CAILLÈRE Claude, François, Joseph

Par Éric Belouet

Né le 1er octobre 1937 à Sainte-Honorine-la-Guillaume (Orne), mort le 19 octobre 2014 ; ajusteur, monteur-câbleur ; militant jociste, permanent de la JOC (1963-1965) ; permanent de l’ACO (1972-1978) ; chargé de mission du CCFD (1985-1995) ; secrétaire général adjoint d’Emmaüs France (1997-2000).

Claude Caillère, au milieu, , à droite c’est Claude Fort et à gauche Jean-Pierre Guével. Cette photo est d’avril 1962.
Cliché fournis par Jean-Pierre Guével

Fils de commerçants, Claude Caillère était le quatrième de neuf enfants (deux frères et six sœurs). Son père fut maire de la commune de Sainte-Honorine-la-Guillaume pendant trente-deux ans et le soutien qu’il apporta aux réfractaires du STO lui valut d’être prisonnier en Allemagne tout au long de l’année 1943. Claude Caillère obtint le certificat d’études primaires, puis fit chez les Salésiens, à Giel (Orne), un apprentissage d’ajusteur au terme duquel il obtint le CAP. Au cours de cette période, en janvier 1952, il adhéra à la JOC. Après ses études, il effectua un stage de réparation de moteurs chez Motobécane à Pantin (Seine, Seine-Saint-Denis) en octobre 1954. Revenu en Normandie mais n’y trouvant pas de travail, il s’installa dans la région parisienne où il travailla pendant dix mois chez Desmarais frères à Ivry (Seine, Val-de-Marne), à l’atelier de mécanique d’entretien des moteurs de péniches. Estimant que sa qualification n’était pas respectée, il entra comme ajusteur outilleur P2 à l’usine Hobart (matériel de cuisine pour la grande restauration).

En 1956, Ouest Aviation - qui allait devenir Sud Aviation - recrutant des ajusteurs, il s’y fit embaucher et adhéra à la CFTC. Il effectua son service militaire de novembre 1957 à mars 1960, dans l’armée de l’Air. Après deux mois et demi de classe à la base aérienne d’Orléans-Bricy, il partit en janvier 1958 pour vingt-six mois à la base aérienne 140, à Blida, au groupe de transport « Algérie ». De retour à Sud Aviation, il reprit ses activités syndicales et fut élu délégué du personnel.

Depuis son arrivée dans la région parisienne, Claude Caillère, domicilié à Ivry, avait poursuivi son militantisme à la JOC au sein de l’équipe Sainte-Croix d’Ivry-Port. Sollicité pour devenir responsable fédéral puis permanent national détaché pour la région parisienne, il succéda à Serge Glâtre* et assuma cette fonction de juillet 1963 à juillet 1965.

Claude Caillère se maria le 1er juillet 1965 avec Yolande Iannetta* - elle-même ancienne permanente de la JOCF pour la région parisienne - et trois enfants naquirent de cette union (deux filles et un garçon). Le couple adhéra alors à l’ACO.

Après son départ de la JOC, Claude Caillère suivit une formation de monteur-câbleur en construction électrique, puis travailla successivement dans trois petites entreprises de construction électrique à Montreuil (Seine-Saint-Denis) : la SOFALEC, la SAGES et la COFELEC (redresseurs de courant électrique et de transformateurs). En octobre 1967, il intégra le centre de formation de la Thomson pour y suivre cette fois une formation de monteur-câbleur en construction électronique, puis travailla dans cette entreprise de mars 1968 à 1972, successivement rue des Orteaux à Paris (XXe arr.) et à Meudon (Hauts-de-Seine).

Sollicité par l’ACO pour devenir permanent, il accepta et, de 1972 à juin 1978, eut en charge la région parisienne et la région PACA, ainsi que la commission Afrique du Nord. Cette dernière était composée de membres de l’ACO originaires des pays du Maghreb et des expatriés partis en coopération après la décolonisation. Claude Caillère participa ainsi à la rencontre régionale qui se déroula au Caire (Égypte) en juillet 1973.

Revenu à la Thomson en 1978, à l’usine G3 de Gennevilliers, il put y reprendre une activité syndicale dans les rangs de la CFDT et fut notamment secrétaire du comité d’entreprise. En 1985, au moment où intervenait une fusion réorganisation à la Thomson, Claude Caillère quitta cette entreprise et répondit à une sollicitation du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD). Il y devint chargé de mission - avec la responsabilité de l’Europe, des pays arabes et de l’immigration en France - et assuma cette fonction jusqu’en mars 1995. Au sortir du CCFD, il eut un contrat à durée déterminée au GRET, association de solidarité et de coopération internationale, où il effectua, de janvier à juin 1995 en qualité de chargé de mission, une étude de terrain dans les pays du pourtour méditerranéen sur la qualité de l’eau en Méditerranée pour le compte du programme « Solidarité Eau » et du ministère de l’Environnement.

Après une période de chômage d’une durée de dix-huit mois, il devint, en 1997, secrétaire général adjoint d’Emmaüs France à l’animation des régions jusqu’à son départ à la retraite en 2000.

Sur le plan politique, Claude Caillère avait milité au PSU à partir de 1965. Lassé des luttes de tendances au sein de ce parti, il le quitta au lendemain du VIIe congrès national (Dijon, mars 1969) et n’eut plus d’engagement politique par la suite.

En 2006, Claude Caillère et son épouse vivaient à Montreuil, toujours membres de l’ACO et acteurs de la vie associative.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article18374, notice CAILLÈRE Claude, François, Joseph par Éric Belouet, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 13 avril 2019.

Par Éric Belouet

Claude Caillère, au milieu, , à droite c’est Claude Fort et à gauche Jean-Pierre Guével. Cette photo est d’avril 1962.
Cliché fournis par Jean-Pierre Guével

SOURCES : Arch. JOC (SG), fichier des anciens permanents. — Témoignage de l’intéressé, 26 octobre 2006.

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