CAILLENS Robert, Camille

Par Olivier Dedieu

Né le 3 mai 1890 à Bessède-de-Sault (Aude), mort le 6 janvier 1969 à Montpellier (Hérault) ; représentant de commerce ; résistant ; militant socialiste de l’Hérault ; franc-maçon.

Originaire de la haute vallée de l’Aude, Robert Caillens partit à l’âge de deux ans en Algérie où sa famille s’était installée. Son père, garde forestier puis fermier des marchés, fut assassiné en 1905. Orphelin, Robert Caillens rentra à seize ans dans l’administration des postes comme facteur en Algérie. Après son service militaire, il combattit durant la Première Guerre mondiale dans l’armée d’Orient, notamment en Macédoine et en Turquie. À la fin du conflit, il décida de s’engager dans l’armée dans les services de santé. Après être passé par l’école de santé militaire de Lyon, en 1934, il fut affecté à Lunel où il finit sa carrière avec le grade d’adjudant-chef.
Devenu représentant de commerce en huiles minérales, il prit une part active à la vie politique et associative montpelliéraine. Issu d’une famille républicaine, il semble avoir adhéré à la SFIO et au Grand Orient de France durant sa carrière militaire. Rapidement, il fut un militant de premier plan de la section. En 1936, il représenta le parti lors de l’élection du conseiller d’arrondissement du canton des Matelles, élection où il fut battu au 1er tour. Un an plus tard, il fut secrétaire général du comité antifasciste de rassemblement populaire de l’Hérault.
Au-delà de ses activités politiques, il fut un militant associatif de premier plan dans les milieux laïques. Trésorier adjoint du comité départemental du Secours populaire, militant de la libre-pensée, il fut trésorier de la Ligue des droits de l’Homme. Il fut aussi un franc-maçon actif au sein de la loge Égalité-Travail du Grand orient de France. En tant qu’ancien poilu, il s’investit aussi dans les associations d’anciens combattants, des « poilus d’orient », fédération des combattants républicains, fédération des officiers de réserve républicains depuis qu’il était devenu lieutenant de réserve. Chasseur, il fut aussi président du club Saint-Hubert de la ville.
Avec l’avènement du régime de Vichy, il entra très tôt en résistance, au sein du mouvement Liberté, puis Combat avec Louis Cauvet. Dès 1940, il distribua ses premiers tracts. Membre de l’armée secrète sous le pseudonyme de « Collo » il fut arrêté fin 1942. Interné le 9 décembre 1942 à Saint-Paul d’Eyjeaux, en Haute-Vienne, il n’en fut libéré que le 19 septembre 1943. Il fut alors astreint à résidence dans son village natal de l’Aude. Cet éloignement n’atténua pas son engagement puisqu’il rejoignit l’ORA et se battit dans l’Aude. À la Libération, il reprit du service actif au sein des services de santé jusqu’en 1946. Il fut successivement capitaine gestionnaire capitaine de l’hôpital militaire d’Amélie-les-Bains puis de celui de Carcassonne.
Revenu à la vie civile, Robert Caillens fut, à la Libération, membre du bureau de la section de Montpellier. Il occupa régulièrement la fonction de trésorier jusqu’aux années 1950. Sous la IVe République, il fut candidat malheureux à de nombreuses élections locales : cantonales de Montpellier 1 en 1951, cantonales de Montpellier 3 en 1958, élections municipales de Montpellier de 1947 à 1959. Proche de la gauche du parti comme une grande partie de la section montpelliéraine, il fut notamment opposé à la politique de Guy Mollet* en Algérie.
Ayant repris son activité de représentant en vins, Robert Caillens poursuivit son militantisme associatif. Il fut ainsi secrétaire, puis responsable de la propagande de la section locale de la Ligue des droits de l’Homme, trésorier de l’Union rationaliste, de la libre-pensée et militant du mouvement crématiste. Au sein de son obédience maçonnique, il fut officier de sa loge et, à son décès,était 32e.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article18372, notice CAILLENS Robert, Camille par Olivier Dedieu, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 19 septembre 2012.

Par Olivier Dedieu

SOURCES : Arch. Dép. Hérault : 9 M 400, 541 W 32, 406 W 122, 406 W 215, 356 W 137, 356 W 66, 111W18. — Arch. OURS, dossier Hérault. — Arch. de la section montpelliéraine de la Ligue des droits de l’Homme. — Combat socialiste (1945-1968). — L’École syndicaliste (1937). — Cahiers rationalistes (1945-1965). — Entretien André Gardes.

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