VÉRAN Louis-Jean

Par Alain Dalançon

Né le 9 octobre 1929 à Lantosque (Alpes-Maritimes), mort le 17 septembre 2011 à Toulon (Var) ; professeur d’Allemand ; militant syndicaliste du SNES, de la FEN puis de la FSU ; militant du Parti socialiste.

Louis-Jean Véran
Louis-Jean Véran
En discussion avec Jean Reynaud (à gauche) lors d’une réunion des retraités en 1992

Louis-Jean Véran grandit et poursuivit sa scolarité à Nice (Alpes-Maritimes) dans un milieu modeste : son père était employé au Crédit lyonnais, la famille vivait dans un petit appartement sans confort ni commodités. Il passait ses vacances dans la famille maternelle dans la Vésubie, à Pélasque, hameau de Lantosque ; son grand-père y tenait un hôtel-restaurant où sa mère travaillait durant l’été. Il en conçut un véritable ressentiment envers les commerçants car il estimait sa mère exploitée puis déshéritée par les siens.

Sa tante maternelle, Marguerite Auda, institutrice, l’initia très tôt au socialisme, notamment en lui parlant de la figure tutélaire de Jaurès, lui offrit livres, bureau et soutien indéfectible pour « étudier ».

Après son baccalauréat, Louis-Jean Véran fut élève en classe préparatoire littéraire au lycée Masséna de Nice puis poursuivit des études d’Allemand à la Faculté des Lettres de Montpellier. Licencié, il prépara un diplôme d’études supérieures dont le mémoire principal était consacré à Goethe. Il fut toujours fasciné par le romantisme allemand et était un admirateur absolu de Wagner.

Lecteur en Allemagne durant au moins un an, vivant chez l’habitant, il effectua seul, durant les vacances, un tour de Scandinavie avec sa petite voiture. Il était également intéressé par la culture populaire du Maghreb, intérêt poursuivi durant son service militaire en Tunisie, effectué pendant la guerre d’Algérie, période très marquante pour lui : il resta ensuite toujours membre de la Fédération nationale des anciens combattants d’Algérie.

Athée convaincu, anticlérical parfois virulent, il épousa en 1965 à Lyon, Anne-Marie, Antoinette Gaydon, une professeure originaire de cette ville, d’éducation catholique, avec laquelle il eut deux enfants.

Louis-Jean Véran obtint le certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement de second degré en allemand. Nommé professeur certifié à Limoges, il en garda un très mauvais souvenir. Il fut ensuite muté au collège Font de Fillol à Six-Fours-les-plages (Var), puis opta pour être nommé au collège Reynier dans cette même localité, lors de sa création en 1975, où il termina sa carrière.

Militant du Syndicat national de l’enseignement secondaire, puis du nouveau SNES, secrétaire de sa section d’établissement (S1), membre de la commission administrative de la section académique (S3) et de son bureau, il succéda comme secrétaire de la section départementale (S2) du Var à Jean De Carlo dans la décennie 1970, et participa à tous les congrès académiques et nationaux. Il intervenait souvent dans les réunions, signait des tribunes libres dans les publications syndicales, et envoyait de nombreux courriers aux dirigeants nationaux, dont Etienne Camy-Peyret.

Tout comme Michel Demont dans les Alpes-Maritimes, après avoir été un militant du courant « autonome », il s’en éloigna et adhéra contre la volonté des majoritaires « Unité, Indépendance et Démocratie » de la Fédération de l’Éducation nationale du Var, à la tendance « Unité et Action ». Il résista aussi aux pressions de ses camarades socialistes mais entretenait de bonnes relations avec Édouard Soldani, le leader socialiste du département. Comme Michel Demont, il était en effet aussi militant du Parti socialiste après 1971. Partisan du programme commun de la gauche, il voulut toujours contribuer à la construction de l’unité de la gauche. Il aurait aimé dans les années 1980 se lancer en politique au niveau départemental, et était proche de la députée socialiste, Odette Casanova.

Louis-Jean Véran resta toujours fidèle au SNES et à « Unité et Action » et contribua aux côtés de tous les militants U-A de l’académie de Nice à développer un syndicalisme de lutte. En 1989, quelque temps avant son départ à la retraite, la revalorisation fut l’une de ses grandes satisfactions syndicales.

Amoureux des mots, de l’étymologie, des langues – il apprenait le russe dans les années 1960-1970 avec une correspondante soviétique professeur de français –, il fut plutôt un déçu de l’enseignement. Mélomane averti, il était déchiré lorsqu’il avait à choisir entre une réunion syndicale et un concert ou un opéra, et participait aux activités du café culturel et d’Opéravenir.

Après sa retraite, il continua à militer au SNES, en étant responsable de la section départementale du Var, à la Fédération générale des retraités de la Fonction publique et à la section des retraités de la FSU.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article184262, notice VÉRAN Louis-Jean par Alain Dalançon, version mise en ligne le 27 août 2016, dernière modification le 9 mars 2017.

Par Alain Dalançon

Louis-Jean Véran
Louis-Jean Véran
En discussion avec Jean Reynaud (à gauche) lors d’une réunion des retraités en 1992

SOURCES : Arch. IRHSES. — Renseignements fournis pas sa fille Catherine, la section départementale de la FSU du Var, Arlette Bartoletti et Louis Germoni.

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