KRIKORIAN Krikor (Grégoire)

Par Astrig Atamian

Né à Kharpert le 25 décembre 1902, Arménien originaire de l’Empire ottoman, orphelin, sous-officier dans l’armée de la République d’Arménie, en France en 1923, ouvrier, au Parti communiste français en 1932, syndiqué à la CGTU Métaux.

Né dans une famille de notables, fils d’un avocat, Krikor Krikorian fut envoyé au lycée français Saint-Joseph de Constantinople (Istanbul) en 1912. Il devint orphelin en 1915 et poursuivit ses études dans un orphelinat catholique. Krikor Krikorian passa ensuite en Transcaucasie. Il vécut dans la République d’Arménie indépendante (mai 1918-décembre 1920) et fut sous-officier dans l’armée des volontaires arméniens levée par le Général Sébouh, membre dirigeant de la Fédération Révolutionnaire Arménienne (IIe Internationale) qui s’illustra autant dans ses combats contre les Turcs que contre les bolchéviques.
Krikor Krikorian revint ensuite à Constantinople où il fut vendeur de fez puis interprète dans l’armée interalliée.
Il arriva en France en 1923, travailla en province puis à Paris. En raison de sa participation à différentes grèves et manifestations (1er mai, soutien à Sacco et Vanzetti), il fut souvent licencié, comme à Grenoble en 1926 et à Clichy-la-Garenne en 1928 où il était manœuvre spécialisé à la Société Mécanique de Clichy.
À la suite d’une altercation avec son supérieur alors qu’il travaillait chez Renault, Krikor Krikorian passa dix-huit jours en prison puis fut relâché grâce aux témoignages de ses camarades d’atelier (atelier 224) et aux services d’un avocat.
Il signala également avoir reçu un coup de matraque devant l’église russe de la rue Daru (Paris, 8e arrondissement) où il était venu « porter la contradiction avec les copains de la ligue anti-impérialiste ».
Krikor Krikorian fut membre du HOK (Comité d’aide à l’Arménie, fondé à Erevan en 1921) et de la société compatriotique des Arméniens de Kharpert. Il avait également adhéré à la CGTU Métaux et fréquentait le groupe de langue arménienne du parti communiste français à Billancourt. Au HOK, il occupa brièvement le poste de trésorier de la sous-section de Montmartre. Il fut engagé au restaurant coopératif La Famille Nouvelle comme caviste puis sous-gérant. Parallèlement, il fut secrétaire d’une cellule à Saint Denis.
En quittant La Famille Nouvelle, Krikor Krikorian reprit ses activités syndicales au sein de la CGTU Métaux et son travail au sein du groupe de langue arménienne à Billancourt. Il fut élu au secrétariat de la sous-section arménienne. Il fit adhérer vingt nouveaux membres à la CGTU, dont huit Arméniens. Il fut également membre du SRI dans le 18e arrondissement de Paris.
Il avait intégré le Parti communiste français en 1932 sur les recommandations de Zarmaïr Kutnérian (Alikian) et de Legrand qui avait été placé à la tête de la sous-section arménienne en 1930 afin d’y remettre de l’ordre. Pendant six mois, Krikor Krikorian fut secrétaire de la cellule 841 du 8e rayon et membre du comité de rayon. Il fut également secrétaire de la fraction des chômeurs du 18e arrondissement de Paris où il milita avec Mercier.
Krikor Krikorian suivit les cours de l’école préparatoire de la cellule et du rayon. Il fut un lecteur assidu et écrivit plusieurs articles, dont un pour L’Humanité. Il parlait l’arménien, le français, le turc, l’allemand et le russe.
En raison de son engagement politique, il lui fut difficile de retrouver du travail et resta au chômage à partir de mai 1933.
Il était marié avec une Française, ouvrière et sympathisante et vivait au 5 rue Tholozé dans le 18e arrondissement.
Alors que la Commission des cadres s’était estimée satisfaite de Krikor Krikorian lors de la première évaluation de son dossier, elle émit des réserves en réexaminant son parcours le 7 janvier 1934. Krikor Krikorian fut ainsi suspecté d’avoir travaillé pour les services de renseignement anglais en raison de son rôle d’interprète au service de l’armée interalliée à Istanbul en 1921. Le fait qu’il ait quitté l’Arménie transcaucasienne au moment où celle-ci passait sous le contrôle des bolchéviques interrogeait également le parti.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article183754, notice KRIKORIAN Krikor (Grégoire) par Astrig Atamian, version mise en ligne le 19 août 2016, dernière modification le 21 août 2017.

Par Astrig Atamian

SOURCES : RGASPI, Moscou, 495 270 1116.

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