PERRETIN Raymond, Émile

Par Daniel Grason

Né le 20 février 1912 à Paris (XIe arr.), mort le 18 août 1944 à Paris ; employé à la STCRP, gardien de la paix ; membre d’Honneur de la Police ; F.F.I.

Fils de Émile Perretin, employé de chemin de fer, et de Antoinette Molette, ménagère, Raymond Perretin s’était marié le 7 août 1937 à Riorges (Loire) avec Alice Mélanie Pierre et était père d’un enfant. La famille Perretin vivait 10 rue Sedaine à Paris (XIe arr.). Employé à la Société des transports en commun de la région parisienne, il sollicita un emploi à la préfecture de police. Il débuta le 16 octobre 1942, fut affecté au commissariat du XIIe arrondissement, il adhéra en mai 1943 à Honneur de la Police d’obédience gaulliste.
Le responsable des F.F.I. du XIe arrondissement nommé Banlier, sollicita le 17 août 1944 André Collibeaux, Louis Claeysen et Raymond Perretin pour prendre le poste Radio-Paris 116 avenue des Champs-Elysées qui était aux mains des Allemands. Il regagnait à bord d’un car de police secours avec ses deux collègues, le poste de police du XIe arrondissement pour y chercher des armes. Vers 23 heures 45, ils furent interpellés par des soldats allemands aux abords de la porte Saint-Martin, conduits à la caserne Prince Eugène place de la République. Là se perdit la trace des trois policiers.
Le vendredi 18 août, vers 17 heures, une jeune femme nommée Pont se présenta chez Denise Claeysen, épouse de Louis au 90 avenue Émile-Zola (XVe arr.). Elle lui fit part qu’arrêtée et gardée à vue pour circulation après le couvre-feu elle avait été détenue la veille avec son mari.

Denise Claeysen se rendit à la caserne Prince Eugène, elle fut reçue par un officier allemand. Celui-ci lui affirma que son mari était un terroriste, car lors de son arrestation il n’avait pu prouver sa qualité de gardien de la paix, étant dépourvu de sa carte de réquisition.
Le samedi 19 août en compagnie de plusieurs collègues Banlier alla à la caserne, il fut reçu par le lieutenant Heigenmosert, commandant de la caserne. Banlier en garda un souvenir amer : « Je fus très mal reçu, chassé de son bureau sans avoir obtenu de renseignements et depuis je suis sans nouvelles de ces policiers.
Un commissaire de l’État-Major de la police municipale mena l’enquête. Dans son rapport du 14 septembre 1944, il écrivait que le 28 août 1944 : « 8 hommes qui avaient été fusillés dans la caserne » avaient été déterrés ». Les corps avaient été envoyés à l’Institut Médico-Légal (IML), puis inhumés au cimetière parisien de Thiais (Seine, Val-de-Marne). Au cours de cette période, l’IML avait reçu plus d’une soixantaine de corps non identifiés, sur les huit corps exhumés dans la cour de la caserne Prince Eugène, quatre avait été reconnus.
Un témoin indirect Bernard Lardière, pompier se son état, assura que les huit fusillés étaient des F.F.I., son cousin Jean Creignou était l’un d’eux. Cinq officiers allemands furent arrêtés, emmenés à la caserne Lourcine, les autorités américaines en emmenèrent quatre. Il ne restait que le Major Edler qui séjourna du 17 au 27 août à la caserne Prince Eugène qui était susceptible d’indiquer qui avait donné l’ordre des exécutions.
Aux termes de l’enquête, il apparaissait que seul le lieutenant Walter Quade commandant de la Place était susceptible d’avoir donné l’ordre des exécutions. Les corps des trois policiers n’avaient pas été inhumés à Thiais, Louis Claeysen, André Collibeaux et André Perretin avaient été exécutés dans un lieu qui demeura inconnu.
Raymond Perretin a été homologué F.F.I. Son nom figure sur la plaque commémorative du commissariat du XIIe arrondissement 76 avenue Daumesnil : « À la mémoire des gardiens de la paix du 12e arr. morts pour la Libération de Paris ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article184024, notice PERRETIN Raymond, Émile par Daniel Grason, version mise en ligne le 3 janvier 2017, dernière modification le 17 octobre 2018.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. BA 1801, JA 246. — SHD, Caen AC 21 P 128678. — Bureau Résistance GR 16 P 468396. — Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection des policiers de Paris, Éd. Vendémiaire, 2014. — Site internet GenWeb. — État civil.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément