CALLAT Henri

Par Jacques Girault

Né le 24 juin 1928 à Donazac (Aude) ; professeur ; responsable syndical et communiste dans l’Aude.

Professeur de philosophie au lycée Paul-Sabatier de Carcassonne (Aude) pendant trente ans, Henri Callat luttait contre la menace de guerre et pour la paix. Lors du congrès mondial de la paix à Stockholm où il était le délégué de l’Aude, il composa un poème, « Les Hommes et les fleurs », qui fut publié en première page des Lettres françaises, le 7 août 1958.
Callat adhéra au Parti communiste français en 1959. Secrétaire de la section (S1) du Syndicat national de l’enseignement secondaire de son établissement, il était secrétaire départemental du Mouvement de la paix dans les années 1960. Il devint conseiller municipal de Carcassonne en 1965. Son épouse était intendante du collège de Grazailles à Carcassonne.
Membre du comité de la section communiste de Carcassonne, Callat fut élu membre de comité de la fédération communiste en 1962. Il intervenait dans les conférences fédérales au début des années 1960 sur la lutte pour la paix. En octobre 1964, il se plaignit des informations fournies par le parti sur les divergences avec les communistes chinois et affirma, selon le rapport de Jean Rieu, qu’il fallait éviter la scission et sauvegarder l’unité internationale des communistes. Un grand nombre de délégués ayant applaudi, Rieu dut exposer la ligne défendue par la direction du parti. En juillet 1965, selon le rapport de Rieu, estimant que « le rôle historique de la SFIO est terminé », il se demandait pourquoi le PCF continuait à préconiser la recherche prioritaire de l’unité avec les socialistes SFIO au lieu de se tourner vers des alliances avec les autres forces ou hommes se réclamant de la gauche et du socialisme, et notamment le Parti socialiste unifié. Appuyé par d’autres délégués de la cellule Paul Éluard du lycée, il posait la question de l’attitude à tenir à l’égard du maire socialiste élu sur une liste de gauche avec des communistes. Rieu estimait que ces militants subissaient « l’influence de leur milieu » et demandait au secrétaire fédéral de mieux suivre cette cellule et de veiller « aux respects des principes sur la promotion des cadres ». Lors de la conférence fédérale de décembre 1966, il estima qu’un récent colloque organisé par le PSU auquel il avait participé était « très positif ». Il exprima aussi, selon un nouveau rapport de Rieu qu’il fallait « éviter les condamnations radicales » des communistes chinois qui, « quelles que soient leurs erreurs, si erreurs il y a », avaient « le mérite de dénoncer l’impérialisme américain ». Rieu répondit sur le fond et se demanda pourquoi Callat n’avait pas présenté ces analyses lors d’une réunion du comité fédéral. Aussi proposa-t-il de le retirer du comité fédéral. Mais la commission des candidatures ne suivit pas le représentant de la direction du Parti. Lors du vote, sur les 112 délégués, 20 seulement rayèrent son nom en dépit de l’intervention du secrétaire fédéral favorable à sa mise à l’écart.
Dès l’automne 1968, Callat reprocha au bureau politique d’avoir désavoué Roger Garaudy. Courant 1969, il écrivit un texte de quatre-vingts pages pour démontrer qu’en intervenant en Tchécoslovaquie les Soviétiques avaient commis « un crime contre le socialisme ». Il l’envoya à Waldeck Rochet. Lors de la conférence fédérale de janvier 1970, il renouvela ses analyses, désapprouva la mise à l’écart de Garaudy et fut écarté du comité fédéral pour « désaccord politique complet avec le Parti ». Peu après, il démissionnait du conseil municipal de Carcassonne et du Parti communiste.
Retraité, Callat avait fondé l’Association pour le développement de la recherche et des échanges culturels qui organisa, notamment, en 1996, un colloque « Penser l’avenir » en collaboration avec l’Université du Mirail à Toulouse, et, en 2005, à Carcassonne, un colloque « Le temps, temps physique, temps humain) » en collaboration avec l’Université Paul-Sabatier de Toulouse.
Membre d’ATTAC, des Amis du Monde diplomatique, du Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et pour la paix, du Service incroyance et foi, de la Ligue des droits de l’Homme, Callat militait activement contre la guerre, d’où le titre d’un long article qui lui était consacré dans L’Indépendant, le 30 mars 2003, « un intellectuel au service de la paix ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article18414, notice CALLAT Henri par Jacques Girault, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 20 novembre 2015.

Par Jacques Girault

SOURCE : Arch. comité national du PCF.

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