism, XXV-6, nov.-déc. 1976, et XXXI-5, sept.-oct. 1982) ; Schram (1963 ; CQ n° 46, avril-juin 1971 ; Asian Survey, XII-4, avril 1972, et études citées ; Schwartz (1968 ; in Johnson 1973) ; Teiwes (1979 ; Current Scene, XII-1 et 2, janvier et février 1974). En français, se reporter aux articles de Guillermaz (« L’homme de guerre ») et Bianco (« La révolution fourvoyée ») dans Le Monde du 10 sept. 1976, ainsi qu’à Bianco (1976 et 1979). — L’appréciation officielle (... et actuelle) des successeurs de Mao sur l’œuvre de ce dernier est contenue dans la Résolution du sixième plenum du XI’ C.C. du P.C.C. de juin 1981 (publiée en français dans Beijing Information n° 27, 6 juillet 1981, et commentée par Goodman, CQ n° 87, sept. 1981). — Huang Yüchuan (1970) donne un utile recueil de matériaux biographiques. — Il convient d’ajouter à ces ouvrages et études les anthologies commentées de Ch’en et Schram citées ci-dessus. — Voir également les biographies de Deng Xiaoping, Hua Guofeng, Liu Shaoqi, Peng Dehuai, Peng Pai, Peng Shuzhi, Wang Ming, Zhang Guotao, Luo Ming et Otto Braun.

Lucien Bianco

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